J’espère que les non-joueurs de World of Warcraft me pardonneront de parler à nouveau du jeu, puisqu’il paraît que mes entrées sur le sujet sont assez opaques pour les
profanes, mais je viens de constater un phénomène intéressant sur lequel j’aimerais avoir l’avis des joueurs qui passent dans le coin (et il y en a quelques-uns). Depuis que je joue, il arrive
régulièrement que des amis ou collègues m’annoncent leur intention de se mettre au jeu ou de s’y remettre après interruption, et ils me posent donc les questions rituelles : sur quel serveur
je joue, côté Horde ou côté Alliance, comment s’appelle mon personnage. Ils créent plusieurs personnages pour tâter un peu le terrain, testent chacune des deux factions, il arrive parfois qu’ils
créent effectivement un petit personnage côté Horde sur mon serveur… Mais de manière systématique, sans la moindre exception, c’est côté Alliance qu’ils finissent par jouer sur le long terme. Et
j’avoue que ça m’intrigue. Pas le fait qu’on puisse préférer l’Alliance à la Horde (les goûts, les couleurs, tout ça), mais cette unanimité. Parce qu’à titre personnel, le choix de la Horde a été
une telle évidence que le phénomène m’échappe totalement. En plus de la frustration liée au fait que des potes jouent au même jeu sans qu’on s’y croise jamais, puisqu’on fréquente des factions
ennemies.
Du coup, je lance un sondage destiné aux joueurs de WoW qui passent par ici : quels sont les facteurs qui vous ont poussés à choisir plutôt l’une ou l’autre faction ? Ami Hordeux, ami Allié, l’espace d’expression baptisé « Ajouter un commentaire » t’appartient.
Je précise pour les non-joueurs qui auraient lu jusque ici : on pourrait résumer l’opposition Alliance/Horde, grosso modo, comme celle des races humanoïdes (humains, nains, gnomes, elfes de la nuit, auxquels s’est ajoutée ensuite la race extraterrestre des draeneïs) contre celle des « monstres » (orcs, trolls, morts-vivants, taurens et les elfes de sang nettement moins monstrueux, dont les femelles ont un physique de poupées Barbie avec lequels j’ai vraiment beaucoup de mal). C’est plus nuancé que la simple opposition des « méchants contre les gentils » qu’on pourrait y voir de prime abord. Il y a dans le jeu un phénomène intéressant, quoique assez insidieux, qui fait qu’on finit par considérer spontanément l’autre faction comme « l’ennemi ». Au point qu’on prend parfois personnellement les critiques adressées à sa propre faction lorsqu’on parle avec d’autres joueurs.
Pour répondre à ma propre question concernant le choix de la faction… Dès le départ, j’ai su que j’aurais naturellement plus d’affinités avec le concept de la Horde qu’avec celui de
l’Alliance – parce que je trouve toujours plus intéressant et plus drôle de choisir le côté de la marge, des parias, des monstres, plutôt que celui d’une sorte de normalité lisse et consensuelle
incarnée à mes yeux par les humains dans le jeu (vision qui m’est tout à fait personnelle). Seulement, j’ai d’abord voulu jouer une elfe de la nuit que j’ai montée jusqu’au niveau 35. Puis un ami
(qui se reconnaîtra en passant) m’a convaincue de créer un personnage secondaire sur son serveur, côté Horde, histoire de pouvoir jouer un peu ensemble. On a créé deux morts-vivants, une
démoniste pour moi, un prêtre pour lui. Je crois que j’ai connu un de mes plus grands moments d’exaltation dans le jeu la première fois que ma démoniste a mis les pieds à Fossoyeuse, la capitale
des morts-vivants, qui ressemble à un hybride entre l’univers de Tim Burton et celui de Clive Barker. Fossoyeuse aux allures de catacombes, dont les gardes sont de gros monstres tout recousus et
qui fourmille de petits détails macabres rigolos : les crânes qu'on pêche dans les canaux, le marchand de cafards planqué sous un escalier... Après ça, une capitale comme Hurlevent (celle des
humains) fait franchement pâle figure. J’ai vite perdu tout intérêt pour ma chasseuse elfe – moins pour le personnage que pour l’environnement dans lequel elle évoluait. Retrouver l’Alliance
