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Musique

Mardi 19 mai 2009

Deux jours plus tard, résultat des courses : 24 minutes d’interview avec John Parish, que je viens de récupérer et que je dois trouver un moment pour traduire. J’ai un sourire jusqu’aux oreilles en la revoyant. C’est tout simplement un des types les plus adorables du monde, aussi accueillant et chaleureux qu’il est discret sur scène. J’ai autant d’admiration pour le musicien que de sympathie pour le personnage. Lundi matin, on se retrouve à 11h avec Renaud dans le hall de l’hôtel où loge le groupe, on rejoint tranquillement un café que John nous suggère pour l’interview. La matinée est ensoleillée, John porte un des T-shirts promo de la tournée, on bavarde en route. Je suis en contact avec lui depuis maintenant un peu moins de dix ans, depuis la création du site amateur Louse Point qui lui est consacré et que j’avais démarré avec deux correspondants, l’un belge et l’autre suédois. Je l’ai croisé un certains nombre de fois, mais les occasions de discuter tranquillement ne sont pas si fréquentes – John est quelqu’un d’extrêmement accessible après les concerts, mais il est du coup toujours très entouré. J’adore quand une interview ou une session permet ce genre de moments tout simples où on n’est plus dans un rapport de fan et d’artiste. Je ne sais pas trop quand je vais trouver le temps de traduire l’interview, mais j’essaie de faire ça vite.




 


Dans la foulée, Renaud a filmé à l’hôtel une session Cargo avec Tom Brosseau, qui assurait la première partie de PJ Harvey et John Parish sur les trois dates que j’ai vues. Je connaissais son album Cavalier, justement produit par John, et j’aimais assez sa folk mélancolique et délicate. Du coup, je suis restée assister à la session et prendre les photos. Comme le bonhomme est charmeur et gentiment cabotin, c’était assez amusant.





 

Je ne sais pas si le concert de lundi soir était, comme il m’a semblé, un cran en dessous des précédents, ou si j’étais juste trop crevée pour l’apprécier, ayant trié mes photos jusqu’à pas d’heure la veille. Ce que je retiendrai surtout de cette date, c’est le fait de m’être retrouvée pile face à la batterie et d’avoir pu apprécier mieux que les fois précédentes le jeu de batterie fascinant et la gestuelle toute en grâce de Jean-Marc Butty (un de mes batteurs préférés, comme j’ai déjà dû le dire ici). L'un des moments qui m'ont le plus touchée était, encore une fois, l’enchaînement de Urn with dead flowers in a drained pool et de Civil war correspondent (je vous joins une vidéo du concert de la veille). J’ai dû voir jouer Civil war correspondent quelque chose comme sept fois en live depuis 1998 et le résultat a toujours été d’une égale intensité : jamais d’accroc, jamais de baisse de forme, rien qu’un morceau qui touchait à la perfection. Et tant qu’à faire, je vous ajoute Taut, autre extrait de Dance Hall at Louse Point. J’ai vu assez souvent ce morceau en live pour être un peu blasée, mais il produit toujours son petit effet. L’une des photos de l’entrée précédente a été prise pendant ce morceau. Accessoirement, je me suis aperçue au premier rang sur une autre vidéo du même concert. Je ne m’étais pas rendu compte que j’avais eu un mouvement de recul quand PJ Harvey était passée pile devant moi pendant que je prenais mes photos. C’est qu’elle impressionne dans ces moments-là.

 





Par Mélanie Fazi
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Vendredi 24 avril 2009


 



Ça se confirme décidément à chacun de ses passages en France, mais je n’ai jamais vu d’artistes qui aient autant la poisse qu’Eleni Mandell. Ça en devient intrigant. Comment expliquer autrement le fait qu’elle ait joué hier aux « Femmes s’en mêlent », en tête d’affiche, devant une salle quasiment vide alors que ladite salle était comble pendant le set de Those Dancing Days, dont le public n’a même pas eu la curiosité de rester voir quelques minutes à quoi ressemblait le dernier set de la soirée. J’ai échangé un regard dégoûté avec une amie qui est aussi fan que moi d’Eleni Mandell et avec qui on a souvent parlé de ce manque de bol persistant – l’air de dire « C’est pas vrai, ça recommence. »

