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Photos

Lundi 19 octobre 2009
Et pour quelques images de plus : le marché de Camden, toujours, Covent Garden, le bestiaire de Hyde Park, un dîner dans un pub et un nouvel autoportrait en chambre d'hôtel (le premier depuis longtemps).

Photos triées et traitées en écoutant l'album We hear voices de Fitzcarraldo Sessions, nouveau (et excellent) projet d'anciens membres de Jack the Ripper qui se sont entourés de pas mal d'invités de marque : Moriarty, Dominique A, Syd Matters, Phoebe Killdeer, Stuart Staples des Tindersticks ou encore Joey Burns de Calexico. L'album est à la hauteur du casting : la grande classe. (Voir aussi la présentation de Vinciane sur le Cargo.)

















Par Mélanie Fazi
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Vendredi 16 octobre 2009

 

Londres, octobre 2009. Où l’on découvre que partager son appartement avec un chat change votre rapport aux animaux. Je m’étais déjà aperçue que j’avais désormais une conscience différente de la présence des autres chats quand je les croise, comme si je reconnaissais quelque chose de diffus qui m’est désormais familier. Mais je ne m’attendais pas à retrouver des attitudes que j’associe à Savannah chez les écureuils de Hyde Park ou les cygnes et canards de la Serpentine. Lesdits écureuils se sont prêtés au jeu des photos avec une remarquable absence de timidité : j’ai rarement vu de bestioles aussi peu farouches.

 

(Et moi, je devrais m’absenter plus souvent : depuis hier soir, notre-dame-aux-écailles-de-tortue ne décolle plus de mes genoux, où elle ronronne en boucle depuis une bonne demi-heure alors que j’écris ces lignes.)

 






C’était en quelque sorte ma première vraie visite de Londres. Mon premier séjour touristique de quatre jours en solitaire, aussi. Je m’étais promis de me remettre à la photo pour l’occasion. Et j’étais étonnée de retrouver la ville aussi familière, aussi peu intimidante. Première fois sans doute que je n’étais pas gênée par mon statut de touriste ni par mon accent – ce qui doit expliquer que je me sois sentie aussi à l’aise avec la langue anglaise pendant ces quatre jours (quoique les échanges aient été réduits au minimum). La ville est plus belle, plus paisible et plus aérée que dans mon souvenir. La bouffée d’air frais que représente la traversée de Hyde Park le long de la Serpentine n’a pas son équivalent à Paris.

 

Autre grand moment, le deuxième jour : la découverte de Camden. On m’en avait beaucoup parlé mais je ne savais pas à quoi m’attendre. Pas à ça, en tout cas. Ça commence comme une visite des puces de Clignancourt en plus aéré et coloré, et puis un peu plus loin, on bascule dans tout autre chose. Des enseignes multicolores en relief, des boutiques un peu plus originales, des échoppes de nourriture asiatique, une cour tranquille bordée de boutiques, de pubs et de cafés, au centre de laquelle des stands proposent de la nourriture mexicaine, éthiopienne ou polonaise. Sous le soleil, l’endroit avait un je ne sais quoi d’exotique et d’épicé qui me rappelait La Nouvelle-Orléans. J’ai réussi de justesse à ne pas claquer tout mon fric – les tentations étaient nombreuses. Bilan des courses à Camden : un manteau violet lacé dans le dos, plus long derrière que devant, avec plein de boutons (pas sûre qu’il soit de très bonne qualité vu le prix et la matière, mais j’ai craqué) ; une écharpe un peu habillée à porter avec des robes ; une tenue de lutin (pantalon noir et ample, haut noir et vert à capuche pointue) ; et deux ou trois autres bricoles. J’y suis revenue le dernier jour pour une dernière balade, histoire de m’imprégner encore un peu de cette ambiance particulière.

 









