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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 01:15

 

Le petit plaisir du week-end : découvrir par hasard un parc à deux minutes de chez moi, devant lequel j’étais passée plusieurs fois sans le remarquer, et trouver l’endroit onirique à souhait, comme une bulle de verdure larguée entre les rails et les immeubles. Peut-être simplement parce que la machine à fabriquer des images qui donnent naissance aux histoires fait mine de se réveiller depuis quelques jours. La faute aux rails qui traversent mon nouveau quartier à plusieurs endroits et qui travaillent pas mal mon imagination. Je croise les doigts pour qu’il en sorte quelque chose dans les semaines qui viennent : j’ai trop peu écrit en ce début d’année.

 








Toujours est-il que le premier coup de soleil de l’année aura été pris dans ce parc en relisant Les Hauts de Hurlevent. Heathcliff, me disait récemment une amie, est un des plus beaux méchants de toute la littérature. Je suis assez d’accord, même si je me surprends à éprouver plus de compassion pour le bonhomme que lors de ma première lecture. Je n’avais pas compris la première fois que Heathcliff ne se vengeait pas seulement parce qu’il n’a pas pu épouser Catherine. Il se venge aussi, voire surtout, de toutes les humiliations subies au fil des années, ce qui éclaire le roman différemment. La façon dont il transforme Hareton, le fils du frère de Catherine, en brute quasi animale, à l’image de l’adolescent qu’il a été, est glaçante ou poignante selon les passages. C’est un des aspects du roman que j’avais totalement oubliés, mais c’est celui qui m’a le plus frappée cette fois-ci, outre le côté extrême des personnages et des passions qui les animent, à l'image de la nature qui les entoure. Tout ça me donne des envies de me replonger dans l'histoire de la famille Brontë, histoire de mieux comprendre quel environnement a pu donner naissance à un roman comme celui-là. Et aussi de relire Jane Eyre, dans la foulée.

 

Une question subsiste : pourquoi la chanson de Kate Bush m’émeut-elle à ce point alors qu’elle adopte le point de vue du fantôme de Catherine – qui reste quand même l’un des personnages les plus insupportables du roman ?

 

À propos de Kate Bush, une autre chanson pour terminer le week-end. Parce qu’elle colle parfaitement à ce parc, ces rails, cette impression d’onirisme et aux images qui me tournent dans la tête depuis. Je ne peux pas vous expliquer, j’espère simplement qu’il en sortira quelques pages.


 

 

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Published by Mélanie Fazi - dans Photos
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commentaires

Eudes 08/06/2009 09:45

C'est ce qui est marrant, avec les rails. Parce que c'est plutôt moche, des rails, c'est comme les autoroutes, ça aurait tendance à vous gâcher un paysage. Mais ce que sont les voies ferrées n'a pas beaucoup d'importance, en définitive ; en tout cas, beaucoup moins d'importance que les destinations inconnues (et accessoirement embellies par les soleils et les épices de notre imagination) vers lesquelles elles semblent se rendre.
Voici une vingtaine d'années, quand j'étais encore à Lyon, je prenais le train tous les matins pour faire le pion dans une école crapoteuse. Là, assis du bout des fesses sur un banc de plastique glacé, je passais mes minutes d'attente à contempler la gerbe minérale des rails qui partaient se perdre dans toutes les directions (dans ma gare Perrache perso, c'était généralement la Bretagne, petite ou grande, la Norvège ou la Russie). Et je n'étais pas le seul à les regarder : souvent, seules parties visibles de leur anatomie dans la brume et la pénombre du petit matin, je voyais, accrochées à des barreaux que j'imaginais froids et crasseux, les deux mains d'un taulard de la prison Saint-Paul juste en face, sans doute abîmé lui aussi dans la contemplation de ces rails qui en rêve le ramenaient peut-être chez lui – ou au contraire aux antipodes.
Une taule construite juste à côté d'une gare : l'ici et le maintenant qui côtoient l'ailleurs et le demain. Les urbanistes du temps passé étaient de sacrés farceurs. Presque autant que ceux d'aujourd'hui.

Eudes 08/06/2009 09:45

C'est ce qui est marrant, avec les rails. Parce que c'est plutôt moche, des rails, c'est comme les autoroutes, ça aurait tendance à vous gâcher un paysage. Mais ce que sont les voies ferrées n'a pas beaucoup d'importance, en définitive ; en tout cas, beaucoup moins d'importance que les destinations inconnues (et accessoirement embellies par les soleils et les épices de notre imagination) vers lesquelles elles semblent se rendre.
Voici une vingtaine d'années, quand j'étais encore à Lyon, je prenais le train tous les matins pour faire le pion dans une école crapoteuse. Là, assis du bout des fesses sur un banc de plastique glacé, je passais mes minutes d'attente à contempler la gerbe minérale des rails qui partaient se perdre dans toutes les directions (dans ma gare Perrache perso, c'était généralement la Bretagne, petite ou grande, la Norvège ou la Russie). Et je n'étais pas le seul à les regarder : souvent, seules parties visibles de leur anatomie dans la brume et la pénombre du petit matin, je voyais, accrochées à des barreaux que j'imaginais froids et crasseux, les deux mains d'un taulard de la prison Saint-Paul juste en face, sans doute abîmé lui aussi dans la contemplation de ces rails qui en rêve le ramenaient peut-être chez lui – ou au contraire aux antipodes.
Une taule construite juste à côté d'une gare : l'ici et le maintenant qui côtoient l'ailleurs et le demain. Les urbanistes du temps passé étaient de sacrés farceurs. Presque autant que ceux d'aujourd'hui.

Erion 01/06/2009 14:44

J'ai lu les Hauts de Hurlevent en anglais il y a très longtemps, en rapport avec la chanson de Kate Bush, et j'ai jamais vraiment vu Heathcliff comme un méchant. Plutôt une sorte de Comte de Monte Cristo. Tes remarques m'ont totalement rappelé le roman quand je l'avais lu. En effet, il fait du gamin ce qu'on a fait de lui. La chanson de Kate Bush modifie totalement la perspective du roman, je trouve.

Mélanie Fazi 01/06/2009 15:16


Pas vraiment un "méchant" en effet, le personnage est plus complexe que ça, même s'il passe son temps à manipuler tout le monde. Quant à la chanson, je ne sais pas si elle modifie la perspective du
roman (notamment, elle conserve le côté égoïste et possessif de Catherine) mais ça ajoute une dimension vraiment intéressante à travers ce changement de point de vue.


rmd 01/06/2009 12:10

Profites-en pour (re)lire l'affaire jane eyre, de jasper fforde.

Mélanie Fazi 01/06/2009 12:14


Toujours pas lu, mais c'est sur ma liste depuis un bail. Ce serait marrant d'enchaîner les deux.


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