 

Je me suis déjà étendue sur le sujet ici et ailleurs, mais il y a un malentendu persistant et assez inexplicable : il ne fait absolument aucun doute qu’il existe un public et un marché pour sa musique en France, mais la rencontre ne se fait pas. Il y a eu un buzz naissant après son passage renversant aux « Femmes s’en mêlent » en 2003, le concert où je l’ai justement découverte, mais ça n’est pas allé plus loin. A chaque concert, de nouveaux convertis se précipitent (comme je l’avais fait en 2003) au stand marchandises pour acheter ses albums en se promettant de la suivre de près. Mais une année après l’autre, elle n’assure que des premières parties ou joue dans des salles vides. Pour la voir se produire dans de bonnes conditions et devant un public connaisseur et attentif, il avait fallu que j’aille à Bruxelles en 2007. Mais ici, rien à faire. Quand je pense qu’il s’agit de la même personne dont les morceaux retiennent systématiquement l’attention quand je fais écouter à des amis des compils d’artistes variés (on me demande quasiment toujours de qui il s’agit), ça me laisse songeuse. Pauline ou Snake Song sont des tubes, mais connus à peine d’une poignée d’initiés.

 

Et Pauline, hier soir, ça déchirait toujours autant. Le concert avait pourtant mal commencé. La faute à un son épouvantable qui noyait la voix dans une bouillie sonore. Ce qui fait tiquer dans la mesure où c’est la voix d’Eleni, avant toute chose, qui retient l’attention sur scène. Mais je sais, d’expérience, qu’avec elle c’est toujours quitte ou double. Une fois sur deux, c’est en dents de scie – début hésitant, final superbe. Et une fois sur deux, on ramasse sa mâchoire et on se prend en pleine figure un spectacle d’une intensité constante de bout en bout, le genre de concert dont on se souvient longtemps. Hier, c’était la première option. Sur un morceau comme Artificial Fire, j’ai eu l’impression d’un vrai gâchis, dans la mesure où les gens qui l’entendaient pour la première fois, à cause de ce son approximatif, ont dû passer totalement à côté de la mélodie entêtante qui fait tout le sel du morceau (cette même mélodie qui m’avait tellement scotchée quand je l’avais découverte en live, en solo acoustique, dans la même salle un an plus tôt). Mais dès le premier morceau en demi-teinte, Dreamboat, l’ambiance s’est enfin installée et le reste du concert a été très beau. J’ai toujours une nette préférence pour les morceaux où les arrangements restent en retrait derrière la voix – voire ceux qu’elle joue en solo, comme Home qui me file toujours la chair de poule. Tout ce qu’on peut faire de plus poignant en matière de country mélancolique est contenu dans ce morceau.

 

J’ai l’impression de tenir les mêmes propos chaque fois qu’Eleni Mandell sort un album ou se produit en France. Ça fait maintenant six ans que l’énigme de sa non-rencontre avec le public français me sidère. Si ce n’est pas de la poisse caractérisée, je ne sais pas comment qualifier le phénomène. Je n’imagine même pas à quel point elle doit trouver ça usant, une année après l’autre, de devior toujours faire ses preuves. Et depuis tout ce temps, le public français ne sait pas à côté de quelles merveilles il passe.

 

Tentative d’illustration par cette version live de Nickel-Plated Man dont on a entendu une version magnifique hier soir. Ça ne vous dira pas à quel point l’instant était beau – aucune vidéo ne rend justice à l'intensité de ses concerts. Mais ça vous donnera peut-être une petite idée.


 



 
Par Mélanie Fazi
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Mardi 31 mars 2009

 

J’avais envie depuis quelques jours de poster une entrée détaillée pour parler livres et musique, mais je repoussais pour cause de flemme et d’une vague angine combinées (la seconde n’étant sans doute pas étrangère à la première). J’allais me contenter des sons et des images, et puis une fois lancée, comme d’hab, l’entrée s’est rédigée toute seule.

