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21 juillet 2008 1 21 /07 /juillet /2008 22:05

 

J’ai vécu aujourd’hui une expérience extrêmement bizarre. J’ai travaillé dans un bureau.

 

Plus précisément, j’ai déplacé mon « espace portable de traductrice qui peut bosser n’importe où » dans un coin de bureau gracieusement prêté par une amie à qui j’avais dit récemment avoir du mal à travailler chez moi – et qui avait justement de l’espace en rab. J’ai donc eu la curieuse impression de basculer dans un monde parallèle où j’avais déjà fait de brèves incursions (un stage au Reader’s Digest en 1998, pour ce qui est de la vie de bureau, et mes trois ans de standardiste en milieu hôtelier, pour la vie de salariée). Un monde où le temps est une donnée extérieure, immuable, et non pas un truc que je fabrique moi-même en fonction de ma bonne volonté et de ma motivation du moment. Un monde où le temps s’écoule d’ailleurs différemment, beaucoup plus lentement, et où l’on est traversé de pensées telles que « tiens, il est seulement 15h » en lieu et place de l’habituel « ah la vache, il est déjà 15h, dire que j’ai encore ça, ça et ça à faire avant 18h ».

 

Autre avantage du travail en milieu burelier (© Zézette épouse X) : pas moyen de céder au gros méchant coup de barre de 14/15h, horaire stratégique s’il en est. Je ne compte pas le nombre de fois où je me suis endormie chez moi sur mes traductions au stade de la relecture papier (une des raisons pour lesquelles je vais de plus en plus souvent travailler dans les cafés).

 

J’ai peut-être l’air de faire l’andouille mais je ne blague qu’à moitié : ça m’a frappée de constater à quel point c’est une expérience de travail différente, et pourtant, ça tient à très peu de choses. Ce n’est pas juste le fait de partager l’espace d’autres personnes en train de travailler (je fais ça de temps en temps quand je rends visite à des amis traducteurs hors de Paris), mais vraiment l’impression de retrouver un monde qui fonctionne selon des règles totalement différentes et que j’avais en partie oubliées. Même le simple fait de prendre le bus pour aller travailler, le gros coup de barre qui vous tombe dessus en sortant, le fait de se dire « la journée de boulot est finie pour de bon » en quittant les lieux, tout ça m’a fait remonter pas mal de souvenirs. J’imagine que ça ferait halluciner pas mal de gens si je leur disais que tout ça m’a finalement semblé très exotique. Je n’aimerais pas revenir à ce mode de vie de manière régulière, mais une fois de temps en temps, c’est agréable. En pleine période de gros coup de speed sur la traduction de Dime Store Magic remise dans neuf jours, je suis dans les temps , ça fait du bien de passer une journée sans avoir l’impression de courir après le temps et de devoir lutter contre ma tendance naturelle à l’inertie (je préfère écrire « inertie » plutôt que « fainéantise », ça fait un peu plus classe). À ce propos d'ailleurs, bonne résolution pour le mois d'août : dès la remise de la traduction, je m'accorde des vacances. Cinq jours minimum, peut-être même une semaine. Là, tout de suite, je ne rêve que d'une journée passée à lire et à glander.

 

Dans un registre plus classique par rapport à mes habitudes de traduction : si la phase de recherches intensives sur le Net (vocabulaire, termes techniques) conduit souvent à toutes sortes de cogitations bizarres et associations d’idées improbables, ne me demandez pas comment des recherches sur des termes liés aux enterrements m’ont poussée l’autre soir à chercher des articles sur l’actrice et cinéaste Christine Pascal. À l’époque (lointaine) du lycée, j’avais adoré son film Le petit prince a dit, dans lequel un couple divorcé affronte à sa façon la mort imminente de sa petite fille atteinte d’une tumeur au cerveau. Le film avait été remarqué à l’époque pour son approche délicate, pudique et inhabituelle du sujet. J’avais aussi, voire surtout, été marquée par le décès de Christine Pascal en 1996 – apprendre non seulement sa mort, mais le fait qu’elle se soit suicidée lors d’un séjour en hôpital psychiatrique. Ça ne collait pas à l’image plutôt tranquille, et forcément superficielle, que j’avais du personnage, et j’étais encore assez jeune et naïve pour ne pas comprendre que les « gens vus à la télé » sont aussi ordinaires et aussi paumés que nous autres. Curieux comme le fait d’y repenser l’autre soir a fait remonter des souvenirs, ceux d’un été bizarre où je traînais une vague déprime sans comprendre pourquoi, où je me rappelle avoir écouté en boucle le Rid of Me de PJ Harvey en me baladant dans les rues de Dunkerque, faute d’avoir grand-chose à faire de mes journées. Et l’annonce du suicide de Christine Pascal un midi aux infos, fin août, comme un électrochoc qui m’avait bizarrement sortie de ce gros vague à l’âme juste avant la rentrée. Au cours de ma vie, il n’y a eu que trois artistes dont la mort m’a vraiment remuée (j’y ajouterais peut-être celle des actrices Katrin Cartlidge et Charlotte Coleman – la Scarlett de Quatre mariages et un enterrement – mais ce n’est pas tout à fait pareil). Dans ce cas précis, je ne sais toujours pas pourquoi, d’autant que c’est la seule des trois que je n’avais jamais vue "en vrai", les deux autres étant des musiciens vus en concert : d’abord Elliott Smith, puis Grant McLennan des Go-Betweens Grant McLennan, je l’avais aussi rencontré brièvement à deux reprises. Allez savoir si ça tient à l’attachement que j’avais pour son film, au fait qu’elle soit née comme moi un 29 novembre, ou à une histoire de rencontre ratée que je regrette avec le recul. Elle était venue à Dunkerque présenter Le petit prince a dit, je n’avais pas pu m’y rendre, je me rappelle lui avoir envoyé une lettre à l’adresse du cinéma où avait lieu la rencontre, dans laquelle je lui disais (de manière sans doute très naïve) à quel point son film m’avait touchée. Je n’ai jamais su si le courrier était arrivé à bon port et je me demande de toute façon si c’était souhaitable.

 

Et voilà comment on perd une demi-heure de boulot en faisant des recherches qui n’ont rien à voir avec la traduction en cours. Pas moyen de trouver sur le Net un extrait vidéo du Petit prince a dit. Ni des autres films de Christine Pascal, que je n’ai toujours pas vus malgré ma curiosité. Je me demande même combien d’entre eux sont disponibles en DVD. C’était vraiment très bizarre, cette demi-heure de recherches l’autre soir, comme un bond de douze années en arrière dans le temps.

 

Sur une note plus légère, j'espérais profiter de cette entrée pour annoncer la mise en ligne sur mon site d’une nouvelle très courte, « Emily », parue en mai dans le supplément spécial Imaginales de La Liberté de l’Est et de L’Est Républicain, mais je dois remettre à plus tard pour cause de bug dû au changement de serveur de nooSFere (qui héberge mon site). Les petits gars de nooSFere ont fait un sacré boulot et le nouveau site est d’une rapidité impressionnante comparée à l’ancien, mais il reste quelques petits accrocs. Dès que c’est réparé, je m’occupe de la mise en ligne de la nouvelle.

 

Et sinon, Tom Waits au Grand Rex, c’est dans trois jours.

