Lundi 2 novembre 2009

 

Où l’on rentre de Nantes avec le cerveau légèrement ramolli par le manque de sommeil et la consommation de bière/champagne/Lagavulin/rayer mention inutile. Ces Utopiales où j’allais en touriste, essentiellement pour voir les collègues et les amis, m’ont laissé un souvenir nettement meilleur que les éditions précédentes. Impression partagée par d’autres personnes, apparemment. J’y ai retrouvé une ambiance plus conviviale et chaleureuse qui m’avait un peu manqué les années d’avant. Notamment lors d’une soirée du samedi qui s’est terminée dans un bar où les groupes se sont brassés un peu plus qu’à l’ordinaire et où tout le monde avait l’air tout simplement heureux d’être là.

 

 

 

(Un grand merci à Jérôme Lavadou pour la photo.)

 

Quelques souvenirs en vrac : les signatures à la chaîne d’exemplaires de l’anthologie 69 sur le stand d’ActuSF, notamment pour les précommandes – à la chaîne et enchaînée à Francis Berthelot qui publie lui aussi un texte dans l’antho (il y a des compagnies nettement plus désagréables en dédicace). Une improbable rencontre du troisième type avec un Bernard Lavilliers aperçu dans le hall d’un hôtel en fin de soirée. Un trajet aller en train où j’avais emporté comme lecture de voyage Le Haut-Lieu de Serge Lehman pour m’apercevoir ensuite que ledit Serge Lehman était installé juste derrière moi. L’extinction de voix que je traînais depuis une semaine et qui me faisait parler comme Marianne Faithfull – pas très pratique pour les interviews et les soirées dans des bars un peu bruyants. Notez que c’est tout de même insolite d’avoir plus de voix en rentrant de ce genre de festivités qu’en y arrivant. Le plaisir de voir le Grand Prix de l’Imaginaire remis à Stéphane Beauverger pour son Déchronologue dont tout le monde me disait le plus grand bien et qui est effectivement un sacré bouquin : un roman de pirates où le temps s’emballe et se détraque, où les chapitres se succèdent dans un ordre « déchronologique » sans jamais perdre le lecteur.

 

Et puis, comme récemment à Londres, le plaisir de me remettre à la photo, cette fois pour des portraits plutôt que des lieux. Si les trois quarts sont en sépia, ce n’est pas que je me daylonise (je suis de toute façon très loin d’arriver à la cheville de Daylon pour ce qui est des portraits), plutôt une astuce pour contourner le problème posé par le manque de lumière et les limites de mon G9. D’où des ambiances parfois un peu brumeuses (qu’on peut toujours appeler « flou artistique » pour se donner un genre), mais il y a quelques photos dont j’aime beaucoup le rendu. Cela dit, l'idée de passer au réflex me travaille de plus en plus.


 
Thibaud Eliroff



Francis Berthelot


Les inséparables de nooSFere : Bruno Para et un bout de René-Marc Dolhen


Joëlle Wintrebert et Hélène Ramdani


Hélène Ramdani, toujours elle, montre les dents


Célia Chazel


David Calvo en train de parler de jeux vidéo (le peu que j'en ai entendu avait l'air passionnant).



And now for something completely different… Une chanson qui me tourne dans la tête depuis vendredi soir. Spéciale dédicace à RMD et à Bruno Para.

 

 

 

 

 

Par Mélanie Fazi - Publié dans : Salons et dédicaces
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Jeudi 29 octobre 2009
Je devais au départ rédiger une note de blog plus longue, où je vous aurais entre autres causé de la reprise du boulot et de mes lectures récentes (notamment Le Haut-Lieu et autres espaces inhabitables de Serge Lehman que je trouve assez ébouriffant) mais le temps m'a manqué. Entre deux préparatifs pour les Utopiales de Nantes où je serai à partir de jeudi après-midi, je vous recopie donc telle quelle la présentation de l'antho 69 d'ActuSF/Les Trois Souhaits où je publie une nouvelle, "Miroir de porcelaine" (titre suggéré par l'anthologiste Charlotte Volper alors que je galérais pour en trouver un) et qui devrait être disponible en avant-première aux Utopiales :





L'anthologie 69 (sous-titrée SFQ) sort officiellement le 2 novembre. Mais nous proposons à ceux qui la pré-commande une dédicace d'une bonne partie des auteurs présents au sommaire.