 

Côté bouquins, je m’interroge sur le phénomène qui pousse à recommencer les achats pile au moment où j’entreprends de remplir les cartons. Ça a un petit côté Sisyphe, quand on y pense. Je viens de me plonger simultanément dans Les filles mortes se ramassent au scalpel de Gudule (qui se dévore toujours aussi vite, même dans les périodes où je ne suis pas trop branchée lecture) et Le Déchronologue de Stéphane Beauverger que je commence à peine et dont tout le monde me dit le plus grand bien. J’en profite pour signaler que Stéphane Beauverger répond aux questions des internautes sur ActuSF jusqu’à vendredi. Un troisième bouquin me fait de l’œil depuis ma table et je résiste vaillamment à la tentation de me jeter dessus. Ça fait des années que je me promettais de relire Carson McCullers ; je viens d’acheter Le Cœur est un chasseur solitaire en VO. J’avais lu ce roman en français vers 18/20 ans et il m’avait fait très forte impression. Surtout pour son ambiance et ses personnages : je me rappelle des scènes davantage que des intrigues. J’étais toute surexcitée rien qu’en relisant la première phrase (« In the town there were two mutes, and they were always together. ») J’ai envie de redécouvrir, avec le recul et un regard d’adulte, le personnage de l’adolescente Mick Kelly qui m’avait tellement marquée à l’époque, et dans lequel j’ai toujours supposé que l’auteur se reconnaissait pas mal. Un personnage moins dérangeant, dans mon souvenir, que Frankie Addams dans The Member of the wedding, autre lecture marquante du même auteur – un des romans les plus justes que j’aie lus sur l’adolescence, qui a le courage de mettre en scène une ado un peu antipathique qu’on finit par prendre en grippe tellement on s’y reconnaît. On éprouve pour Frankie autant d’empathie que d’agacement, ce qui est un exercice littéraire assez balèze (ce qui me rappelle que j’avais relu le roman avant d’écrire Trois pépins du fruit des morts où il est question d’une ado pas moins paumée et pas tellement plus sympathique). Je me demande combien de temps je vais encore résister avant d’ouvrir Le Cœur est un chasseur solitaire. J’espère ne pas être déçue à la relecture.

 

Côté musique, l’un des albums que j’ai le plus attendus ces dernières années est enfin sorti. Depuis hier, cette chanson tourne en boucle chez moi tandis que je fais des bonds partout en essayant de ne pas trébucher sur les cartons. Je vous préviens, c’est… un peu spécial.

 

 

 

Première réaction en découvrant ce morceau hier, un mélange de « C’est quoi ce truc ? » et « Oh mon Dieu, ils ont fait du Captain Beefheart ! ». Que PJ Harvey et John Parish soient fans de Captain Beefheart, ce n’est pas nouveau – d’ailleurs les paroles de l’album To bring you my love de PJ Harvey sont bourrées de références et de clins d’œil (dès la phrase d’ouverture, « I was born in the desert », empruntée à Sure ’nuff ’n yes I do). Mais entendre Polly Harvey chanter avec le phrasé de Don Van Vliet, je ne l’avais pas vu venir et ça surprend. Avec le recul, je ne trouverai peut-être pas la ressemblance si flagrante, mais j’ai pensé à tout un tas de chansons de Captain Beefheart en l’écoutant, celle-ci notamment :

 

 

 

 

Trop tôt pour parler de cet album, évidemment. Les premiers extraits m’avaient fait attendre un album plutôt en demi-teinte, mais je le trouve en fin de compte assez énergisant. Et sacrément barré : les gens qui trouvaient leur album Dance hall at louse point expérimental ne vont pas être déçus du voyage. Mention spéciale à la chanson postée ci-dessus, que je trouve vraiment excellente. Quand on en arrive à la partie instrumentale (100% John Parish, donc), je suis limite en transe. Mais je leur tire mon chapeau sur deux points en particulier : ils ont réussi à ne pas répéter ce qu’ils avaient fait sur Dance hall at louse point en 1996 – et plus difficile encore, ils ont réussi à me surprendre. Sachant à quel point j’ai écouté et épuisé le répertoire des deux zouaves depuis une douzaine d’années, ce n’était pas gagné.

(NB : Pour ceux qui voudraient en savoir un peu plus sur John Parish, je lui avais consacré un zoom sur le Cargo il y a quelques temps.)
 