après avoir découvert la Horde, c’était un peu pour moi comme repasser de Tim Burton à Walt Disney : tout paraissait soudain très fade et convenu. Il y a mille petits détails qui m’amusent
beaucoup plus côté Horde, outre l’architecture. Les taurens et leur culture inspirée par les Amérindiens, les trolls à l’accent créole qui vous saluent en disant « Méfiez-vous du
vaudou », l’humour et les répliques des personnages morts-vivants… Sans compter qu’à mes yeux (et c’est un avis que peu de gens semblent partager), la race la plus réussie sur un plan
esthétique est de très loin celle des trolls, surtout les femelles. Je ne me lasse pas de ma voleuse, une trollesse à la peau bleue et aux longs cheveux tressés, que je trouve absolument
splendide. Même si c’est à ma morte-vivante que je suis le plus attachée, pour son côté cartoon et parce que ça m’amuse de la jouer comme une midinette de douze ans d’âge mental qui dit toujours
bonjour aux boss avant de les tuer. Je trouve dans la Horde un côté moins propret, plus bigarré, et du coup beaucoup plus riche. Et puis je suppose que ça n’étonnera pas les gens qui ont lu ce
que j’écris, mais ça m’amuse forcément cent fois plus de jouer un monstre qu’un humain. Même si j’aime assez l’esthétique de deux des races côté Alliance, les elfes de la nuit et les
draeneïs.
Je m’étonne moi-même, du coup, quand j’éprouve un pincement, voire une petite déception, en constatant l’a priori de pas mal de joueurs contre la Horde et les espèces qui la composent. C’est ma faction, ma famille virtuelle, c’est de ce côté-là que se trouve la seule ville du jeu (Orgrimmar) dans laquelle je me sente naturellement « chez moi », pour autant que ce soit possible dans un jeu vidéo. Il y a de belles choses côté Alliance, ne serait-ce que la capitale elfe de Darnassus, mais je n’y suis pas chez moi. Du coup, amis joueurs qui passez dans le coin, votre avis m’intéresse.
C’est pas tout ça mais faut que je retourne bosser si je veux avoir un peu de temps pour jouer ensuite. J’ai une démoniste qui attend d’explorer Zul’Drak pour passer niveau 80.
PS : l'image du haut, c'est ma démoniste qui s'est fait prendre en photo avec deux célébrités locales juste avant un combat épique qui dure pas loin d'une heure. Les joueurs qui ont fait cette quête – l'une des plus grandioses de tout le jeu – reconnaîtront sans doute les célébrités en question.
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Une
légende urbaine veut qu’une amie à moi, propriétaire d’un deux pièces dans le 18ème, dans le quartier Marx-Dormoy, ait trouvé cet appartement du premier coup, dès la toute première
visite (et je comprends son coup de cœur, l’appart est vraiment très classe). Une légende urbaine similaire veut que j’aie flashé sur le troisième des cinq appartements que j’ai visités depuis
fin décembre, toujours dans le quartier Marx-Dormoy. Peut-être pas assez pour que je me dise aussitôt que je voulais cet appart-là et pas un autre, mais assez pour que je sache immédiatement que
je voulais le revisiter au plus vite accompagnée d’une tierce personne. On y est retournées le lendemain. Je m’attendais à ce que cette personne trouve à l’appart plein de défauts qui m’avaient
échappé. Au lieu de quoi elle l’a approuvé en disant qu’elle m’y voyait très bien et a même commencé à le meubler virtuellement (« ici il y a de la place pour un meuble, là tu pourrais
mettre ton bureau... »). Je crois que c’est là que ma décision a pris forme. La semaine qui a suivi a été assez intense, entre les cogitations permanentes, les moments de pure trouille, les
bouffées d’exaltation, la visite des parents et les longues discussions avec la famille (mes parents fournissant un apport qui représente une grosse partie de la somme). J’ai signé le compromis
de vente cet après-midi. Reste à obtenir le prêt. Si tout se passe bien, je m’installe dans le 18ème vers fin avril/début mai.