 

  

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Published by Mélanie Fazi - dans Bric-à-brac
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12 juillet 2008 6 12 /07 /juillet /2008 23:41

Cette fois ça y est : fin de la saison des signatures en attendant la reprise en septembre. J’avais un peu hâte d’en voir le bout mais je sais que je serai très vite impatiente de m’y remettre. En 2005, après la sortie d’Arlis des forains, je me rappelle avoir éprouvé un pincement quand la période de promo avait pris fin et que j’avais vu mes camarades de Bragelonne (Erik Wietzel, Henri Loevenbruck, Anne Guéro (Ange) et Jérôme Camut) continuer les signatures sans moi.

 

Aujourd’hui, c’était donc la librairie Labyrinthes de Rambouillet, qui organisait un mois de rencontres et d’événements autour de la fantasy. Déjà, une signature dont je rentre avec un doggy bag rempli de nounours en guimauve et de bonbons qui piquent ne peut que s’être bien passée. (On n’en parle pas assez mais c’est un aspect capital de ce genre d’événements – j’étais présente le jour où mon estimé collègue Francis Berthelot, lors d’une dédicace commune à la librairie Scylla, a goûté pour la première fois aux fraises tagada et aux crocos Haribo, qu’il a trouvés infâmes – fin de la parenthèse alimentaire.) Pas mal de discussions sympa avec l’équipe de la librairie, on a parlé en vrac de séries télé (de Buffy aux 4400 en passant par plein de trucs alléchants que je n’ai pas vus), de musique (Nick Cave, Patti Smith, tout ça), d’Eternal sunshine of the spotless mind, de la trilogie À la croisée des mondes, enfin bref, j’étais dans mon élément. Ça fait toujours vraiment plaisir de rencontrer des libraires aussi passionnés par ce qu’ils font. À propos de la trilogie de Philip Pullman, j’ai constaté que je n’étais pas la seule à avoir immédiatement pensé à l’ours en armure Iorek Byrnison en voyant la sculpture que j’ai photographiée à Lyon et mise en ligne sur mon site (ici).


Sinon, quelque chose m’a intriguée. Une dame venue acheter tout autre chose s’approche pendant qu’on parlait de Nancy Huston et notamment de son Journal de la création – visiblement, elle aussi est fan. En voyant mon nom, elle me demande si je ne suis pas passée à la radio récemment. Comme elle parle de France Inter ou France Culture, ça me fait penser à Mauvais genres, sauf que je n’y suis passée qu’en 2003. J’ai bien enregistré une interview pour la radio récemment mais pour une autre chaîne, donc j’ai cru qu’elle confondait avec quelqu’un d’autre, jusqu’à ce qu’elle me cite une anecdote qu’elle se rappelait de l’émission et qui était effectivement quelque chose que j’ai pu dire en interview. Intriguée, je suis. Sur le moment, ça m'a fait le même effet que si j'apprenais qu'une partie de moi se détachait pour mener une vie parallèle et faire des trucs à ma place. Je me demande si mes neurones quelque peu débordés ces temps-ci ne commencent pas à tout mélanger voire à effacer des événements. (Note : à l’instant où je tape ces mots, je viens de me goinfrer le dernier nounours à la guimauve du doggy bag. Je peux reprendre une activité normale.) Il faut dire que le temps a passé en accéléré depuis février. Il y a eu les différents salons mais aussi pas mal de petites choses qui m’ont donné l’impression de courir après le temps en permanence – trois nouvelles que je m’étais engagée à écrire, pas mal d’e-mails tournant autour des livres et/ou de la promo et auxquels je répondais avec de plus en plus de retard, plus le boulot sur les traductions en cours… Pour tout vous dire, j’ai même arrêté de jouer à World of Warcraft depuis deux ou trois mois, c’est un signe.

 

Mais quand j’y pense, cette série de dédicaces s'est caractérisée par une remarquable absence de plans foireux. Il y en a eu de plus calmes que d’autres mais aucune où je regrette d’être allée, aucune organisée par une équipe qui ne savait pas trop qui elle invitait ni pourquoi (j’ai déjà connu ça), aucune de celles où on s’emmerde seul derrière sa table en regardant passer les gens. Je ne sais pas si c’est grâce à un coup de bol, ou parce que Bragelonne a particulièrement bien ciblé les salons, ou un peu de tout ça à la fois, mais c’est suffisamment rare pour être signalé.

 

La page étant tournée pour cet été, je vais pouvoir me remettre sérieusement au boulot. Le petit inconvénient de cette période de promo, c’est que ça a bousculé mon planning de traduction. Aussi bien en me faisant perdre des jours de travail qu'en contribuant par moments à me déconcentrer (j’y arrive très bien toute seule, mais disons que ça n’a pas aidé). Or, j’ai une traduction à rendre sans faute à la fin du mois. Et je ne suis pas hyper en avance. Donc ça va être le marathon d’ici là. Si je réduis mes sorties, si je fais des heures sup en soirée et surtout si j’arrive à ne pas me lever trop tard le matin, c’est jouable. Mais ça va être sport. Je ferai sans doute une pause juste après, début août (séjour en famille et/ou chez des amis). Ça m’arrange finalement que ce gros coup de speed tombe sur une traduction de Kelley Armstrong : d’une part, je suis déjà familiarisée avec cette série et je m’y sens plutôt à l’aise (j’ai traduit Morsure et Capture déjà publiés chez Bragelonne), d’autre part, ce n’est pas extrêmement compliqué. Le style est simple mais très maîtrisé, donc agréable à traduire, surtout que les dialogues sont souvent savoureux. Kelley Armstrong a un sens de l’humour et de la répartie qui me fait bien marrer. J’aime particulièrement ses sorcières décrites comme un tas de vieilles bonnes femmes qui organisent leurs réunions dans la salle communale d’un bled paumé en faisant payer le café et les beignets – limite réunion Tupperware. Ce n’est pas une littérature extrêmement ambitieuse mais c’est très distrayant et surtout bien vu, avec un sens du détail très développé (beaucoup de références à des films ou émissions de télé par exemple, c’est très ancré dans la vie quotidienne). Kelley Armstrong arrive en plus à créer des personnages vivants et qui sonnent juste. J’avais été particulièrement touchée par la quête d’identité d’Elena, partagée entre sa nature de loup-garou et son envie désespérée de mener une vie normale dans Morsure. Et j’adore Clay, son amant loup-garou, ancien enfant sauvage qui en a gardé un côté totalement animal qui en fait un personnage passionnant. Aucun des deux n’apparaît dans Dime Store Magic, qui met en scène la sorcière Paige déjà rencontrée dans Capture, mais j’aime beaucoup les possibilités qu’offre ce changement régulier de narrateurs au cours de la série. Donc, quitte à passer un moment en immersion totale dans une traduction, autant que ce soit chez Kelley Armstrong.

 

Bonne résolution pour ce dimanche : me lever pas trop tard et me consacrer aux corrections de deux nouvelles en attente. D’abord « Swan le bien nommé » écrite l’hiver dernier pour une antho et qui attend un dernier coup de plumeau (ça devrait aller vite). Ensuite mon dernier texte en date, pour lequel je n’arrive pas à trouver de titre définitif. Il s’appelle actuellement « Le jardin des silences » mais je ne suis qu’à moitié convaincue. Il y a des maladresses à gommer, quelques aspects à modifier ou renforcer, rien qui nécessite un retravail en profondeur mais ça devrait bien remplir ma journée. Après ça, je ne m’occupe plus que de la traduction de Dime Store Magic jusqu’à la fin du mois. Enfin j’espère.