 



Et j’ai enfin réussi à boucler ma chronique d’Artificial fire d’Eleni Mandell pour le Cargo. Pas totalement convaincue par le résultat : j’ai un peu la tête ailleurs, et pas encore assez écouté l’album pour vraiment le cerner. Mais je voulais lui donner un coup de projecteur, et si possible avant le concert du 25 avril dans le cadre des « Femmes s’en mêlent ». Je vous laisse avec un extrait de l’album. Je ne suis pas très fan du clip, qui a un côté poseur qui ne ressemble pas du tout à Eleni telle qu’on peut la voir sur scène, où elle est au contraire d’une sincérité absolue. A ma grande frustration, c'est extrêmement difficile de trouver de bonnes vidéos d'Eleni Mandell sur le Net (et je ne parle même pas d'essayer de trouver ses chansons sur Deezer ou autres); Pas évident pour partager mon enthousiasme pour ses albums et surtout ses apparitions scéniques : elle fait partie de ces artistes que je ne manque sous aucun prétexte, tellement certains de ses concerts m'ont marquée. Mais ça vous donnera déjà une petite idée.


 

 



PS : Et à part ça, je suis contente, j'ai fait du featuring sauvage sur le blog de Régis
Par Mélanie Fazi
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Lundi 9 mars 2009

Alors c’est vrai qu’Oren Bloedow et Jennifer Charles n’étaient pas au mieux de leur forme, ils étaient tous les deux crevés et/ou malades et ça se ressentait pas mal. Plusieurs fans qui les ont souvent vus sur scène étaient un peu déçus. Mais quand même, je n’ai jamais vu de concert d’Elysian Fields qui ne réserve pas au moins quelques moment superbes. Comme je m’y attendais, les morceaux du dernier album The Afterlife passent beaucoup mieux en live que sur disque. L’album n’est pas mauvais, loin de là, mais le précédent (Bum raps and love taps, peut-être mon préféré) avait amorcé un tournant assez radical et cet album-ci, beaucoup plus sage, me fait l’effet d’un pas en arrière. Ce n’est peut-être pas un hasard si les meilleurs moments du concert, à l’exception d’un très beau duo entre Oren et Jennifer (Ashes in winter light) et d’un inédit chanté par Oren, étaient des morceaux plus anciens. Cities will fall et Tides of the moon, toujours envoûtants sur scène, le génial Lame lady of the highways, morceau le plus bizarre et inquiétant de Bum raps and love taps (souvent qualifié de "lynchien" d’ailleurs). Et puis au rappel, cette petite chanson baptisée We’re in love qui clôt Bum raps and love taps en douceur, l’air de rien, mais qui me prend aux tripes depuis la première fois que je l’ai entendue en live. Je ne suis pas sûre de bien comprendre le texte mais ça remue pas mal de choses. Interprété en duo, avec simplement la voix de Jennifer et la guitare d’Oren, c’est mélancolique et intimiste à souhait. Jennifer avait l’air émue en chantant ce morceau, je ne l’étais pas moins.

 










Côté photos, je ne m’explique pas bien pourquoi j’ai davantage galéré que lorsque je les avais photographiés en 2006 avec mon vieux Powershot A80. Question d’éclairage peut-être ? Entre les contre-jours et les angles peu flatteurs, j’ai eu du mal à obtenir des photos dont je sois satisfaite. J’étais trop loin d’Oren, trop près de Jennifer. À une exception près, un portrait d’Oren assez net mais très classique, toutes mes photos couleur sont fades ou ratées – je suis passée assez vite au sépia pour essayer de rattraper le coup et je trouve que ça ne colle pas plus mal. Pour la mise en ligne sur le Cargo, je devrais partager une page avec Micky, qui aura un résultat très différent : pas le même angle, pas le même matos, pas le même regard, pas la même expérience (ou absence d’icelle en ce qui me concerne). J’aime beaucoup celle-ci notamment.


 

 




Prochain concert fin avril, pour voir Eleni Mandell aux "Femmes s’en mêlent", le festival où j’étais devenue instantanément fan en la découvrant lors de l’édition 2003. Il faut dire qu’elle avait très largement volé la vedette à Lisa Germano qui passait juste après et pour qui j’avais acheté ma place. Je parlerai peut-être ici de son très chouette album Artificial fire, mais je me laisse le temps de finir de le découvrir.