L’appartement n’est sans doute pas parfait. Je lui vois deux défauts mineurs, pas rédhibitoires à mes yeux en tout cas : la salle de bains n’est pas très grande (mais j’en ai vu
de plus petites, et la douche est sympa), et la chambre non plus (mais elle peut contenir sans problème l’essentiel : une armoire, un bureau ou meuble informatique, et surtout un lit deux
places – j’en avais ras-le-bol de dormir sur ma mezzanine ou mon canapé). Le point fort qui m’a fait flasher : j’adore l’ambiance de la pièce principale avec son coin salon et sa cuisine
américaine. La pièce est claire – c’est flagrant sur les photos que j’ai prises pour mémoriser la disposition des lieux – et dès la première visite, je me suis rendu compte que je me voyais très
bien cuisiner et recevoir des amis dans cet espace. J’ai visité au moins un appartement plus spacieux, plus récent et globalement mieux foutu mais qui ne me donnait pas cette impression de
convivialité. La propriétaire actuelle, qui a grosso modo le même âge que moi, l’a meublé dans un style assez proche de mes goûts pour que je me rende bien compte de ce que je pourrai en faire.
Je m’interroge beaucoup sur l’espace de rangement et la place disponible pour installer des meubles, mais a priori, ce sera nettement plus pratique que mon studio actuel. Sans compter qu’il y a
plusieurs murs nus où il me semble possible d’installer des étagères si nécessaire.
Nous
voici donc de l’autre côté du réveillon, en l’an neuf (j’aime bien dire « l’an neuf », c’est un peu comme 2000, une année qui paraît promettre plein de changements) et il fait un froid
à ne pas mettre un canard punk dehors. Ça tombe bien, j’ai de quoi occuper mes longues soirées d’hiver. En ce moment je les passe en compagnie de Dexter Morgan, flic et tueur en
série, et je remercie ma frangine d’avoir eu la bonne idée de m’offrir la saison 1 en DVD. Encore une que je découvre longtemps après tout le monde, mais quelle claque. Quand j’ai commencé à
regarder, je ne m’attendais pas du tout à ça. Je pensais que l’ambiance serait sombre et glauque, compte tenu du sujet, et voilà que je me retrouve face à une série plus mélancolique qu’autre
chose. Il y a une tristesse sous-jacente, tout du long, qui est pour beaucoup dans mon attachement à la série. Et surtout, il y a ce personnage : Dexter qui est un monstre
et qui n’y peut rien, mais à qui son père adoptif a appris à canaliser ses pulsions et à ne tuer que d’autres monstres, des criminels qui ont échappé à la justice. Mais surtout, Harry
Morgan lui a appris à feindre la normalité à tout prix – et c’est là que la série devient passionnante. Dexter ne désire rien tant que devenir comme les autres,
ressentir enfin des émotions qu’il est obligé de simuler constamment. Ça le rend extrêmement touchant. C’est un vrai tour de force que de faire éprouver une telle empathie pour un personnage
de tueur en série. Il y a en plus quelque chose d’universel dans ses interrogations : on ne peut que s’y reconnaître. Lors des premiers épisodes, j’ai souvent eu l’impression que
Dexter s’adressait à moi personnellement pour soulever à sa façon des questions sur lesquelles j’ai cogité, des choses que j’ai vécues, pensées ou ressenties, voire sur
lesquelles j’ai écrit (je pense à ma nouvelle « Fantômes d’épingles » dans Notre-Dame-aux-Ecailles) – et je crois que c’est ça le plus fort, dans l’histoire, cette impression
de proximité. Pourtant, je vous assure que je n’ai jamais tué personne, enfin pas que je me rappelle.