 

Je terminerai par la rubrique musicale du jour. Un peu déçue, mercredi dernier, par le concert des Kills au Palais de Tokyo. Ça tenait sans doute plus à mon état d’esprit qu’au concert lui-même, sur lequel j’ai entendu des avis très divers. J’étais légèrement contrariée par la chaleur étouffante, par le fait d’être un peu plus loin que je ne l’aurais souhaité (même si, soyons honnête, j’étais quand même au premier rang), par le fait d’être en train de rater mes photos (visibles ici) pour cause d’éclairage faiblard. Plus probablement, j’étais encore sous le choc de leur Black Session hallucinante du mois dernier (compte-rendu ici). Deux ans que j’attendais de les voir sur scène et j’avais bien reçu ce jour-là le choc attendu : du pur rock’n’roll, énergique à souhait, habité par une tension quasi sexuelle (renforcée par le jeu de scène très suggestif de Jamie Hince et Alison Mosshart), qui donnait une envie irrésistible de danser et de sauter partout. J’avais été impressionnée par la présence de ces deux-là – le charisme animal d’Alison, le jeu de guitare fascinant de Jamie que j’observais de très près (j’étais pile en face de lui avec les yeux au niveau de sa guitare). Je n’ai pas retrouvé cette intensité au Palais de Tokyo, mais je me demande si on n’est pas fatalement déçu la deuxième fois. Pas grave, j’y retournerai quand même. Et je continuerai à me passer en boucle Midnight Boom qui est un des meilleurs albums que j’ai entendus cette année. Au passage, la nouvelle au titre incertain dont je parlais ci-dessus doit énormément à la musique des Kills et à leur chanson Rodeo Town en particulier.

 

Avec tout ça, il faudrait aussi que je trouve un moment pour rapatrier d’autres entrées du blog MySpace vers celui-ci et compléter la rubrique des liens (au lieu de passer mon temps à modifier la playlist Last.fm pour nourrir le juke-box ci-contre). Demain sera un autre jour, etc, etc.

 

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Published by Mélanie Fazi - dans Salons et dédicaces
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9 juillet 2008 3 09 /07 /juillet /2008 00:21


Hier soir, alors que j'étais en train de rapatrier des entrées de mon blog MySpace sur celui-ci, j'ai reçu un mail du dessinateur Boulet, mon voisin de dédicace du festival Kultima/Japan Expo. Il venait de commencer à lire Serpentine et s'était amusé à illustrer une des nouvelles du recueil. Je vous présente donc Léo, l'un des personnages de "Nous reprendre à la route", revue et corrigée par Boulet.


Je crois bien que c'est la première fois que je vois une illustration inspirée par un de mes textes (exception faite des couvertures des livres, mais c'est autre chose). Et le pire, c'est que Léo ressemble vraiment à l'image que j'avais en tête quand j'écrivais la nouvelle. Là, ça ne se voit pas trop, mais il y a même le chat Cassiel dans un coin. Vous n'imaginez pas à quel point ça m'a fait plaisir.

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Published by Mélanie Fazi - dans Livres
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7 juillet 2008 1 07 /07 /juillet /2008 20:59

En réalité, je triche : je tiens déjà un blog depuis un peu plus d'un an sur ma page MySpace, mais j'ai décidé de le déménager pour raisons pratiques (même si je pense continuer à y poster des entrées en parallèle). La peinture de ce nouveau blog est encore en train de sécher, je bricole dans les coins, j'évacue les toiles d'araignée, mais j'ai déjà réussi à installer un lecteur de playlist Last.fm - c'est qu'il y a des priorités dans la vie.

Donc, bienvenue sur ce nouveau blog, installez-vous et servez-vous à boire, je vais commencer à pendre la crémaillère en rapatriant quelques-unes des entrées les plus récentes de l'autre blog. Ça parlera souvent de musique, de mes livres et des salons auxquels j'ai participé récemment, d'autres trucs divers et variés. Mais ne vous étonnez pas si vous voyez le décor changer à vue d'oeil dans un premier temps.

Et faites gaffe à la peinture, au passage.

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Published by Mélanie Fazi
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6 juillet 2008 7 06 /07 /juillet /2008 23:03

(Entrée postée sur MySpace le 06/07/08)


La geekette en moi est heureuse. Partie de chez elle ce matin avec le moral en berne (sans compter qu'elle était mal réveillée), elle est allée faire le plein de bonnes ondes geek à Japan Expo/Kultima et rentre toute guillerette et bondissante (nan, ce n'est pas seulement parce que je me suis acheté des badges Jack Skellington et deux T-shirts). J'ai adoré ce festival. J'ai une culture manga plutôt limitée (ça m'intéresse sans que j'aie jamais pris le temps de creuser) mais je me sentais dans mon élément, il y a quelque chose dans cette ambiance festive qui me parle vraiment. Le fait de trouver des Totoro et des Jack Skellington à tous les coins de stand doit y être pour quelque chose. Y avait aussi du Hello Kitty mais ça me touche déjà moins. Je suis fascinée par la foule hétéroclite qu'on y croise, par le côté extrêmement coloré des tenues – de la dentelle, des rayures, de la peluche, de préférence dans les tons noir et blanc, noir et rouge, noir et fuchsia. C'est là que je vois à quel point je suis attirée par toute l'esthétique manga et gothique, même si ce n'est pas réellement mon univers. (Note : s'il lit ce blog, Bruno B. Bordier est prié de s'abstenir de tout commentaire.)

 

Et puis il y a les costumes. Faute d'avoir une culture manga suffisante, j'ai dû rater pas mal de références, mais le soin apporté à leurs costumes par les cosplayeurs et autres visiteurs est proprement hallucinant. J'ai souvenir d'une scène un peu surréaliste ce matin, alors que je participais avec Laurent Genefort et Sarah Ash à une table ronde sur la fantasy : on a vu passer derrière le public un homme habillé en ange avec d'immenses ailes blanches (aussi grandes que lui sinon plus). Le public n'a pas dû s'en rendre compte, mais depuis l'estrade, on le voyait nettement. J'ai pensé aussitôt à Jant Shira, le héros de L'année de notre guerre de Steph Swainston que j'ai traduit il y a quelques années, et ça m'a donc amusée d'entendre ensuite Sarah Ash mentionner au cours du débat le mouvement "new weird" auquel se rattache justement ce livre. Accessoirement, Sarah, qui est anglaise, m'a vraiment bluffée en parlant français pendant une bonne partie de la table ronde. Il avait été question que Laurent et moi lui servions d'interprètes mais ça n'a pas été nécessaire, elle n'est repassée à l'anglais que pour une seule question. Je l'avais déjà croisée brièvement mais ça été un vrai plaisir de la revoir et de signer à la même table, elle est vraiment d'une grande gentillesse. J'en ai profité pour lui faire signer le premier volet de sa trilogie des Larmes d'Artamon, comme je n'ai encore rien lu de ce qu'elle écrit. De l'autre côté de la table, j'avais pour voisin le dessinateur Boulet qui a enchaîné les dédicaces sans temps mort tout l'après-midi (très sympa lui aussi, et je conseille son blog très rigolo en ligne ici).