 

À propos de tout autre chose : relu et corrigé ce matin les épreuves de "Dragon caché". C’est souvent très agréable de relire un texte qu’on a laissé reposer plusieurs mois, surtout quand on le voit dans sa mise en page définitive. Lors de ma relecture précédente, j’avais tiqué sur un aspect de la fin (moins le contenu que l’écriture). Ce matin, j’ai trouvé que ça passait tout seul. Le texte n’est pas sans défauts, mais je suis attachée à son ambiance, à ses personnages et j’ai vraiment pris plaisir à le relire tout à l’heure. J’ai hâte de le voir sortir. Je me demande comment il sera reçu.

 

Et sinon, note à mon moi de la semaine dernière qui écrivait qu’il faisait un temps à ranger pulls et manteaux : il fait surtout un temps à attraper la crève chaque fois qu’on sort en jupe. J’ai testé deux fois cette semaine. Vivement le vrai printemps.

 

 

Par Mélanie Fazi
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Dimanche 8 mars 2009

Dimanche matin, réveil tardif pour cause de lendemain de soirée arrosée et non moins tardive, je viens de casser mon mug à café préféré et je me dis que ça fera un prétexte pour en racheter un voire plusieurs (j’ai des envies de renouveler toute ma vaisselle et tout mon linge de maison ces temps-ci), je suis censée faire un grand ménage de printemps et j’ai la flemme, mais tout baigne : ce soir, je vais voir Elysian Fields. J’ai vu des concerts plus ou moins bons mais ils ne m’ont encore jamais déçue. Cela dit, on me souffle dans l'oreillette que leur concert d'hier à Bruxelles n'était pas top, mais j'attends de voir.

 



 

Douze ans que j’ai découvert Elysian Fields en écoutant l’émission de Bernard Lenoir sur France Inter. Douze ans aussi que j’ai commencé à les voir sur scène – mon tout premier concert, c’était une double affiche Eels/Elysian Fields à l’Aéronef de Lille. Avec PJ Harvey et Calexico, ils font partie des groupes que j’ai vus le plus souvent sur scène (y compris une fois sous le nom de La Mar Enfortuna, leur projet de reprises de musique traditionnelle séfarade). En douze ans, je les ai vus passer du statut de groupe de première partie qui laissait le public indifférent à celui de petit groupe culte qui arrive à remplir la Maroquinerie. Je les ai interviewés une fois pour un webzine, en 1999, dans un hôtel de la rue des Ecoles. Je les ai vus sortir un premier album sublime en 1997 (Bleed your cedar), galérer avec le deuxième resté inédit, sortir deux autres albums nettement plus inégaux puis une merveille absolue en 2005 (Bum raps and love taps). Je ne suis pas convaincue par le dernier, The Afterlife, que je trouve un peu lisse par rapport à la claque qu’avait été le précédent. Mais sur scène, les chansons passeront sans doute autrement. C’est toujours très beau, un concert d’Elysian Fields. Il y a la richesse des arrangements, entre jazz, rock et blues, l’exubérance d’Oren Bloedow à la guitare, le charisme très "femme fatale" de Jennifer Charles et sa voix envoûtante. Vivement ce soir.


 



Dernières nouvelles en vrac : offre de prêt reçue, préavis donné pour mon appart actuel, j’attends toujours confirmation de la date exacte de la signature mais il est probable que je déménage fin avril. Je commence à cogiter sévère sur l’organisation des travaux de peinture, l’achat des premiers meubles et le déménagement. Juste après avoir terminé ma dernière nouvelle qui est en cours de beta lecture, je viens de recevoir les épreuves de la précédente, "Dragon caché", à paraître le mois prochain dans l’antho de Calmann-Levy sur les dragons. Le Salon du Livre approche, j’y serai dimanche matin et mardi soir, sans parler de l’inauguration (vous savez, le truc où on va boire du champagne avec les potes et les collègues sur les stands des uns et des autres ?). Et des fois, faudrait que j’essaie de bosser, aussi.