L'antho est en prévente à cette adresse : http://www.editions-actusf.com/?article142
La préface est en ligne ici : http://www.actusf.com/spip/IMG/pdf/PrefaceAntho69.pdf

Daylon, l'un des co-auteurs a mis à disposition sa nouvelle gratuitement sur le Net, sur son blog collectif le Moonmotel : http://www.moonmotel.fr/antho69/

La 4e de couv' : 

Des êtres synthétiques soumis à nos désirs, de l'orgasme en capsule, la radiographie du plaisir. Nos futurs nous réservent des fantasmes inédits et mystérieux...

Douze auteurs soulèvent le lourd rideau des tabous pour emprunter la voie des sens et mieux affoler les nôtres.


Sur ce, à très bientôt au bar des Utopiales pour ceux qui y seront !
Par Mélanie Fazi - Publié dans : Livres
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Lundi 19 octobre 2009
Et pour quelques images de plus : le marché de Camden, toujours, Covent Garden, le bestiaire de Hyde Park, un dîner dans un pub et un nouvel autoportrait en chambre d'hôtel (le premier depuis longtemps).

Photos triées et traitées en écoutant l'album We hear voices de Fitzcarraldo Sessions, nouveau (et excellent) projet d'anciens membres de Jack the Ripper qui se sont entourés de pas mal d'invités de marque : Moriarty, Dominique A, Syd Matters, Phoebe Killdeer, Stuart Staples des Tindersticks ou encore Joey Burns de Calexico. L'album est à la hauteur du casting : la grande classe. (Voir aussi la présentation de Vinciane sur le Cargo.)

















Par Mélanie Fazi - Publié dans : Photos
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Vendredi 16 octobre 2009

 

Londres, octobre 2009. Où l’on découvre que partager son appartement avec un chat change votre rapport aux animaux. Je m’étais déjà aperçue que j’avais désormais une conscience différente de la présence des autres chats quand je les croise, comme si je reconnaissais quelque chose de diffus qui m’est désormais familier. Mais je ne m’attendais pas à retrouver des attitudes que j’associe à Savannah chez les écureuils de Hyde Park ou les cygnes et canards de la Serpentine. Lesdits écureuils se sont prêtés au jeu des photos avec une remarquable absence de timidité : j’ai rarement vu de bestioles aussi peu farouches.

 

(Et moi, je devrais m’absenter plus souvent : depuis hier soir, notre-dame-aux-écailles-de-tortue ne décolle plus de mes genoux, où elle ronronne en boucle depuis une bonne demi-heure alors que j’écris ces lignes.)

 






C’était en quelque sorte ma première vraie visite de Londres. Mon premier séjour touristique de quatre jours en solitaire, aussi. Je m’étais promis de me remettre à la photo pour l’occasion. Et j’étais étonnée de retrouver la ville aussi familière, aussi peu intimidante. Première fois sans doute que je n’étais pas gênée par mon statut de touriste ni par mon accent – ce qui doit expliquer que je me sois sentie aussi à l’aise avec la langue anglaise pendant ces quatre jours (quoique les échanges aient été réduits au minimum). La ville est plus belle, plus paisible et plus aérée que dans mon souvenir. La bouffée d’air frais que représente la traversée de Hyde Park le long de la Serpentine n’a pas son équivalent à Paris.

 

Autre grand moment, le deuxième jour : la découverte de Camden. On m’en avait beaucoup parlé mais je ne savais pas à quoi m’attendre. Pas à ça, en tout cas. Ça commence comme une visite des puces de Clignancourt en plus aéré et coloré, et puis un peu plus loin, on bascule dans tout autre chose. Des enseignes multicolores en relief, des boutiques un peu plus originales, des échoppes de nourriture asiatique, une cour tranquille bordée de boutiques, de pubs et de cafés, au centre de laquelle des stands proposent de la nourriture mexicaine, éthiopienne ou polonaise. Sous le soleil, l’endroit avait un je ne sais quoi d’exotique et d’épicé qui me rappelait La Nouvelle-Orléans. J’ai réussi de justesse à ne pas claquer tout mon fric – les tentations étaient nombreuses. Bilan des courses à Camden : un manteau violet lacé dans le dos, plus long derrière que devant, avec plein de boutons (pas sûre qu’il soit de très bonne qualité vu le prix et la matière, mais j’ai craqué) ; une écharpe un peu habillée à porter avec des robes ; une tenue de lutin (pantalon noir et ample, haut noir et vert à capuche pointue) ; et deux ou trois autres bricoles. J’y suis revenue le dernier jour pour une dernière balade, histoire de m’imprégner encore un peu de cette ambiance particulière.

