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15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 13:35

 

Putain, dix ans. C’est l’idée qui m’a traversée en arrivant hier devant la scène de la Cigale pour y revoir Calexico (pour la dixième ou douzième fois depuis 1998). À l’époque, c’était déjà à la Cigale que j’étais venue les voir au festival des Inrockuptibles. J’avais acheté ma place exprès pour ce groupe, étant totalement accro à l’album The black light depuis deux ou trois mois. Les choses n’ont pas tellement changé en dix ans. Joey Burns a toujours la même coupe de cheveux, la même chemise à carreaux, il tire toujours la gueule en arrivant sur scène et cabotine ensuite avec le même sourire "Émail diamant". John Convertino arbore toujours la même chemise blanche et il est toujours l’incarnation de la classe la plus absolue avec son jeu de batterie hypnotique et gracieux. Le groupe est le même, à peu de choses près – je me rappelle avoir vu au moins Volker Zander et Martin Wenk dès les premiers concerts, sans doute les autres aussi étaient-ils déjà là. Manquent juste les mariachi Luz de Luna qui les accompagnaient sur deux tournées, celles dont je garde un souvenir ébloui.


Pour ceux qui ne connaissent pas Calexico, le casting en images :

Joey Burns, l'homme aux éternelles chemises à carreaux : 



John Convertino, le batteur le plus fascinant de Tucson, du monde et de l'univers réunis :


Paul Niehaus que j'adore photographier sans bien savoir pourquoi - à un concert d'Iron & Wine où je m'étais passablement emmerdée par ailleurs, j'avais fait plusieurs gros plans de sa main.


Volker Zander qui a toujours une bouille pas possible en photo (en vrai aussi, d'ailleurs) :


Martin Wenk, et aussi Jacob Valenzuela au fond (pas très visibles, il est vrai) :



(Note aux photographes de petite taille qui auraient l’idée saugrenue d’entasser leurs affaires sur le devant de la scène : si vous avez le format adéquat pour vous accouder à la scène de la Cigale, évitez de poser devant vous un pull de couleurs vives qui aura la fâcheuse idée d’apparaître sur le bas de vos photos et d’en flinguer une partie.)

 

J’ai un peu décroché de la musique du groupe mais je continue à les suivre comme de vieux amis dont on prend régulièrement des nouvelles. Comme je l’expliquais dans une entrée précédente, j’avais été un peu déçue par le concert donné il y a deux ans au Bataclan et je craignais de revivre la même chose hier. On se sent toujours devenir vieux con quand un groupe qu’on suit depuis longtemps nous emballe moins qu’avant mais qu’on est entouré d’un public de plus en plus enthousiaste, limite hystérique. Ça m’avait énervée, au Bataclan. L’impression de voir un groupe surdoué devenir une machine certes efficace, mais qui marchait au pilote automatique. Et qui avait renoncé à une certaine spontanéité au profit d’une formule trop bien rôdée.

 

Hier aussi, le début m’a énervée. C’était un peu trop lisse et mécanique, et surtout, le groupe a joué dans la première demi-heure deux des chansons qui illustrent le mieux, pour moi, la façon dont Calexico peut parfois tourner en rond. D’abord Across the wire qui est une des chansons que j’aime le moins de leur répertoire – elle n’est pas si mal en soi, mais ils ont déjà fait la même chose en beaucoup mieux. Et puis Roka, autre morceau caractéristique de la tendance hispanisante de leur musique (arrangements de cuivres, paroles mélangeant espagnol et anglais). Entendre le public devenir totalement hystérique aux premières notes d’Across the wire m’a énervée et déçue à la fois. Je me suis dit que c’était mort et que j’étais arrivée à un stade où je n’étais plus en adéquation avec la musique du groupe.

 

C’est la partie où j’ai le plus mitraillé en attendant que ça passe, pour ainsi dire. Un peu déçue de ne pas très bien voir John Convertino d’où j’étais placée. J’ai obtenu deux photos de lui dont je suis assez fière, mais presque par accident. Le reste du temps, soit il était caché derrière les cymbales, soit le résultat est flou. Je regrettais de ne pas pouvoir observer mieux que ça son jeu de batterie. Dieu sait que s’il y a un membre de Calexico devant qui je suis en admiration béate, c’est bien lui.

 