 

Ah oui, et le premier single de PJ Harvey et John Parish, en écoute ici, est terrible.


 

Par Mélanie Fazi
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Lundi 16 février 2009
Une entrée rapide pour ne pas prendre trop de retard dans mon planning de boulot du jour. La session Cargo tournée avec Amanda Palmer il y a une dizaine de jours vient d'être mise en ligne. Il y a deux vidéos à la tonalité extrêmement différente. Une reprise à l'ukulélé de In between days de Cure, version énergique, et une du Fake plastic trees de Radiohead, version nettement plus calme. J'ai un gros faible pour cette deuxième vidéo (au début de laquelle je fais d'ailleurs brièvement ce que d'aucuns, au Cargo, baptisent du "featuring sauvage"). J'adore la façon dont Renaud l'a filmée en très gros plan. J'étais à deux mètres de là, en train d'essayer de prendre mes photos, et je ne me suis pas rendu compte du dialogue qui s'est établi entre eux deux pendant ce morceau : les gros plans, les regards francs dirigés vers la caméra. J'étais déjà particulièrement contente d'avoir réussi à obtenir cette session, mais je suis vraiment ravie du rendu de l'ensemble.

J'ai aussi posté mes photos ici. Voici la vidéo de Fake plastic trees, l'autre étant disponible ici.




Il y a eu pas mal de chouettes trucs parmi les récentes sessions Cargo d'ailleurs, j'ai bien aimé notamment celles de Mansfield TYA, Marie-Flore, Essie Jain et Declan de Barra pour n'en citer que quelques-unes.  Tout ça commence à former une jolie collection. Et parmi les sessions annoncées mais pas encore tournées, il y en a une que je trouve particulièrement alléchante, je croise les doigts pour que ça se fasse. On sera bientôt fixés.

La prochaine fois que je parlerai musique et assimilés, ça risque d'être au sujet du carnaval de Dunkerque que je vais voir en famille dimanche prochain. C'est un autre genre, on va dire. Reste à définir lequel.
Par Mélanie Fazi
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Dimanche 8 février 2009
Addendum aux deux entrées précédentes. Je ne sais pas combien de temps ça va rester, vu que l'avatar de cette page MySpace change assez régulièrement, mais vous voyez la photo qui figure actuellement comme avatar ici ?

http://www.myspace.com/whokilledamandapalmer

C'est une autre des photos posées que j'ai prises vendredi après-midi sur le balcon du Divan du Monde, juste après la session Cargo. En plus grand, elle ressemble à ça :





Comme après le concert précédent, j'avais envoyé des photos à l'adresse de la personne qui centralise les photos pour Amanda. Je ne m'attendais absolument pas à être recontactée dans la journée. Evidemment, je suis toute contente. Voir une photo utilisée sur le site de l'artiste ou du groupe concerné, ça fait forcément plaisir, et dans ce cas particulier, ça me touche d'autant plus. J'ai un peu de mal à l'expliquer précisément, mais ça me donne l'impression de fabriquer une image qui va un tout petit peu plus loin que le simple fait de capturer un moment. Moi qui suis incapable de donner des consignes quand je fais des photos posées, ça me fait sourire. C'est elle qui a tout fait, je n'ai eu qu'à la suivre en cherchant le bon angle et le bon réglage.

(Edit : l'avatar a été changé depuis, mais la photo reste présente dans l'album MySpace.)

Il s'est passé autre chose autour de mes photos de vendredi qui m'a fait très plaisir. Vous vous rappelez la photo de la fille au masque ensanglantée qui faisait partie de ce groupe de fans déguisés qui chantaient devant la salle ? En la postant sur Flickr, j'espérais que la photo atteindrait cette fille ou ce petit groupe, un peu comme une bouteille lancée à la mer. Ils l'ont trouvée beaucoup plus vite que je ne le croyais. Je suis assez impressionnée par l'aspect communautaire de Flickr et les rencontres et dialogues qu'il permet. Notamment le phénomène qui se produit autour de plusieurs groupes ou artistes (c'est autour d'Amanda Palmer et de My Brightest Diamond que je l'ai constaté le plus nettement) : il existe une petite communauté de photographes de concert, amateurs ou pro, qui suivent à travers les photos des autres la tournée d'artistes qu'ils ont eux-mêmes photographiés. Comme s'ils se passaient le relais, chacun son tour. On se retrouve à avoir des échanges très forts par moments. Comme avec ce photographe des Pays-Bas qui fait partie de mes contacts et à qui j'avais écrit en substance, après avoir vu ses photos d'Amanda Palmer en octobre et lu les commentaires qui les accompagnaient : "On a vécu exactement le même concert, et de la même façon".