 

Parmi les autres chouettes moments, une conférence donnée vendredi sur le thème de la « bit lit » avec Alain Névant et Isabelle Varange de Bragelonne. La « bit lit », c'est le surnom donné à un courant du fantastique qu'on pourrait, en schématisant grossièrement, décrire comme un équivalent littéraire de Buffy – personnages féminins aux prises avec les problèmes du quotidien aussi bien qu'avec des éléments surnaturels. Je connais mal ce sous-genre mais je participais en tant que traductrice de Kelley Armstrong dont les romans s'y rattachent. La conférence a plutôt bien pris, ça m'a permis de dire du bien de cette série que j'aime beaucoup, d'expliquer que je m'attendais à tort à un truc un peu fleur bleue mais que j'avais été surprise par l'aspect très sensuel de la série, surtout dans les volets consacré à l'héroïne loup-garou Elena. Le rapport d'amour/haine qu'elle entretient avec Clay, son amant loup-garou, est particulièrement savoureux. Et puis ça nous a permis de parler de Buffy comme les trois geeks en puissance que nous sommes (me croirez-vous si je vous dis que lors du trajet en voiture vers la soirée Bragelonne qui avait lieu ensuite, nous avons écouté la BO de l'épisode musical et que nous connaissions les paroles par cœur ?)

  

(Note pour Lionel D. : comme par hasard, le stand Bragelonne était situé à côté du stand World of Warcraft. Même quand je reste deux mois sans jouer par manque de temps, le jeu me poursuit. Une vraie malédiction, ce qui ne manque pas de sel quand on sait que mon personnage principal est une démoniste.)

 


 

À part ça, je suis embêtée. Ce matin, mal réveillée, j'ai commencé à griffonner des notes pour une entrée de blog consacrée à un sujet qui me tournait dans la tête et sur lequel j'ai déjà pas mal cogité. C'était parti de la conjonction de plusieurs éléments : une rencontre avec des lecteurs l'autre jour, un coup de blues aux allures de crise de parano qui a disparu depuis (merci Japan Expo) et la lecture du blog d'Amanda Palmer, membre des Dresden Dolls dont je parlais récemment ici. Sauf que, d'une part, je ne suis plus du tout dans le même état d'esprit que ce matin, et d'autre part, je ne sais plus trop où je voulais en venir. Essayons de trier tout ça avec ordre et méthode (ou d'en retrouver en tout cas le fil conducteur).

  

Donc, par rapport à ces rencontres avec des lecteurs. Il y a une chose qui continue à me surprendre, même si je m'y suis un peu habituée. Je n'ai pas énormément de lecteurs, mais je sais qu'il y en a parmi eux qui ont réellement été touchés par ce que j'écris. J'ai toujours l'impression que ça va paraître prétentieux d'écrire ça, mais c'est juste quelque chose que j'ai constaté au fil des années. De temps en temps, des gens viennent me parler et je vois ce truc-là dans leur regard, ils ne sont pas juste en train de me dire qu'ils ont passé un bon moment à la lecture du livre mais que ça leur a réellement parlé. Il y a quelque chose de vraiment précieux dans ces moments-là, pas seulement parce que ça fait du bien à l'ego (je mentirais si je disais le contraire) mais parce que je constate qu'à partir d'une démarche assez égoïste, puisqu'on écrit avant tout pour soi, il arrive un moment où l'on atteint quelque chose de plus universel. Un moment où l'on écrit quelque chose qui va prendre un sens pour les autres, et je crois qu'on ne le fait pas exprès, pas consciemment en tout cas. C'est un phénomène assez mystérieux. Les jours où je suis de mauvais poil et où j'ai du mal à me supporter (il y en a souvent, surtout que je traverse une phase de grosse remise en question depuis l'an dernier), je me dis que la seule chose un tant soit peu importante que j'aie faite de ma vie, c'est ça – avoir créé cette étincelle-là. Je ne sais absolument pas comment je m'y suis prise, mais il semblerait que j'y sois parfois arrivée. Les jours où j'ai le moral encore plus fluctuant, j'ai tendance à me dire que le meilleur de moi se trouve dans mes livres et que je regrette, en tant qu'individu, de ne pas être à la hauteur. Je crois qu'avoir ce genre de réflexion a changé mon rapport à ce que créent les autres – quand je suis impressionnée par un livre, un film, un disque, j'ai conscience qu'il y a derrière une personne ordinaire, sans doute aussi paumée que je peux l'être, et qui ne sait peut-être pas davantage que moi comment elle a fait ça.

  

Ce qui me ramène à une autre réflexion liée à celle-ci (vous suivez toujours à peu près ?). En tant que spectatrice/lectrice/auditrice, j'ai une tendance monomaniaque. Je ne sais pas pourquoi, parfois, une œuvre va coller de manière aussi parfaite à l'humeur du moment, au point qu'un étrange dialogue s'instaure. Je suis de nouveau dans une de ces périodes, depuis que l'album No, Virginia des Dresden Dolls est entré chez moi le mois dernier et que je ne peux quasiment rien écouter d'autre – à part les deux autres albums du groupe. Je suppose que l'organisation de l'interview d'Amanda Palmer dès la semaine suivante, qui m'a poussée à farfouiller sur le Net en quête d'infos sur le groupe, a accentué le truc. Toujours est-il qu'en ce moment, rien d'autre ne me parle autant. Du coup, quand je fais des pauses entre deux pages de traduction, je me retrouve en train de chercher des vidéos des Dresden Dolls sur YouTube, de lire le blog d'Amanda ou d'explorer les paroles de ses chansons. C'est toujours un plaisir particulier de découvrir une réelle profondeur dans les textes d'un groupe dont la musique nous emballe. Je suis vraiment impressionnée par la plume d'Amanda Palmer, son humour très noir mais jamais méchant, souvent teinté de tendresse, ses métaphores très imagées (j'aime particulièrement celle-ci qui me fait bien marrer dans Mandy goes to med school : « Giddy as a gang banger with a set of sutures where his magic johnson ought to be »). Je ne peux qu'admirer quelqu'un qui manie aussi parfaitement le bizarre et l'absurde que l'émotion sincère. Les chansons que je préfère sont les plus drôles et/ou les plus énergiques (Girl anachronism, Night reconnaissance, Lonesome organist rapes page-turner), mais parmi les plus poignantes, certaines me prennent vraiment aux tripes (Half Jack, Boston ou encore The Gardener qui m'obsède en ce moment comme le font les chansons qui finissent tôt ou tard par m'inspirer des nouvelles).