Et puis il s’est passé quelque chose. Ils ont joué Black heart qui est un de mes morceaux préférés, forcément beaucoup moins poignant sur scène en l’absence des cordes, mais ça me fait toujours quelque chose de l’entendre. Je crois que c’est là que j’ai plongé. Et je me suis laissée gagner par la transe. Il faut dire que les morceaux du nouvel album Carried to dust passent remarquablement bien sur scène (j’ai un faible pour The news about William joué en fin de concert). J’ai trouvé le set un peu plus surprenant que ce à quoi je m’attendais. Je leur suis reconnaissante d’une chose au moins : c’est la première fois, en dix ans, que je vois un concert où ils ne jouent ni Stray, ni Minas de cobre qui faisaient partie des incontournables. J’adore ces deux morceaux, ce sont deux des grands moments de The black light, mais il était temps qu’ils passent à autre chose. Il y a bien eu The crystal frontier qui est un autre incontournable en live, mais l’énergie et le souffle étaient là. Et j’ai repensé, comme toujours, à la toute première fois où j’ai entendu ce morceau sur scène. C’était au Trabendo en 2000. J’avais eu l’impression de vivre un moment de folie qui balayait tout sur son passage, conclusion parfaite d’un des concerts les plus intenses et les plus euphorisants que j’aie jamais vus. Je crois que je me suis résignée à ne plus jamais connaître l’extase de cette tournée-là. Je sais que je ne vivrai plus jamais ce moment où j’avais observé, totalement hypnotisée, le jeu de John Convertino pendant toute la durée d’un Fade hallucinant qui paraissait s’étirer à l’infini (une de leurs chansons les plus méconnues, mais une des plus belles à mon avis – j’en avais posté une vidéo dans une entrée précédente).

 

Mes photos seront demain sur le Cargo, et en attendant, je me repasse en musique de fond l’album Hot rail que je n’avais pas ressorti depuis longtemps. Il contient justement Fade, qui m’a encore donné la chair de poule tout à l’heure. Et le superbe Sonic wind. Et quelques instrumentaux magnifiques, notamment le génial Mid-town. Je crois que je vais passer à Feast of wire dans quelques minutes, ne serait-ce que pour réentendre Black heart et Sunken waltz joués hier. Il n’y a eu que ces deux-là, parmi mes morceaux préférés – mais ils ont de nouveau réussi à me surprendre. Et ça, c’est inestimable.

 

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Published by Mélanie Fazi - dans Musique
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commentaires

Cathimini 20/10/2008 23:31

Tu n'as pas présenté le petit nouveau, le beau brun aux yeux bleus. C'est Jairo Zavala de Madrid qui a enregistré avec John et Joey un album à sortir sous le nom de DePedro. Pour le reste, on est assez d'accord me semble-t-il.

Mélanie Fazi 20/10/2008 23:34


Le petit nouveau, je ne l'avais pas en photo et je ne connaissais pas son nom, merci d'avoir comblé cette lacune !


Gilles 17/10/2008 11:43

Ah pardon, comme le système de commentaires indique que l'adresse E-mail estt "visible uniquement par l'auteur du blog" (et que la mienne est explicite), je pensais qu'elle t'était présentée quand tu répondais à un commentaire...

Gilles 17/10/2008 09:14

Pfff, me souviens plus lequel de mes trois t-shirts "rigolos" tu as photographié en disant "pour ma collection". Peut-être "encore un pixel mort". De toute manière, ce n'est pas grave, tu le reverras sans doute à la fin du mois ;-). Pis tu dois pas avoir tant de photos de moi !!

Mélanie Fazi 17/10/2008 10:27


Oui, c'était le pixel mort, par contre je me demande si la photo n'est pas floue, je vais aller rechercher ça.
Et effectivement je n'ai pas tant de photos de toi, par contre je connais plusieurs Gilles et j'ai mis quelques instants à retrouver duquel il s'agissait. ;)


Gilles 16/10/2008 21:27

J'aime beaucoup BEAUCOUP Calexico dont je suis tombé amoureux quand je les ai découverts il y a "seulement" 4 ans, je crois... Je vais m'en remettre quelques-uns dans les oreilles sous peu, ton billet m'a donné envie (j'ai surtout été frustré de ne pas faire le lien entre les titres et les morceaux : quand j'écoute de la zique, je ne regarde pas le titre) (d'ailleurs je me suis dit : ce qui manque sur son blog, c'est de pouvoir écouter les morceaux dont elle cause) (et puis je vais m'apercevoir que j'aime les morceaux que tu aimes moins et lycée de Versailles ;-) )
Quant à compléter ton album photo T-shirts, c'est pas trop tôt, un an que j'attends de m'y voir !! ;-)
À bientôt,

Mélanie Fazi 16/10/2008 21:36


Hum... (Se gratte la tête d'un air embarrassé.) Quel T-shirt, déjà ? Il y en a que j'ai dû oublier en cours de route (ce que c'est que de faire plein de trucs en même temps, surtout cette
année).

Pour ce qui est d'intégrer les morceaux, je me disais pas plus tard que ce matin qu'il faudrait que j'aille voir comment fonctionne le lecteur exportable de Deezer, ça a l'air pratique. Si j'y
avais pensé plus tôt, j'aurais intégré Black heart à cette entrée. Sinon, y a déjà les vidéos de Fade et Minas de cobre sur l'entrée précédente dont je donne le lien.


Al' 16/10/2008 16:06

j'ai testé. Deux-trois trucs en plus, dont une coiffure assez improbable avec des couettes énormes. C'est cher aussi. Mais j'aime bien la tête de mon personnage telle qu'elle est. Cela dit, j'aime bien le principe. Mais ce que j'aurais vraiment aimé, c'est un moyen pour teindre ses vêtements.

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