Je suis de plus en plus curieuse de voir la session qui va avec les photos, maintenant. D'après ce qu'en dit Renaud qui a revu les images depuis, ça a l'air très fort.
Par Mélanie Fazi
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Samedi 7 février 2009
5h du mat, finalement, mais je ne regrette pas. J'aurai d'autres photos à trier et retoucher plus tard. Notamment des photos posées, même si ma préférée est celle que j'ai postée hier. Je suis un peu frustrée de devoir attendre pour voir la vidéo de la session : je n'ai qu'un bout de vidéo pourrie prise avec mon appareil photo pendant que Renaud filmait Amanda, et déjà, il s'y passe un truc fort. En attendant, mes photos sont sur le Cargo (ici même).
















Par Mélanie Fazi
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Samedi 7 février 2009

 

La photo du jour, en attendant que je trie le reste :



 

 

 

Je vais en avoir jusqu’à 3 ou 4h du matin, comme la fois précédente, mais pas grave. On l’a obtenue, notre session acoustique avec Amanda Palmer. Dans des conditions légèrement chaotiques, suite à quelques imprévus qui ont bousculé le planning prévu au départ. Mais rien de bien méchant, on a juste dû faire un peu plus vite que prévu. Deux reprises jouées à l'ukulélé, qu'on a filmées à l’intérieur du Divan du Monde. Plus deux minutes pour faire quelques photos posées, la session m’ayant donné du mal à ce niveau (soit Amanda était en mouvement et les photos étaient floues, soit j’étais mal placée par rapport à la caméra). Elle s’y est prêtée de bonne grâce. Comme le faisait remarquer Renaud, qui filmait la session : c’est une cabotine de première, on sent qu’elle a l’habitude d’être devant un objectif ou une caméra et qu’elle adore ça. Elle a pris des poses pas possibles avec son ukulélé, j’ai un peu galéré avec les réglages mais je suis très contente de certaines photos. J'aime particulièrement celle-ci.

 

Pas mal d’images se bousculent à part ça. Un moment m’a touchée en particulier, sans que je comprenne pourquoi c’est celui-là que je retiens de la journée. J’avais donné à Amanda un DVD de l’interview vidéo d’octobre, plus quelques photos du premier concert que j’avais imprimées. J’avais précisé qu’une des photos était destinée à Tora, l’un des membres du Danger Ensemble, le quatuor d’acteurs australiens qui l’accompagne sur scène. Avant de quitter la salle, j’aperçois justement Tora dans les coulisses dont la porte est grande ouverte. Je demande timidement l’autorisation d’entrer, je l’y trouve avec Mark, un autre membre du quatuor, et la nouvelle recrue Aideen, une brunette souriante dont le regard pétille en permanence. Après avoir parlé de cette photo à Tora, je n’ai pas pu m’empêcher de leur dire à quel point leur performance d’octobre m’avait soufflée, en précisant qu’ils avaient bien failli me faire pleurer pendant Strength through music où ils mimaient une scène en référence au massacre de Columbine. A suivi un dialogue très bref mais chaleureux, où même Aideen a accueilli le compliment par un grand sourire, alors qu’il ne la concernait pas directement puisqu’elle ne participait pas à ce concert-là. Ça fait trois mois que j’y repense, aux numéros du Danger Ensemble. J’ai constaté, en parlant avec des fans que je retrouvais d’un concert à l’autre, que je n’étais pas la seule. Comme me l’a fait remarquer quelqu’un d’autre : ça ne sert pas à grand-chose d’essayer d’expliquer ce que fait le Danger Ensemble aux gens qui n’ont pas vu ces concerts, mais ceux qui les ont vus en parlent comme s’ils faisaient partie de la « famille », en quelque sorte. Alors je suis contente d’avoir pu leur dire à quel point leur numéro m’avait touchée, même en des termes très banals. Détail intéressant : quand Amanda a annoncé une tournée future des Dresden Dolls qui passera sans doute par Paris, je me suis réjouie comme tout le public, mais j’ai éprouvé une bouffée de déception à l’idée de la revoir sans les quatre Australiens. Pour moi, ils sont indissociables du spectacle.