 

Le clip de Night reconnaissance avec des nains de jardin dedans
(et le pire, c'est que ça correspond aux paroles)


En bref, je suis de plus en plus fascinée par le personnage, par l'intelligence et l'habileté de ses textes, par son énergie, son côté exubérant, même par la manière dont elle arrive à être vulgaire avec une certaine classe (par exemple dans sa façon de jurer, qui m'a beaucoup amusée pendant l'interview). Et j'aime la façon dont elle se dévoile dans son blog, qui est un des plus intéressants que je connaisse. Le ton est souvent très drôle, très personnel en tout cas, on y voit l'individu se dessiner en filigrane. Les anecdotes sont souvent savoureuses, par exemple lorsqu'elle raconte sa récente opération des cordes vocales et les deux semaines au cours desquelles elle a dû rester sans parler. Parfois, elle s'y dévoile d'une manière extrêmement touchante – je pense à une entrée plus ancienne que j'ai lue il y a quelques jours, où elle parle d'une lettre remise par un jeune fan après un concert et qui l'avait profondément troublée. Non seulement sa manière d'en parler est très belle, mais je ne peux qu'admirer cette capacité à se mettre à nu de cette façon. C'est curieux, mais autant je n'ai aucun scrupule à glisser des éléments très personnels dans mes textes, au point que certains sont quasi autobiographiques, autant j'aurais du mal à le faire de manière aussi directe sur un blog. Il y a déjà trop de choses pas reluisantes que j'essaie de ne pas montrer à mes amis et collègues, autrement que par le biais de la fiction. Pour ça aussi, l'écriture est précieuse, dans la façon dont elle permet de transformer ce qu'il y a de mauvais en soi en quelque chose de positif (faute de meilleur terme).

  

J'imagine que c'est ça, à son tour, qui permet ce phénomène d'adéquation dont je parlais plus tôt : en tant que lecteur, savoir que quelqu'un d'autre a parfois eu certaines pensées honteuses ou éprouvé certaines choses dont on hésite à parler, et qu'il a réussi à les mettre en mots. Dans les moments de déprime, je me passe parfois la chanson de Joni Mitchell intitulée Don Juan's reckless daughter : à travers l'image d'un aigle et d'un serpent, elle met en scène les contradictions de l'être humain, tiraillé entre le corps et l'esprit, les sens et la raison. J'ai toujours trouvé apaisant de savoir que quelqu'un avait su mettre en images ces choses-là de cette façon. Je savais qu'on pouvait en parler avec angoisse, peut-être avec colère, mais pas avec cette espèce de lucidité tranquille que je trouve magnifique. Ça m'est précieux de savoir qu'une personne au moins a su le dire comme ça.

   

Et j'en reviens à ma question de départ sur cette adéquation qui se produit parfois avec une œuvre. Qu'est-ce qu'on y cherche exactement ? Qu'est-ce que je cherche en ce moment dans la musique des Dresden Dolls, qu'est-ce que je cherchais l'an dernier dans l'un des albums de Jesse Sykes, qu'est-ce que je cherche dans les livres de Nancy Huston ou de Stephen King ? Peut-être simplement une réponse à des questions que je n'arrive pas à formuler. J'ai l'impression qu'il y a de ça dans le rapport très fort qu'on noue avec certaines œuvres : non seulement savoir que quelqu'un d'autre a déjà ressenti ça et a su le dire, mais peut-être se laisser convaincre, brièvement, que les réponses à nos questions sont là. En faisant semblant d'oublier que les gens qui ont créé cette œuvre sont aussi paumés que nous. Finalement, ce n'est pas si loin du besoin qu'ont les enfants de croire que les adultes savent tout – on a toujours besoin de croire que quelqu'un, quelque part, a réponse à tout. Même quand on sait que ce n'est pas vrai, on fait semblant.

  

Tout ça pour dire que cette problématique me fascine depuis un bon bout de temps sans que j'arrive réellement à la formuler. Je crois que l'intérêt que je porte au blog d'Amanda Palmer depuis quelques mois me renvoie à ça. J'ai l'impression de me trouver des deux côtés à la fois. Je suis d'une part l'auditrice qui en apprend un peu plus sur la personne qui crée ces chansons incroyables, et d'autre part l'auteur qui cherche toujours à savoir comment ça se passe pour les autres. Ce qui se passe dans leur tête quand ils créent, comment ils gèrent tel ou tel aspect auquel j'ai pu être confrontée. Quel rapport ils entretiennent à leur création et aux gens qui la reçoivent. Là, je parle d'une personne qui a au moins mille fois plus d'auditeurs que je n'ai de lecteurs, donc ce n'est pas du tout le même cas de figure, mais il m'est arrivé de vraiment me reconnaître dans certaines choses qu'elle a écrites sur le sujet (par exemple le fait d'avoir perdu en partie son enthousiasme pour la musique qu'elle écoute parce que "ça lui rappelle le boulot"). C'est comme lire Stephen King parlant de son expérience dans Ecriture : c'est dit avec une telle simplicité que toute personne ayant ne serait-ce que tenté d'écrire un jour s'y reconnaît forcément. Pour ça aussi, c'est agréable de savoir que quelqu'un d'autre a dit ces choses-là.

  

Fin de cette entrée particulièrement longue et décousue. Je ne suis pas sûre d'avoir réussi à dire ce que je voulais. Mais ce rapport un peu schizo à la création, « être des deux côtés à la fois », est pour moi un des aspects les plus intrigants et les plus passionnants que j'ai découverts depuis que je publie. D'ailleurs, pour la petite histoire, il y a dix ans ce mois-ci que j'ai écrit « Le nœud cajun » qui allait devenir mon premier texte publié. Il s'en est passé des choses pendant tout ce temps.

 

Pour ceux qui se poseraient la question, le titre de cette entrée est un clin d'œil à Ultima Esperanza, l'une des chansons de l'album No, Virginia des Dresden Dolls. Je crois que ce jeu de mots débile s'imposait.

 

 

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1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 22:46

(Entrée postée sur MySpace le 01/07/08)


Je ne sais pas si c'est l'effet Twin Peaks/Amanda Palmer de la semaine dernière mais je viens de passer un week-end particulièrement space lors du festival du livre de Nice. Je crois qu'en matière de bizarrerie pure, on a battu des records – et pourtant, je vais avoir du mal à expliquer pourquoi. En tout cas, l'expérience aura suscité pas mal de fous rires avec mon voisin Pierre Pevel. Au passage, c'est toujours un plaisir de faire des salons et dédicaces avec Pierre : non seulement il est adorable, mais il me fait vraiment marrer quand il part en mode « nuisible » et qu'il en rajoute exprès dans la mauvaise foi – vous voyez le petit diable perché sur l'épaule du capitaine Haddock ? C'est pareil. Il faudra que je me penche un jour sur ses Lames du cardinal, le prologue et l'idée sont assez intrigants (et je garde un bon souvenir des Ombres de Wielstadt que j'avais lu il y a quelques années).


Sur le salon lui-même, rien à redire : organisation hyper efficace, libraires très accueillants, cadre très sympa puisqu'on était installés sous des tentes en extérieur. En plus, comme il y a beaucoup d'auteurs invités dont pas mal de vedettes (du style Richard Bohringer, Marc Lévy, etc), le festival fait les choses en grand. Inutile de dire qu'on a très bien mangé et qu'on était vraiment bien logés. Ce n'est pas souvent que je me retrouve hébergée dans des quatre étoiles et je n'en ferais pas une habitude même si j'avais les moyens, mais une fois de temps en temps, c'est agréable. Pour ce genre de raisons, j'adore prendre le petit déjeuner à l'hôtel alors que je n'en prends jamais chez moi, ça fait partie du truc (et encore, celui-là était beaucoup moins impressionnant que celui de l'hôtel de Genève où on avait logé pendant le Salon du Livre – et où j'ai vu pour la première fois de ma vie des sushi et de la soupe miso dans un buffet de petit déjeuner).