Comme vous pouvez le constater, ma tante aime bien
décorer son appart avec des ours en période des fêtes. Réveillon sympa et plutôt chaleureux cette année. Une habitude qu’on a prise avec ma sœur depuis quelques années, c’est d’essayer de
multiplier les petits cadeaux, ne serait-ce que pour l’effet de surprise, mes parents ayant plutôt tendance à nous demander à l’avance si on a besoin de quelque chose en particulier (pour moi,
c’était mon nouveau portable cette année). Par exemple, il m’est arrivé plusieurs fois d’offrir des compilations personnalisées à ma mère ou à ma sœur, en bricolant une jaquette illustrée quand
j’ai le temps. Et l’an dernier, j’avais offert à chaque personne un sachet de biscuits maison (cette année, j’ai remplacé par des orangettes). Ça me rappelle l’époque lointaine où je dessinais
moi-même le menu de Noël, et aussi la seule année (nettement moins lointaine) où j’ai eu le temps de fabriquer mes cartes de vœux, après avoir traîné des heures dans les rayons du BHV pour
acheter le matériel. Tout ça pour dire qu’il y a eu cette année plusieurs petites surprises qui m’ont bien fait plaisir. Entre autres, ma sœur a trouvé moyen de m’offrir un livre de
Tonino Benacquista dont j’ignorais l’existence, alors que je croyais avoir tout lu de lui. Celui-ci s’appelle Le serrurier volant et il est illustré par
Tardi. Benacquista fait partie des quelques auteurs qui plaisent à toute la famille, ne serait-ce que parce que La commedia des ratés nous a bien fait
marrer – ce n’est pas mon livre préféré de lui, mais il a une manière de parler de l’Italie qui nous a rappelé pas mal de souvenirs. Sans compter que la résolution de l’énigme policière repose
sur un détail typiquement italien, j’en rigole encore.
Maintenant que Noël est passé, la fin de l’année et le réveillon du 31 approchent à grands pas. J’avoue que
j’appréhende toujours le gros coup de mou du 1er janvier, même si je pense qu’il sera moins brutal cette année, vu que j’aurai de quoi occuper mes mois de janvier et février (la
période de l’année que j’aime le moins). Cette histoire de recherche d’appartement commence à tourner à l’idée fixe, mais j’ai enfin commencé à appeler les agences et je démarre bientôt les
visites. Je suis impatiente mais un peu stressée. Je ne peux pas m’empêcher de trouver ça intimidant, d’autant que j’ai très peu d’expérience de ces choses-là. Mon premier studio dans le
16ème, qui était mignon comme tout mais minuscule, je l’avais visité avec mon père et le premier visité avait tout de suite été le bon. Mon appart actuel, je l’avais trouvé grâce à une
amie qui l’occupait avant moi mais le trouvait trop sombre (ce en quoi elle avait raison). J’avais visité une poignée d’appartements avant ça, mais pas beaucoup. Là, j’ai l’impression d’un grand
saut dans le vide. Surtout que dans la mesure où je n’ai pas encore commencé les visites, je me demande ce que je peux réellement obtenir pour le prix que j’ai fixé sur les conseils du courtier
que j’ai consulté. Je commence à savoir ce que j’aimerais trouver, mais quelles attentes sont ou non raisonnables par rapport à mon budget ? Suspense. J’espère ne pas trop galérer. Mais
passé la trentaine, je m’aperçois que certaines choses que je considérais comme allant de soi dans l’enfance et auxquelles j’avais renoncé ensuite, comme le fait d’avoir une chambre séparée ou
une machine à laver, commencent vraiment à me manquer. Je supporte de moins en moins mon appartement actuel. J’aimerais vraiment trouver un appartement non seulement plus agréable à habiter, mais
plus accueillant pour y recevoir des gens.
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