 

Le concert était un cran en dessous de celui d’octobre en matière d’intensité, mais il faut dire que ce premier concert était tout simplement exceptionnel. Ils avaient eu la bonne idée de revoir tout le spectacle : ils n’ont rejoué presque aucun numéro de la première fois. Sauf Coin-operated boy, mais en inversant les rôles : c’étaient les filles qui descendaient dans la foule et les garçons qui les regardaient s’éloigner d’un air désespéré. Un morceau m’a particulièrement marquée : Slide, une chanson du premier album des Dresden Dolls. Tora y traversait la scène déguisée en petite fille terrifiée qui se réfugiait parmi la foule. Puis entrait Mark, l’expression sinistre, carnassière, rappelant les « Gentlemen » de Hush, l’épisode muet de Buffy. Atteignant le premier rang, pile sur ma gauche en fait, il a lentement écarté les mains d’un air menaçant – et la foule s’est immédiatement scindée pour le laisser passer. Je suis frustrée par contre de ne pas avoir vu la scène qu’ils ont jouée en plein cœur du public pendant une splendide version de Have to drive. Ça avait l’air superbe mais je n’ai fait qu’entrevoir des gestes et des visages. Pour le reste, c’était plus proche du véritable concert solo que du numéro de cirque que je me rappelais de la fois précédente. Plus intimiste, plus poignant par moments – je pense notamment à une nouvelle chanson écrite apparemment juste après une rupture et que j’ai trouvé captivante. Et puis j’étais ravie d’entendre des morceaux auxquels on avait échappé la fois d’avant : Oasis, Runs in the family, le Backstabber des Dresden Dolls.

 

Autre joli souvenir, ce groupe de fans venus entre autres de Grande-Bretagne et d’Italie, portant des déguisements et des masques incroyables, qui jouaient le répertoire d’Amanda et des Dresden Dolls à l’ukulélé, parfois repris par le reste du public qui attendait. Je n’ai réussi à prendre qu’une photo, un peu à l’arrache. Comme me le faisait remarquer quelqu’un d’autre : il fallait forcément que ce soient des fans étrangers qui fassent ça, on n’est pas assez créatifs en la matière en France. Pas faux.



 

Et je retourne à mes photos. J’en posterai sans doute plus tard.

 

 

 

Par Mélanie Fazi
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Mercredi 4 février 2009
Je sais : quand je suis fan, je deviens monomaniaque. Mais cette vidéo tourne en boucle chez moi depuis lundi et me fait attendre le concert de vendredi encore plus impatiemment. Je connaissais cette reprise d'Amsterdam de Brel par Amanda Palmer, je l'avais même entendue sur scène en octobre. Mais cette vidéo est tout simplement à tomber par terre. Le décor des rues de Pigalle, la mise en scène, l'énergie qui se dégage de l'interprétation, même la présence quasi subliminale en arrière-plan des quatre membres du Danger Ensemble (les acteurs australiens qui l'accompagnent sur scène). La Blogothèque a tourné deux vidéos (l'autre étant visible sur cette page), quelques heures après l'interview que j'avais faite en octobre. On y retrouve le côté "troupe de cirque" qui m'avait tellement impressionnée au concert de la Boule noire, une ambiance joyeusement bordélique et incroyablement créative. J'adore, tout simplement. Mais vous le saviez déjà.



Amanda Palmer - Amsterdam (A Take Away Show) from La Blogotheque on Vimeo.
Par Mélanie Fazi
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Profil

  • : Mélanie Fazi
  • reves-de-cendre
  • : Femme
  • : 29/11/1976
  • : Paris
  • : Dunkerquoise de naissance, Parisienne d'adoption, traductrice de métier, auteur de nouvelles et romans fantastiques et grande fan de musique devant l'éternel.

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