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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 16:47

 

Une forme de prolongation de l’entrée précédente... Vieillir, c’est peut-être aussi atteindre l’âge où l’on commence à perdre ses proches en comprenant non seulement ce qui se passe et ce que ça signifie pour nous, mais aussi ce que ça signifie pour les autres. En l’occurrence, apprendre le décès d’un oncle qui n’avait pas soixante ans, et qui faisait partie de cette branche de la famille qui a quitté l’Italie dans les années 50 pour s’installer en France.

 

Le décès des grands-parents, dans l’enfance, c’est autre chose : on est trop jeune pour vraiment comprendre, et on se construit parfois des mécanismes de défense difficiles à défaire ensuite (ceux qui ont lu « Fantômes d’épingles », dans Notre-Dame-aux-Ecailles, comprendront peut-être de quoi je parle). Sans compter qu’on perçoit toujours ses grands-parents comme étant âgés par défaut. Ç’avait été un choc de découvrir adulte que ma grand-mère paternelle était morte si jeune, à cinquante-neuf ans.

 

Je n’avais revu mon oncle que deux fois depuis l’annonce de sa maladie. Je ne l’avais pris en photo qu’une seule fois, en janvier de cette année, juste après la naissance de sa petite-fille, et je tiens beaucoup à cette photo. Je ne garde paradoxalement de ces moments-là que des souvenirs chaleureux : des discussions sur la cuisine (quoi de plus normal quand on réunit une famille italienne ?) ou encore sur Assassin’s Creed dont il était fan. J’ai pas mal médité récemment cette citation de Graham Joyce, tirée de Mémoires d’un maître faussaire : « When someone dies – someone you love – the world is a changed place. A distinctive light has gone out of the world. Nothing puts the world back as it was. » Je ne l’ai jamais trouvée aussi juste.

 

 

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Published by Mélanie Fazi
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Zoé 02/09/2011 08:57


Tout d'abord,sincèrement désolée pour votre oncle. C'est en voyant mon père prendre un sacré "coup de vieux" suite a une maladie que je me suis sentie franchir un cap. J'ai pris conscience qu'il
n'était pas le héros invincible que beaucoup de petites filles voient en leur père. Depuis, j'essaie de le ménager et de faire attention a lui. C'est en constatant son vieillissement que je deviens
plus adulte. Franchement, du mal a employer le mot "vieillir" en parlant de moi. Même en acquérant davantage de sagesse et de sérénité, accepter sa déliquescence a venir ne me parait pas aller de
soi. Y a-t-il vraiment des personnes que cela n'effraie pas?


Léo 31/08/2011 18:08


Perdre une personne laisse un vide absolu.
Je me suis toujours défendu de ces funestes pertes en passant de longs moments à me remémorer chaque souvenirs, quel-qu'ils soient, tristes, joyeux ou anodins.
Ils me permettent de combler se vide qui devient alors un parfait journal pour une vie passée.
Puis parmi toutes ces réminiscences, j'en choisi une particulièrement forte, un moment partager ou une chanson par exemple, qui me sert d'ancre pour toutes les autres.
Une sorte de corde qui me permet de descendre dans ce vide pour aller chercher ces souvenirs.

Et dès lors que la mélancolie me gagne vis à vis de cette personne, je repense à cette musique, cette discussion ou cet instant pour replonger dans nos souvenirs et la faire revivre l'espace dans
un instant dans mon imaginaire.


Je vis actuellement la disparition futur d'un de mes amis à qui le ne reste que quelques mois ou années à vivre. Qui s'éloigne de plus en plus de moi et qui s'auto-détruit lentement comme pour
faire un dernier affront à sa maladie.
Dès lors je garde tout mes souvenirs de côté en prévision d'un vide bien rempli.

Finalement, je crois qu'on ne perd tout à fait quelqu'un que lorsqu'on l'a totalement oublier...


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