 









Troisième jour, un peu mal réveillée, le moral au diapason du ciel redevenu gris, je décide de me balader au bord de la Tamise, au départ de Charing Cross. Je marche sans but en écoutant Bowie et PJ Harvey, un peu ailleurs, sans arriver à opter pour une destination précise. Le moment, finalement, a un charme flou, un peu onirique, surtout quand la musique entre en adéquation avec le décor. Je passe devant Big Ben et Westminster sans m’y arrêter, avec une pensée pour Notre-Dame que j’adore voir de nuit depuis les bords de Seine, sans jamais avoir envie de la visiter, juste de savoir qu’elle fait partie du décor. J’aperçois de loin Buckingham Palace qui me renvoie à une scène de Mémoires d’un maître faussaire de William Heaney/Graham Joyce, où l’un des personnages s’enchaîne aux grilles du palais. Revenue vers Picadilly, je m’arrête pour photographier les vitrines kitschissimes du grand magasin Fortnum & Mason, avec leur sirène et leur manège multicolores. Et puis, selon l’expression, j’ai vu de la lumière et je suis entrée. L’ambiance très vieille Angleterre est surannée à souhait – les toilettes y sont désignées comme « Ladies’ Powder Room » (j’en rigole encore). Je traîne un moment dans le rayon alimentation assez impressionnant, notamment les étalages de thé et de biscuits du rez-de-chaussée. Je repars avec une boîte de thé de Noël et d’autres bricoles du même genre – c’est l’heure de la fermeture, mais j’y serais volontiers restée une heure de plus.

 

Une visite de librairie plus tard, où j’achète L’affaire Jane Eyre de Jasper Fforde (depuis le temps qu’on m’en parle) et The Graveyard Book de Neil Gaiman, j’entre dans un pub proche du West End pour le dîner : chicken tikka masala accompagné d’une pinte de bitter. Le serveur est français et reconnaît mon accent, on discute un peu, il travaille à Londres depuis un an et ne se lasse pas de la ville. Puis retour à Earl’s Court où se situe mon hôtel et où j’ai pris mes petites habitudes en quatre jours, notamment les courses tardives chez le Marks & Spencer et le Sainsbury’s ouverts jusqu’à onze heures. Ou comment une journée mal commencée est finalement devenue une succession de jolies surprises et de petits plaisirs improvisés.

 






Dernier jour, après le retour à Camden pour le déjeuner (et l’achat du manteau violet susmentionné), je décide sur un coup de tête d’aller voir ce qui se trouve au 221b Baker Street. L’idée me trotte dans la tête depuis que j’ai noté l’existence d’un arrêt de métro Baker Street. L’endroit est facile à trouver : les touristes s’y font photographier devant une plaque à l’effigie de Sherlock Holmes. Juste à côté, un musée et une boutique de souvenirs kitsch où je ne m’attarde pas longtemps. Sur la porte de la boutique, une fausse annonce de police parlant de meurtres survenus en 1888 à Whitechapel. Je trouve toujours aussi fascinante l’idée qu’un personnage de fiction comme Holmes ait acquis une existence assez forte pour que les touristes se fassent prendre en photo devant chez lui et qu’une plaque annonce qu’il a vécu en ces lieux. À deux pas du musée, deux autres lieux de culte populaire : une boutique consacrée à Elvis, l’autre aux Beatles. La juxtaposition ne manque pas de sel.

 

Quelques heures plus tard, après de petites galères diverses (train presque manqué à cause d’un mauvais calcul de ma part, puis arrêt de l’Eurostar sur les voies pendant plus d’une demi-heure), me voilà avec une Savannah ronronnante sur les genoux et une infusion citron/gingembre de chez Tesco, en train de trier les dizaines (ou plutôt centaines) d’images que j’ai rapportées – dont un bon quart de photos d’ambiance de Camden. Ça fait un bien fou de me remettre enfin à la photo. Londres m’appelle à y revenir, de toute façon : je suis loin d’avoir acheté toute la nourriture que j’aurais voulu, par manque de place dans ma valise, et visité tout ce que je voulais. J’aurais bien aimé revoir le Shakespeare’s Globe visité il y a neuf ans. Ce sera forcément pour une prochaine fois.

 

(Pour ceux que ça intéresse, les photos sont en ligne ici.)