Troisième jour, un peu mal réveillée, le moral au diapason du ciel redevenu gris, je décide de me balader au bord de la Tamise, au départ de Charing Cross. Je marche sans but en écoutant Bowie et PJ Harvey, un peu ailleurs, sans arriver à opter pour une destination précise. Le moment, finalement, a un charme flou, un peu onirique, surtout quand la musique entre en adéquation avec le décor. Je passe devant Big Ben et Westminster sans m’y arrêter, avec une pensée pour Notre-Dame que j’adore voir de nuit depuis les bords de Seine, sans jamais avoir envie de la visiter, juste de savoir qu’elle fait partie du décor. J’aperçois de loin Buckingham Palace qui me renvoie à une scène de Mémoires d’un maître faussaire de William Heaney/Graham Joyce, où l’un des personnages s’enchaîne aux grilles du palais. Revenue vers Picadilly, je m’arrête pour photographier les vitrines kitschissimes du grand magasin Fortnum & Mason, avec leur sirène et leur manège multicolores. Et puis, selon l’expression, j’ai vu de la lumière et je suis entrée. L’ambiance très vieille Angleterre est surannée à souhait – les toilettes y sont désignées comme « Ladies’ Powder Room » (j’en rigole encore). Je traîne un moment dans le rayon alimentation assez impressionnant, notamment les étalages de thé et de biscuits du rez-de-chaussée. Je repars avec une boîte de thé de Noël et d’autres bricoles du même genre – c’est l’heure de la fermeture, mais j’y serais volontiers restée une heure de plus.

 

Une visite de librairie plus tard, où j’achète L’affaire Jane Eyre de Jasper Fforde (depuis le temps qu’on m’en parle) et The Graveyard Book de Neil Gaiman, j’entre dans un pub proche du West End pour le dîner : chicken tikka masala accompagné d’une pinte de bitter. Le serveur est français et reconnaît mon accent, on discute un peu, il travaille à Londres depuis un an et ne se lasse pas de la ville. Puis retour à Earl’s Court où se situe mon hôtel et où j’ai pris mes petites habitudes en quatre jours, notamment les courses tardives chez le Marks & Spencer et le Sainsbury’s ouverts jusqu’à onze heures. Ou comment une journée mal commencée est finalement devenue une succession de jolies surprises et de petits plaisirs improvisés.

 






Dernier jour, après le retour à Camden pour le déjeuner (et l’achat du manteau violet susmentionné), je décide sur un coup de tête d’aller voir ce qui se trouve au 221b Baker Street. L’idée me trotte dans la tête depuis que j’ai noté l’existence d’un arrêt de métro Baker Street. L’endroit est facile à trouver : les touristes s’y font photographier devant une plaque à l’effigie de Sherlock Holmes. Juste à côté, un musée et une boutique de souvenirs kitsch où je ne m’attarde pas longtemps. Sur la porte de la boutique, une fausse annonce de police parlant de meurtres survenus en 1888 à Whitechapel. Je trouve toujours aussi fascinante l’idée qu’un personnage de fiction comme Holmes ait acquis une existence assez forte pour que les touristes se fassent prendre en photo devant chez lui et qu’une plaque annonce qu’il a vécu en ces lieux. À deux pas du musée, deux autres lieux de culte populaire : une boutique consacrée à Elvis, l’autre aux Beatles. La juxtaposition ne manque pas de sel.

 

Quelques heures plus tard, après de petites galères diverses (train presque manqué à cause d’un mauvais calcul de ma part, puis arrêt de l’Eurostar sur les voies pendant plus d’une demi-heure), me voilà avec une Savannah ronronnante sur les genoux et une infusion citron/gingembre de chez Tesco, en train de trier les dizaines (ou plutôt centaines) d’images que j’ai rapportées – dont un bon quart de photos d’ambiance de Camden. Ça fait un bien fou de me remettre enfin à la photo. Londres m’appelle à y revenir, de toute façon : je suis loin d’avoir acheté toute la nourriture que j’aurais voulu, par manque de place dans ma valise, et visité tout ce que je voulais. J’aurais bien aimé revoir le Shakespeare’s Globe visité il y a neuf ans. Ce sera forcément pour une prochaine fois.

 

(Pour ceux que ça intéresse, les photos sont en ligne ici.)

 

 

Par Mélanie Fazi
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Lundi 6 juillet 2009


Quelques envies de meurtres ces derniers jours pour des raisons liées à la canicule et à la difficulté de faire un courant d'air dans mon appart en présence d'un quadrupède à fourrure qui adore s'approcher des fenêtres quand il entend les bruits de la rue.


Ledit quadrupède doit avoir des envies de meurtre en voyant son humaine lui tourner autour avec ce drôle de boitier noir qui fait clic et qui fait bzzzz. Un partout, balle au centre.


Nouvelle activité préférée en cas de gros coup de fatigue additionné d'un gros coup de chaleur : marathon Dr House en compagnie du quadrupède. Toujours aussi accro, mais je me sens très bête de m'être enfilé une saison toute entière avant de remarquer que le personnage était calqué sur Sherlock Holmes. (Avant qu'on me le fasse remarquer, dois-je préciser pour plus d'honnêteté.) Ce qui me rend la série encore plus sympathique, si besoin était.