  

Donc, entre ça, le climat et les chouettes rencontres qu'on a faites sur place, c'était plutôt agréable dans l'ensemble. Sauf que, comme c'était la première fois que je venais à Nice et comme je n'ai quasiment jamais mis les pieds dans le coin, je ne savais pas à quoi m'attendre. La ville elle-même est plutôt belle, un peu chaotique au niveau architectural mais avec une variété intéressante. Par contre, l'aspect hyper clinquant et friqué m'a mise assez mal à l'aise. Je crois que j'ai rarement visité une ville où je me sente aussi peu dans mon élément (cela dit, j'admets que je n'en ai vu qu'une partie, et de manière superficielle). Note : la prochaine fois que j'irai voir mes parents, penser à feuilleter Le Tour de Gaule d'Astérix, je sens que le passage sur Nissa et la « Promenade des Bretons » me fera bien marrer.

 

S'est ajoutée à ça une bizarrerie ambiante assez difficile à définir mais qui a fini par prendre des proportions croquignolettes. Une de mes voisines, régulièrement invitée à ce salon, m'a dit que ça l'avait frappée elle aussi cette année. C'était surtout une succession de petits détails. D'abord des images juste un peu marrantes, comme ces deux femmes dont chacune portait dans ses bras un caniche coiffé d'une casquette – individuellement, je ne les aurais pas remarquées, mais le côté sœurs siamoises était rigolo. Ensuite, l'impression de voir défiler des personnages qu'on aurait crus sortis d'un film de Lynch ou de Fellini. Des dames âgées couvertes de bagues, de dorures et d'une couche de maquillage tellement épaisse qu'on aurait dit des gargouilles. Un type barbu de petite taille qui est repassé plusieurs fois devant notre table en parlant tout seul ou en tapant dans ses mains avant de s'éloigner aussitôt – là, j'ai vraiment eu un écho d'un film de Lynch sans retrouver lequel. Impression renforcée par le fait que j'ai croisé un jeune homme (tout à fait normal au demeurant) qui parlait un peu comme Dick Tremayne, le soupirant « tête à claques » de Lucy dans la deuxième saison de Twin Peaks.

 

Parmi les autres détails contribuant au décalage, je me rappelle aussi un type qui me demande en italien quelles sont mes origines, puis cherche à savoir comment me contacter et me demande si je peux lui donner mon numéro de téléphone vu qu'il n'a pas Internet (inutile de dire que j'ai esquivé le truc). Et un passant qui a jeté un coup d'œil aux Lames du cardinal de Pierre et formulé un commentaire sibyllin avant de s'éloigner, commentaire qui nous a pas mal intrigués – on en a conclu que soit un élément du contexte nous échappait, soit le type avait cru que le livre (un roman de cape et d'épées avec des dragons dedans) révélait des vérités cachées, façon théorie du complot. Dans d'autres circonstances, on se serait dit qu'on avait mal entendu. Là, franchement, on n'était plus à ça près.


À part ça, j'ai passé un très bon week-end (si si, sans ironie). Quoique un peu crevant – je ne sais pas pourquoi j'ai de plus en plus de mal à récupérer quand j'accumule du sommeil en retard et que je ne peux pas prendre ma journée du dimanche pour dormir et glander. Ce n'est quand même pas le double effet kiss cool de la trentaine ? On va dire que c'est l'accumulation. J'avoue que même si j'adore ça, j'ai hâte de voir arriver la fin de la saison des salons. Il faudra que je trouve un moment pour finir de trier mes photos de Nice, j'en mettrai sans doute quelques-unes en ligne sur mon site.

 

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25 juin 2008 3 25 /06 /juin /2008 21:56

(Entrée postée sur MySpace le 25/06/08)


Je sais, je ne devrais pas être en train d'écrire une entrée de blog. J'ai du boulot en attente, une traduction à terminer (mais les finitions sont quasiment bouclées), une autre à faire avancer (ça ira mieux une fois l'autre traduction rendue), une nouvelle à terminer (je rame un peu, mais ça se construit petit à petit), j'ai perdu hier une journée de boulot à cause d'une interview dont je me souviendrai longtemps (voir ci-dessous) et ça fait deux semaines que je me promets de remettre à jour l'édito de mon site. Ce n'est pas tellement que je manque de temps (quoique), mais j'ai l'impression de me disperser. J'ai hâte d'avoir terminé tout ce qui n'est pas ma traduction en cours (Dime Store Magic de Kelley Armstrong) pour pouvoir m'y consacrer à fond. Le planning de signatures n'aide pas : j'adore ça, mais je ne peux pas m'empêcher de flipper en réfléchissant au nombre de jours de traduction que ça m'a fait perdre. Ça ira mieux quand j'aurai rendu cette traduction de Kelley Armstrong et que je pourrai souffler un peu.


Les signatures, donc… Très chouette week-end à Grenoble, chez Omerveilles, à l'occasion de la Fête de la Musique. Ambiance très conviviale, quoique un peu caniculaire (mon train ayant une heure de retard, je suis arrivée à Grenoble quelque peu ramollie par la chaleur). Quelques discussions très sympa avec des lecteurs (déjà, quelqu'un qui vient de me parler de ma nouvelle « Matilda » en me disant qu'elle lui a rappelé un concert de PJ Harvey, vous imaginez comme ça me fait plaisir). J'ai aussi récupéré sur place un exemplaire en anglais du Rose Madder de Stephen King que je n'ai pas encore lu. Et pour finir la soirée, une balade très sympa dans les rues de Grenoble en pleine Fête de la Musique avec Frédéric, le libraire, mon collègue traducteur Gilles Goulletet sa famille. On est montés en téléphérique jusqu'à la Bastille, ce qui n'a pas manqué de me faire marrer – pour la moi, la Bastille, c'est la place qui se trouve à dix minutes de marche de chez moi… Celle de Grenoble est très chouette, on y a une très belle vue de la ville. Par un soir d'été comme celui-là, c'était particulièrement agréable. J'essaierai de poster des photos sur MySpace et sur mon site dès que j'aurai un moment. Encore faut-il le trouver, le moment.


Prochaine étape : le salon du livre de Nice, de vendredi à samedi. Petit détail tout bête, c'est la première fois que je prendrai l'avion pour me déplacer en France – les seuls voyages en avion de ma vie d'adulte, c'était pour aller à Glasgow puis à Houston. Alors Nice, ça me fait bizarre. J'espère avoir un aussi beau temps qu'à Grenoble, je suis vraiment en manque d'ambiances de vacances estivales en ce moment. Les signatures suivantes, ce seront Kultima (le vendredi 4 et le dimanche 6 juillet, où je participerai aussi à des tables rondes) puis la librairie Labyrinthesde Rambouillet le 12 juillet. Ensuite, relâche en août (et là, j'ai les neurones qui crient « vacaaaaaaances » sur l'air du « braaaaaiiiiiiins » des zombies de série B).