 

 

Par Mélanie Fazi - Publié dans : Photos
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Lundi 5 octobre 2009

De mon point de vue, le plus difficile quand on est indépendant, ce n’est pas de trouver du travail en continu, ni la question financière : c’est la gestion de la séparation travail/loisirs. Chaque jour de la semaine, chaque heure de la journée, représente potentiellement du temps de travail. Les loisirs, les week-ends, les congés, il faut au contraire prendre la décision de les fixer. En essayant d’ignorer la petite voix sournoise qui chuchote en permanence « Tu ne ferais pas mieux de bosser ? », « Tu vas te mettre en retard » ou encore « Gaffe à ne pas rentrer trop tard, tu n’arriveras pas à te lever demain ».

Je commence à peine à comprendre la nécessité de prendre le temps, régulièrement, d’obliger cette petite voix à se taire. Et de se rendre compte qu’on n’est pas une machine à cracher de la traduction, capable d’enchaîner les pages indéfiniment. Trois semaines de vacances : je ne sais pas à quand remonte le dernière fois que j’ai fait une pause si longue. A l’époque où j’étais étudiante, sans doute. Mais ça devenait vraiment nécessaire. Depuis quatre jours, je redécouvre le plaisir de passer les journées sans réfléchir en terme d’horaires, d’obligations, de nombre de pages à remplir. A quand remonte la dernière fois où j’ai pris le temps de regarder Dr House et de me revoir du Buffy après le déjeuner, de me balader en famille au Virgin de Dunkerque après le ciné et d’y acheter un CD, sur un coup de tête, juste parce qu’il me semble qu’il collera à mon humeur du moment ? (Celui de Dead Weather en l’occurrence, que j’aime beaucoup à la première écoute.)

Et puis dans quelques jours, il y aura un bref séjour à Londres. Une éternité que j’attendais l’occasion de retourner en Angleterre, qui ne se présentait jamais. Alors j’ai décidé de la prendre. Quatre jours pour me balader dans cette ville que je connais si peu malgré ma fascination pour la culture anglaise. Envie de jouer les touristes, de loger à l’hôtel, de découvrir Camden, Hyde Park (et la Serpentine, forcément), de revoir Covent Garden, de dévaliser Marks & Spencer dont le rayon Halloween me manque tellement en octobre. Envie de parler un peu anglais, aussi. Peut-être de me remettre à la photo.

Et pour la première fois depuis une éternité, me demander au début de la journée ce que j’ai réellement envie de faire, et pas simplement de combien de temps je dispose.

Autre bande-son du moment, pour faire des bonds partout, en attendant d’écouter l’album que je n’ai pas encore acheté. Enjoy.



 

 

 

Par Mélanie Fazi - Publié dans : Bric-à-brac
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Lundi 14 septembre 2009


 


(Ci-dessus : l’auteur de ce blog en compagnie de son esprit familier. Savannah a maintenant cinq mois et si elle n’avait une fâcheuse tendance à me réveiller la nuit, ce serait la chatonne la plus parfaite du monde. Par contre, qu'est-ce qu'elle est difficile à faire poser...)

 

Ce blog ayant hiberné le gros de l’été (ce qui est quand même un comble), je passe en coup de vent le temps de relayer une info de publication et de signaler que je suis toujours en vie, comme certains se posaient apparemment des questions. La cause principale de mon silence de ces derniers temps : un gros coup de speed niveau boulot doublé d’un gros coup de fatigue qui ne va pas en s’arrangeant. En d’autres termes, mes batteries commencent à être à plat et j’attends impatiemment mes vacances d’octobre, les premières depuis une éternité, pour les recharger. En l’état, n’ayant pas énormément d’énergie à consacrer à la lecture, à la photo ou aux autres sujets dont je parle habituellement ici, je n’ai pas de nouveaux enthousiasmes à partager en ces lieux. J’espère poster un peu plus après mes vacances.

 

En attendant, je consacre mon énergie à ma traduction en cours, le premier volume de la série Mistborn de Brandon Sanderson (je peux maintenant en parler, cette parution ayant été annoncée ici). Un livre qui relève d’une fantasy plutôt classique dans ses thèmes et son écriture, mais dont la construction d’intrigue m’a impressionnée. J’y ai retrouvé le même plaisir grisant qu’à la lecture de certains Harry Potter où l’on regarde JK Rowling assembler les pièces du puzzle sans rien laisser au hasard – la dernière partie du premier volet de Mistborn réserve plusieurs moments d’euphorie de cette nature-là. Le bouquin étant par ailleurs le plus volumineux que j’aie jamais traduit, c’est d’autant plus appréciable.