Par Mélanie Fazi
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Lundi 1 juin 2009

 

Le petit plaisir du week-end : découvrir par hasard un parc à deux minutes de chez moi, devant lequel j’étais passée plusieurs fois sans le remarquer, et trouver l’endroit onirique à souhait, comme une bulle de verdure larguée entre les rails et les immeubles. Peut-être simplement parce que la machine à fabriquer des images qui donnent naissance aux histoires fait mine de se réveiller depuis quelques jours. La faute aux rails qui traversent mon nouveau quartier à plusieurs endroits et qui travaillent pas mal mon imagination. Je croise les doigts pour qu’il en sorte quelque chose dans les semaines qui viennent : j’ai trop peu écrit en ce début d’année.

 








Toujours est-il que le premier coup de soleil de l’année aura été pris dans ce parc en relisant Les Hauts de Hurlevent. Heathcliff, me disait récemment une amie, est un des plus beaux méchants de toute la littérature. Je suis assez d’accord, même si je me surprends à éprouver plus de compassion pour le bonhomme que lors de ma première lecture. Je n’avais pas compris la première fois que Heathcliff ne se vengeait pas seulement parce qu’il n’a pas pu épouser Catherine. Il se venge aussi, voire surtout, de toutes les humiliations subies au fil des années, ce qui éclaire le roman différemment. La façon dont il transforme Hareton, le fils du frère de Catherine, en brute quasi animale, à l’image de l’adolescent qu’il a été, est glaçante ou poignante selon les passages. C’est un des aspects du roman que j’avais totalement oubliés, mais c’est celui qui m’a le plus frappée cette fois-ci, outre le côté extrême des personnages et des passions qui les animent, à l'image de la nature qui les entoure. Tout ça me donne des envies de me replonger dans l'histoire de la famille Brontë, histoire de mieux comprendre quel environnement a pu donner naissance à un roman comme celui-là. Et aussi de relire Jane Eyre, dans la foulée.

 

Une question subsiste : pourquoi la chanson de Kate Bush m’émeut-elle à ce point alors qu’elle adopte le point de vue du fantôme de Catherine – qui reste quand même l’un des personnages les plus insupportables du roman ?

 

À propos de Kate Bush, une autre chanson pour terminer le week-end. Parce qu’elle colle parfaitement à ce parc, ces rails, cette impression d’onirisme et aux images qui me tournent dans la tête depuis. Je ne peux pas vous expliquer, j’espère simplement qu’il en sortira quelques pages.


 

 
Par Mélanie Fazi
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Mardi 24 février 2009
Spéciale dédicace à RMD : à Dunkerque aussi, on croise des morts-vivants.

Il me reste pas mal de photos à trier, j'en posterai sans doute d'autres plus tard.









Par Mélanie Fazi
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Lundi 23 février 2009


Ça fait un bien fou de se retrouver au milieu d'une foule qui braille les chansons du carnaval pendant le chahut sur la place Jean Bart et de chanter avec elle. Même sans être déguisée, même sans prendre part à la bande, juste être là et laisser ces paroles que je connais par coeur depuis l'enfance sortir d'elles-mêmes. Une année, c'est décidé, il faudra que je me déguise. Je n'étais pas très à l'aise au départ, quand j'ai débarqué avec mon appareil photo sur une place Jean Bart pas encore très peuplée, je me sentais un peu voyeuse à prendre à la dérobée des clichés des gens costumés alors que je ne l'étais pas. J'avais oublié que les carnavaleux adorent ça, qu'ils prennent la pose et chahutent dès qu'ils voient un objectif, qu'il réclament parfois un bisou en échange de la photo et vous draguent gentiment au passage. On rentre chez soi avec des traces de maquillage plein la figure, des confettis dans les cheveux et des chansons plein la tête.

Je ne peux pas dire que je sois très attachée à la région dunkerquoise où j'ai passé mes vingt premières années. Mais j'aime profondément son carnaval. Je me sens nettement plus à ma place à Paris, mais le carnaval ne manque jamais de me rappeler que mes racines sont là.




















 

Par Mélanie Fazi
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Profil

  • : Mélanie Fazi
  • reves-de-cendre
  • : Femme
  • : 29/11/1976
  • : Paris
  • : Dunkerquoise de naissance, Parisienne d'adoption, traductrice de métier, auteur de nouvelles et romans fantastiques et grande fan de musique devant l'éternel.

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