 

Donc, le 21 juin, j'ai raté une journée organisée par mes potes du Cargo et qui avait l'air très sympa, mais je me suis fait la Fête de la Musique toute seule dans le train en m'écoutant en boucle le premier album des Dresden Dolls (et une bonne vingtaine de fois le tube Girl Anachronism dont je ne me lasse pas). Typiquement, c'est un groupe que j'ai découvert sur le tard avant de m'apercevoir que tout le monde autour de moi l'écoutait depuis un bail. Le Cargo leur avait déjà consacré une interview et plusieurs pages de photos. Moi, c'est mon amie Hélène qui m'a fait découvrir ça en décembre dernier et j'ai plongé à fond. Je me revois écroulée de rire à la première écoute de Coin-Operated Boy, dont j'adorais le côté absurde – avant d'écouter attentivement les paroles et de découvrir ce qu'il y a de poignant dans l'histoire de cette fille qui se console d'un chagrin amoureux en compagnie d'un automate. C'est typique de ce que j'adore dans les paroles d'Amanda Palmer : cette ambiguïté constante, cette capacité à écrire des textes qui parviennent à être drôles, tristes, inquiétants et/ou bizarres, tout ça à la fois. J'adore le son du groupe, ce mélange piano/batterie, j'adore la voix d'Amanda, son humour tordu, je suis bidonnée chaque fois que je lis son blog. En ce moment, j'écoute en boucle No, Virginia et je me marre en regardant le clip de Night ReconnaissanceAmanda Palmer et Brian Viglione kidnappent des nains de jardin pour faire des mises en scène. En bref, depuis six mois, je suis de plus en plus fan.


Vous imaginerez donc à quel point j'étais morte de trac hier matin à l'idée qu'à 11h30, j'allais interviewer Amanda Palmer dans un hôtel de Pigalle. Je crois que j'ai arrêté de flipper quand je suis montée à l'étage indiqué et que j'ai entendu sa voix à travers une porte fermée. Là, j'ai su que tout allait très bien se passer et que ce serait un très bon moment. Je crois que j'avais la trouille d'être déçue, comme souvent quand on rencontre des gens qu'on admire. Mais ce qui m'a frappée, c'est que je l'ai trouvée parfaitement identique à l'image que j'avais d'elle (peut-être en partie parce que j'avais vu une vidéo toute récente postée sur son blog et qu'elle y portait presque les mêmes vêtements). Le personnage est aussi marrant que je m'y attendais : très gentille et accueillante, très bavarde, elle parle vite et fort avec de grands gestes, imite des voix et jure comme un charretier avec beaucoup de classe. Je regrette qu'on n'ait pas pu filmer l'interview : je me marre vraiment en réécoutant certains passages, mais c'est beaucoup moins drôle à lire. On a un peu parlé entre autres de Twin Peaks (son album solo s'appelle Who killed Amanda Palmer ?) et de Neil Gaiman, et j'ai beaucoup aimé ce qu'elle disait en fin d'interview de son rapport à l'écriture de paroles et de l'interprétation qu'en font les gens. Résultat, j'ai passé le restant de la journée à retranscrire et traduire cet enregistrement de 26 minutes bien remplies.


L'interview est en ligne ici. Ça s'est un peu organisé à l'arrache, ça a failli tomber à l'eau, mais c'est un chouette souvenir. Je n'ai pas une grande expérience en matière d'interviews : j'en ai fait une poignée par e-mail, trois par téléphone (Maria Mochnacz, Lisa Tuttle et aussi Ken Low du groupe White Hotel), et trois seulement en face à face (Elysian Fields, Eleni Mandell et donc Amanda Palmer). Du coup, je me suis acheté lundi un dictaphone en catastrophe – question sur Twin Peaks oblige, je l'ai fatalement surnommé Diane. Je trouve l'exercice fascinant, ne serait-ce que par son côté imprévisible : on ne sait jamais quelles questions vont prendre ou pas, quelles pistes donneront les échanges les plus intéressants. Amanda m'a effectivement un peu surprise de ce point de vue, mais c'est vraiment un bonheur de l'interviewer. Maintenant, j'attends encore plus impatiemment son album solo à paraître en septembre et son concert à la Boule Noire le 23 octobre. En plus, la chanson Ampersand, dans la version live en écoute sur sa page MySpace, accompagne la rédaction de la nouvelle dont je parlais plus haut – le texte a été long à se débloquer et cette chanson m'a fourni l'un des déclics nécessaires.


Sur ce, je vous laisse, je suis en retaaaaaaaaard (réplique prononcée avec la voix du lapin d'Alice au pays des
merveilles
).

   

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8 juin 2008 7 08 /06 /juin /2008 21:42

(Entrée postée sur MySpace le 08/06/08)



Cette entrée de blog sera plus courte que d'habitude, pour cause d'humeur dominicale un peu grincheuse (due à un début de crève et à une salle de bains à moitié inondée par une fuite), même si j'ai passé une très chouette journée hier à Nancy – un grand merci à ceux qui sont passés me voir au Hall du Livre !


Je parlais il y a quelques semaines d'un concert de My Brightest Diamond qui m'avait fait forte impression, sans doute le plus beau concert que j'aie vu pour l'instant en 2008. La veille, j'avais pu assister à l'enregistrement d'une session Cargo avec Shara Worden et prendre quelques photos. Ç'avait été un moment magique, mais l'un de ces moments qui passent tellement vite qu'on ne comprend ce qui s'est vraiment passé qu'un peu après. Je me rappelle surtout avoir eu un sourire jusqu'aux oreilles tandis que je regardais Shara descendre de l'arbre dans lequel elle venait d'interpréter Apples. La session vient d'être mise en ligne (ici), ainsi que les très belles photos prises par ma camarade Vinciane et ma chronique du superbe album A thousand shark's teeth qui sort ces jours-ci en France. J'ai également posté mes propres photos sur ma page Flickr. Autant je trouve la musique de My Brightest Diamond parfois un peu difficile à aborder sur disque, autant Shara elle-même a l'enthousiasme irrésistible et contagieux. Je ne me lasse pas de revoir ces trois vidéos – avec le même sourire que ce jour-là.

 

 

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1 juin 2008 7 01 /06 /juin /2008 21:12

(Entrée postée sur MySpace le 01/06/08)


Ça commence à faire un moment que je me dis « Tiens, je posterais bien une nouvelle entrée de blog », et puis les jours passent, je vadrouille toujours pas mal, j'essaie de rattraper mon retard de traduction le reste du temps, et il y a toujours quelques concerts qui se glissent dans mon emploi du temps et n'arrangent pas les choses. Vous aurez donc échappé à diverses considérations sur le fait que j'aie revu Carrie dont je parlais récemment (suis-je la seule personne que ce film fait pleurer comme une madeleine ?), dévoré d'une traite deux bouquins de Nancy Huston et le dernier Benacquista toujours aussi jouissif, dégusté cidre et galettes à Saint-Malo pendant le festival Etonnants voyageurs où j'ai eu le plaisir de revoir pas mal de collègues ainsi que l'équipe de la librairie Critic où j'avais signé courant mars (sans parler de la fine équipe de Bragelonne avec qui on se déplace pas mal en groupe en ce moment : Pierre Pevel, Laurent Genefort, l'attachée de presse Leslie Palant, ainsi qu'Erik Wietzel qui nous a rejoints sur place). L'un des moments magiques, à Saint-Malo, a été de découvrir notre hôtel en bord de mer, d'écouter le bruit des vagues par la fenêtre de ma chambre le samedi soir, puis de prendre un moment pour aller me promener sur la plage le dimanche avant de rejoindre les lieux du festival. C'est curieux, mais moi qui n'aimais pas spécialement la mer du temps où j'habitais Dunkerque, je commence à y prendre goût depuis la trentaine. L'odeur et le bruit de la mer suffisent à me mettre de très bonne humeur en ce moment.