 

Et l’info dont je parlais, donc, recopiée depuis le site d’ActuSF annonçant les prochaines parutions de leur maison d'édition Les Trois Souhaits :

 

D'abord une anthologie courant octobre nommée "69". Nous avons demandé à une dizaine d'auteurs, hommes et femmes, de mêler Sexe et Imaginaire. Un mélange de fluides qui est peu courant en science fiction comme en fantasy. Le résultat est à la hauteur de nos attentes : éclectique, souvent fun, parfois déroutant... Au sommaire Stéphane Beauverger, Francis Berthelot, Maïa Mazaurette, Daylon, Mélanie Fazi, Sylvie Lainé, Jean-Marc Ligny... La (double) couverture est de Diego Tripodi, le surdoué argentin qui a déjà réalisé la couverture de This Is Not America de Thomas Day que nous avons publié en mars dernier.

 

J’ai très peu écrit récemment, la faute à un emploi du temps chargé, entre boulot et déménagement, et surtout au gros coup de fatigue susmentionné. Je crois n’avoir écrit qu’une seule nouvelle depuis un an, depuis « Dragon caché » qui remonte à l’été 2008. Ce texte-là n’a pas été facile à accoucher – ne serait-ce que parce que je ne voulais pas répéter ce que j’avais déjà fait avec « Langage de la peau » et « La danse au bord du fleuve », mes deux autres textes à tonalité érotique – mais je suis plutôt contente du résultat. Et très curieuse de voir comment il sera accueilli.

 

 

Par Mélanie Fazi - Publié dans : Livres
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Dimanche 26 juillet 2009

 

Le juke-box du jour, parce que je suis retombée sur cette vidéo récemment et que je ne m’en lasse pas : une de mes chansons préférées de David Bowie, tirée de l’album Aladdin Sane (pas mon préféré, je suis plutôt Ziggy Stardust ou Hunky Dory, mais il contient quelques perles dont celle-ci). Et en plus, c'est de la SF.

 



 

Après cet intermède musical, une rubrique audio/autopromo. Le podcast Utopod, qui diffuse des lectures de nouvelles de SF, fantasy et fantastique, accueille cette semaine ma nouvelle « Rêves de cendre » tirée de Serpentine. Je ne l’avais pas relue depuis longtemps et ça m’a fait quelque chose de l’entendre lue par quelqu’un d'autre. C’est un texte qui me met toujours un peu mal à l’aise, moins à cause des thèmes que de ce que je lis entre les lignes, des souvenirs de l’époque où je l’ai écrit, mais j’y reste assez attachée. Il est en écoute ici. Un grand merci à Lucas Moreno pour avoir choisi ce texte, et à Sylvain Demierre qui en assure la lecture.

 

Le site ActuSF, de son côté, a mis en ligne les enregistrements du colloque sur la fantasy qui s'est tenu le mois dernier à Villetaneuse. Je participais à deux des tables rondes : sur les auteurs en marge du genre (avec Francis Berthelot, Jérôme Noirez et Pierre Pevel), et sur la traduction (avec Damien Bador, Jacques Baudou, Alain Névant et Audrey Petit). L’ensemble est en écoute sur cette page.

 

À mesure que juillet s’écoule, je constate que certains rituels ont la peau dure : n’ayant pas l’occasion cette année de choisir mes lectures de vacances (pas de congés cet été pour cause de mauvais timing), je me suis retrouvée en train de choisir soigneusement mes lectures de terrasses de café. Et la lecture d’été par excellence pour moi, c’est forcément Stephen King – comme lorsque j’avais seize ans et que je dévorais Ça ou Différentes saisons pendant les vacances. Je viens de terminer Duma Key, un très bon cru. Pas forcément très original pour qui a beaucoup lu King, mais on referme le livre avec un sentiment de nostalgie qui continue à résonner un bon moment. Le tout début est particulièrement émouvant à relire à la lumière du reste du roman. Duma Key m’a rappelé Sac d’os, où il était question d’écriture au lieu de dessin comme ici, et aussi Histoire de Lisey, pour la façon dont on entend King, en filigrane, parler de son accident d’il y a quelques années. Je lui reproche souvent de gâcher l’aspect fantastique vers la fin de ses romans, parce qu’il en dévoile trop alors qu’il suggérait avec énormément de talent jusque là, et parce que la confrontation finale est moins passionnante que ce qui a précédé. C’est vrai ici aussi, mais il y a malgré tout une poésie qui compense cette impression. Sa créature surnaturelle est plutôt convaincante, et la dernière scène fantastique est très belle. Les chapitres intercalaires consacrés à une histoire passée qui explique les événements présents sont particulièrement prenants. Et puis il y a cette phrase, tout à la fin, cette profession de foi que je trouve sublime de simplicité : « When I made pictures, I fell in love with the world. When I made pictures, I felt whole. » Je me demande toujours comment King parvient à parler aussi magnifiquement de l’acte de création. C’est une des raisons qui font de lui un de mes auteurs fétiches, dans les livres duquel je reviens me ressourcer à différentes périodes de ma vie.

 

 

Par Mélanie Fazi - Publié dans : Bric-à-brac
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Lundi 6 juillet 2009


Quelques envies de meurtres ces derniers jours pour des raisons liées à la canicule et à la difficulté de faire un courant d'air dans mon appart en présence d'un quadrupède à fourrure qui adore s'approcher des fenêtres quand il entend les bruits de la rue.


Ledit quadrupède doit avoir des envies de meurtre en voyant son humaine lui tourner autour avec ce drôle de boitier noir qui fait clic et qui fait bzzzz. Un partout, balle au centre.


Nouvelle activité préférée en cas de gros coup de fatigue additionné d'un gros coup de chaleur : marathon Dr House en compagnie du quadrupède. Toujours aussi accro, mais je me sens très bête de m'être enfilé une saison toute entière avant de remarquer que le personnage était calqué sur Sherlock Holmes. (Avant qu'on me le fasse remarquer, dois-je préciser pour plus d'honnêteté.) Ce qui me rend la série encore plus sympathique, si besoin était.




Par Mélanie Fazi - Publié dans : Photos
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Mercredi 1 juillet 2009


Les deux semaines écoulées ont été riches en grandes premières, à plusieurs titres. Deux événements notamment expliquant l’état d’euphorie totale dans lequel je me trouvais hier matin (avant que l’euphorie en question se retrouve toute ramollie par la chaleur). Commençons par le plus récent : lundi, j’ai survécu à ma première perfusion.

 

Ne ricanez pas, c’est très sérieux.

 

Ma trouille des aiguilles et de tout ce qui y ressemble remonte à loin, je lui vois vaguement plusieurs explications dont aucune, si ça se trouve, n’est la bonne. J’ai dépassé depuis longtemps le stade où la perspective d’une prise de sang me faisait passer des nuits blanches, mais il faut encore que je me concentre très fort sur autre chose quand on me pique. J’ai d’ailleurs découvert ces dernières semaines que c’était une phobie très répandue, y compris parmi mon entourage proche. N’ayant jamais été hospitalisée, j’avais une appréhension particulière concernant les perfusions – l’idée d’avoir quelque chose de planté dans le bras de manière durable. Difficile à expliquer mais ça me paraissait tout simplement inconcevable. Il m’est souvent arrivé de me demander comment je gèrerais ça, le moment venu, si le cas se présentait, et d’être persuadée que je n’y arriverais pas.

 

Le hasard a voulu que ça se passe dans le cadre d’un examen très banal et vraiment pas méchant, mais qui se pratique sous anesthésie. En acceptant de le passer, j’y ai vu l’occasion de me colleter avec cette vieille trouille une bonne fois pour toutes, ne serait-ce que pour savoir « comment ça se passe, quel effet ça fait ». On angoisse forcément toujours cent fois plus pour ce qu’on ne connaît pas : on se fait des films toujours pires que la réalité, tant qu’on n’a pas d’expérience vécue pour restreindre le champ des possibles. Premier passage (même bref) en clinique, première perfusion, première anesthésie. Ça en faisait, des nouveautés. Je vous épargne le détail des deux semaines passées à enchaîner les coups de flip et à me faire des frayeurs en regardant Dr House (dont j’ai fini la première saison, il faut vite que je me procure la deuxième). Le plus idiot dans l’affaire, c’est que j’avais presque moins la trouille de me faire piquer que de paniquer totalement à ce moment-là – la consultation avec un anesthésiste pas hyper conciliant, à qui je demandais de m'expliquer le processus en détail pour me rassurer, n’avait pas aidé. On se sent débile de flipper pour quelque chose d’aussi anodin, surtout quand il s’agit d’un examen banal et indolore, d’un pépin de santé tout à fait mineur. Mais on a beau se raisonner, ça ne se contrôle pas.