 

 (Photo : Jean-Emmanuel Aubert)


Côté salons, le gros événement du mois aura été les Imaginales d'Epinal. Quatre jours assez intenses, aussi crevants qu'euphorisants, riches en rencontres, retrouvailles, fous rires avec les copains et discussions avec des lecteurs. Et des lecteurs, à Epinal, on en croise beaucoup – j'avoue que j'ai été assez impressionnée par les retours que j'ai pu avoir sur mes deux recueils. (A propos de fous rires, note pour Xavier D. : le traditionnel fou rire nocturne aux alentours du pub n'a pas eu lieu cette année, sans doute parce que les effectifs n'étaient pas au complet). J'ai de très bons souvenirs aussi des tables rondes, notamment de la toute première, consacrée au fantastique, animée par Claude Ecken et à laquelle je participais avec Sire Cédric, Michel Pagel et Francis Berthelot. Déjà, grande nouveauté cette année : Claude lisait des extraits de textes des participants. J'avais toujours entendu dire que c'était un excellent lecteur, j'en ai eu confirmation. Mais ça fournissait en plus une base concrète à partir de laquelle relancer le débat. C'était très intéressant de l'entendre lire un extrait de ma nouvelle « Nous reprendre à la route » : je ne me rappelais pas que le rythme de ce passage était aussi haché et le vocabulaire aussi violent (Francis Berthelot a fait un rapprochement avec Crash de Ballard que j'ai trouvé très pertinent). Par ailleurs, comme on partage tous les quatre une vision du fantastique assez semblable, ça a donné lieu à des échanges intéressants.


Et puis les quatre jours passent à toute vitesse, on n'a pas le temps de croiser la moitié des gens qu'on espérait revoir, on rentre crevé mais content et on passe des plombes à trier ses photos. J'en ai mis quelques-unes en ligne sur MySpace dans l'album "Signatures et salons". Il y en a pas mal d'autres (pas les miennes) sur le forum ActuSF.


A propos d'ActuSF, je saute du coq à l'âne pour signaler l'ouverture aujourd'hui d'une toute nouvelle librairie en ligne baptisée Ys et créée par Clément Bourgoin, collaborateur régulier du site. Elle se consacre principalement aux livres d'occasion dans le domaine SF/fantasy/fantastique. Une soirée d'inauguration (bien arrosée comme il se doit) a eu lieu vendredi dernier chez Scylla, partenaire de cette nouvelle librairie, comme en témoigne la photo ci-contre (Clément en grande conversation).

 

Sinon, il continue à se passer pas mal de choses ces temps-ci, musicalement parlant. Jusqu'ici, je trouve que 2008 est un très bon cru : je n'ai encore entendu aucun album qui m'ait retourné les tripes comme ceux de PJ Harvey ou Jesse Sykes l'an dernier (même le Portishead, que j'écoute finalement assez peu), mais il y a eu pas mal de chouettes surprises. J'ai eu notamment l'occasion d'entendre le nouvel album de My Brightest Diamond qui sort incessamment et je vous le recommande chaudement – comme le précédent, je l'ai trouvé un peu difficile d'accès au début, mais une fois qu'on est dans l'ambiance, il est magnifique : aérien, intimiste et lyrique à la fois, avec des moments de grâce absolue. Je posterai une chronique sur le Cargo en fin de semaine, en même temps que la mise en ligne de la session acoustique dont j'ai déjà parlé ici – j'ai hâte de la voir, ça devrait être un grand moment. Je posterai le lien le moment venu.

 

Et donc, puisque je reparle de Jesse Sykes : j'attendais impatiemment, deux jours avant les Imaginales, un concert à l'affiche plutôt alléchante. Outre Jesse Sykes & The Sweet Hereafter, il y avait aussi Black Mountain dont on m'avait dit le plus grand bien, Phosphorescent que j'allais découvrir sur place (j'ai beaucoup apprécié les deux), et surtout Marissa Nadler dont l'album Songs III : Bird on the water, sorti l'an dernier, a énormément tourné chez moi ces dernières semaines. La voix de sirène de Marissa Nadler, ses ambiances envoûtantes et ses textes souvent très sombres m'ont d'ailleurs en partie inspiré ma dernière nouvelle en date (intitulée « Chanson pour la chimère »). Au plaisir du concert lui-même s'est ajouté celui d'une rencontre : après avoir tenté d'organiser des sessions Cargo qui sont tombées à l'eau – je m'y attendais, cela dit – on a eu la possibilité de filmer une chanson pendant la balance de Marissa Nadler, qui m'a également laissée la prendre en photo avant la balance. Je n'ai pas une grande expérience de ces choses-là, je ne suis pas très douée pour faire poser les gens, même si je commence un peu à prendre confiance en moi, mais je ne peux pas m'empêcher d'être impressionnée à chaque fois. Je garde un côté groupie, en fait : avoir devant moi quelqu'un dont la musique m'a touchée, même si c'est tout récent comme dans ce cas précis, ça me fait toujours quelque chose. Alors avoir carrément l'occasion de prendre des photos posées… J'ai d'excellents souvenirs de cette journée, mais le plus précieux, c'est sans doute celui de ces cinq minutes passées à photographier Marissa dans la cour de la Maroquinerie. Comme l'éclairage difficile ne m'a pas permis d'en prendre de bonnes pendant son concert, je tiens encore plus à ces quelques photos posées.


Très beau concert d'ailleurs, quoique très bref. J'aime décidément beaucoup sa chanson Mexican summer (qu'elle interprétait avec trois micros différents, chacun produisant un effet de voix particulier). Quand au set de Jesse Sykes (dont les photos sont disponibles ici), je l'ai apprécié davantage que celui de l'Européen l'an dernier, dont je gardais un souvenir mitigé. Je continue à penser que les concerts ne rendent pas justice à la subtilité de l'album Like, love, lust and the open halls of the soul, ne serait-ce que parce que la voix est moins mise en avant sur scène. Et la voix de Jesse Sykes, c'est quelque chose. J'aurais du mal à expliquer pourquoi le tout début d'Eisenhower Moon, la façon dont elle prononce la phrase « Is this still a good place to be ? », me fait autant d'effet, mais j'en ai eu la chair de poule pendant le concert. La seule manière dont je puisse décrire cette voix, c'est en disant qu'il s'en dégage par moments une impression de sagesse et d'expérience impressionnantes, comme si cette voix était plus âgée que Jesse elle-même, comme si c'était celle d'une personne ayant vécu deux ou trois existences. J'ai tellement écouté cet album l'an dernier que je pensais finir par m'en lasser ; je l'ai ressorti récemment et il ne me quitte de nouveau plus.


Et à part ça, Tom Waits revient à Paris en juillet, pour la première fois depuis un concert au Grand Rex en 2000 que j'ai toujours regretté d'avoir raté. Cette fois, j'ai une place au balcon – celles de l'orchestre étaient vraiment trop chères. À ce tarif-là, j'espère que ça en vaudra la peine.


Côté signatures, la suite des événements : Nancy ce samedi, Laval le week-end d'après, puis Grenoble le jour de la fête de la musique. Et ce n'est pas fini.


 

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