 

Et puis voilà, c’est passé. Ce serait à refaire, j’appréhenderais quand même le moment où l’on se fait piquer, pas super agréable – mais quelques minutes plus tard, en attendant d’entrer au bloc, on s’aperçoit qu’on arrive à se détendre avec ce corps étranger planté dans le bras, qu’on peut bouger normalement, qu’on ne sent quasiment rien. Je me suis forcée à le regarder pour bien me prouver que j’en étais capable (alors que je n’ai jamais pu regarder quand on me piquait pour une prise de sang). L’anesthésie elle-même a été une expérience plutôt agréable, à peine le temps de comprendre qu’on allait m’endormir et j’étais déjà en salle de réveil, tout s’est passé en douceur. Tout ça n’a pas réglé ma trouille des aiguilles – il me reste une prise de sang en attente et j’y vais encore à reculons – mais ça a au moins réglé celle des perfusions en particulier : voilà, je sais maintenant ce que ça fait, ce n’est pas agréable mais c’est gérable. Ce qui me paraissait encore inconcevable il y a quelques jours, quand je fermais les yeux devant les nombreuses « scènes d’aiguilles » de Dr House.

 

Une autre grande première m’a aidée à attendre celle-là de manière un peu plus zen. On discutait récemment avec une amie de certains aspects de nos vies actuelles, notamment sur le plan professionnel, sur l’air de « Si on m’avait dit, à 14 ou 15 ans, qu’un jour je ferais ça… » Je me suis fait pas mal de réflexions semblables ces dernières semaines, à plus courte échelle : si on m’avait dit, il y a encore un an… Qu’à la date du 1er juillet 2009, je serais propriétaire de ce chouette appart tellement plus agréable et lumineux que l’ancien, que ce serait dans le 18ème (un coin sur lequel j’avais pas mal d’a priori), et surtout que je partagerais l’appartement en question avec un petit truc à quatre pattes qui miaule, qui ronronne et qui est tout le temps fourré sur mes genoux quand je travaille. L’idée a germé il y a trois mois, un dimanche où je rêvassais à mon futur nouvel appartement. Il y aurait de la lumière, il y aurait des plantes (j’ai commencé par du basilic, j’ai des envies de menthe et de ciboulette), et tiens, pourquoi pas un animal de compagnie ? Quelques heures plus tard, il avait pris la forme d’un chat. Ça m’a beaucoup tourné dans la tête depuis. Et fin juin, je me retrouve donc en expédition en banlieue, en réponse à une petite annonce, pour aller voir une chatonne tricolore de deux mois et demi. Quatre jours plus tard, une fois tout le matériel acheté, elle arrivait chez moi. Elle s’appelle Savannah et c’est la chatonne la plus craquante du monde – forcément, puisque c’est la mienne.

 

C’est amusant, le choix d’un nom pour un animal. Trois mois que j’y pensais régulièrement, que je dressais des listes en piochant un peu partout, dans les mythes grecs ou dans la littérature anglophone. Et puis le moment venu, c’est comme le test des spaghetti qu’on jette contre un mur pour voir s’ils collent : on jette des noms sur le chat, ceux qui paraissaient les plus probables n’adhèrent pas, et puis il y en a un qui ressort de nulle part alors qu’on l’avait abandonné (pensait-on) définitivement. Le nom d’un des personnages de la série de Kelley Armstrong que je traduis, qui se trouve aussi être le nom de la ville dans laquelle se déroule Minuit dans le jardin du bien et du mal que j’ai envie de revoir depuis quelque temps – plusieurs personnes ont pensé tout de suite à ce côté « Sud des USA » en apprenant le nom de ma chatonne. Et puis ça veut dire « savane » en anglais, très approprié pour un fauve miniature. Rapport à sa frimousse rayée, pas à son caractère : c’est une vraie peluche par ailleurs. Pourvu que ça dure.

 

C’est amusant de vivre avec un chat au quotidien. Je n’en avais encore jamais fait l’expérience. On commence à trouver nos habitudes et la cohabitation est plutôt tranquille pour l’instant. Pas encore de casse ni de réveils intempestifs, et relativement peu de coups de griffes. Elle n’aime pas beaucoup mon G9 mais j’ai réussi à prendre quelques photos à la volée. « La relève est assurée », a commenté ma mère en la voyant une plume entre les pattes. Moi qui ai toujours entendu dire que les chats sont très indépendants, je ne m’attendais pas à la voir autant en recherche de contacts et en demande d’attention – mais il paraît que ça leur passe avec l’âge.

 

Sur ce, je profite que la fauvette soit vautrée en mode carpette sur la télé (pas encore installée à sa future place) pour me remettre au travail.


 

 







Edit : Non en fait, elle est revenue s'installer sur mes genoux. Faudrait quand même que je la dresse à me rapporter le café. Oh et puis tiens, pour l'occasion, un clip avec des chats dedans.



Par Mélanie Fazi - Publié dans : Bric-à-brac
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Lundi 1 juin 2009

 

Une impression me frappe alors que je cherche à mettre des mots sur ce qui fait l’impact des Hauts de Hurlevent (terminé ce matin au petit déjeuner) : une sorte d’ambiance « fin de race », une impression de déliquescence, je ne sais pas comment le dire autrement. Il s’agit d’un roman où les humains, livrés à eux-mêmes au cœur d’une nature hostile et quasiment privés d’interactions avec leurs contemporains, n’ont que deux choix possibles. Redevenir des animaux, comme les Earnshaw après la mort des parents, et plus encore lorsque Heathcliff récupère Wuthering Heights ; ou des aristocrates ineptes et mollassons comme les Linton, qui vont d’ailleurs produire en bout de course la pire caricature d’eux-mêmes en la personne d’un mollusque anémique justement prénommé Linton, ce gamin geignard et souffreteux qui a le bon goût de mourir jeune en épargnant au lecteur d’inutiles souffrances. Le monde et le reste de l’humanité existent à peine : on ne saura jamais d’où est venu Heathcliff, ni d’où venait l’argent qu’il a amassé lors de sa disparition. Le jeu de miroir entre les deux familles et les deux maisons, à travers les alliances et les déplacements des personnages, est assez fascinant. Jusque dans les noms, me semble-t-il : Heathcliff, qui ne possède aucun patronyme, est une famille à lui tout seul ; Linton porte comme prénom le nom de jeune fille de sa mère ; et le roman compte deux Catherine, mère et fille, une Earnshaw et une Linton.

 

C’est cette impression de sauvagerie et d’enfermement qui place le roman à part. Dans cet environnement, il suffit de peu pour transformer un gentil petit garçon à l’esprit vif en bête sauvage fière de sa propre bestialité – il suffit de le retirer à la garde de la gouvernante Nelly Dean pour le laisser grandir entre son père (pas très longtemps), le serviteur Joseph (dont les dialogues à peine intelligibles renforcent l’impression d’animalité ambiante), et Heathcliff qui s’amuse à le regarder s’avilir. Il suffit aussi que deux adolescents du même âge se rencontrent pour qu’ils tombent amoureux, simplement parce qu’ils n’ont jamais rencontré personne d’autre de leur génération. Dans ce contexte, personne ne semble se formaliser que Cathy (deuxième du nom) tombe amoureuse deux fois de ses propres cousins, et personne ne semble gêné par l’idée qu’elle puisse les épouser (remarquez, avec Linton, au moins, le mariage ne risquait pas d’être consommé).

 

Autre élément qui m’a frappée, l’omniprésence de la mort et de la maladie. C’est un roman où les personnages tombent comme des mouches à tout bout de champ. Question d’époque, mais je trouve que ça prend une tout autre dimension quand on le met en parallèle avec l’histoire de la famille Brontë, ou en tout cas ce que j’en connais – de la même manière que le début de Jane Eyre rappelle l’école où les deux sœurs aînées de la famille sont mortes très jeunes à cause de conditions d’hygiène déplorables. Ça fait partie des petits détails qui ravivent ma fascination pour l’histoire de cette famille, et pour Emily en particulier. J’ai lu adolescente un roman de chacune des trois sœurs et la mise en parallèle des trois était assez frappante. The Tenant of Wildfell Hall (écrit par Anne) m’a fait l’effet d’un petit bouquin très plat et très ennuyeux, une sorte d'archétype de roman anglais de cette époque. Jane Eyre (de Charlotte, donc) était déjà bien plus barré, même si ça restait un roman beaucoup plus policé que celui d’Emily – on y retrouvait quand même quelques éléments de cette sauvagerie. Mais rien qui égale cette noirceur, cette impression de déliquescence et de bestialité, qui hantent les pages des Hauts de Hurlevent.

 

Je vous rassure, je ne vais pas continuer longtemps à tourner en boucle autour de ce roman. Mais ça fait un bien fou de retrouver intacte l’obsession éprouvée pour un livre qu’on avait adoré à l’adolescence. Il y a des romans tellement uniques, tellement denses, tellement « autres » qu’ils ne vieillissent jamais. Je crois que celui-là ne prendra jamais une ride.

 

Par Mélanie Fazi - Publié dans : Livres
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Profil

  • : Mélanie Fazi
  • reves-de-cendre
  • : 29/11/1976
  • : Paris
  • : Dunkerquoise de naissance, Parisienne d'adoption, traductrice de métier, auteur de nouvelles et romans fantastiques et grande fan de musique devant l'éternel.

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