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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 20:03

Alors voilà, c’est maintenant officiel : le projet éditorial dont je parlais en pointillés depuis un moment sera un troisième recueil qui reprendra l’essentiel de mes nouvelles parues depuis Notre-Dame-aux-Écailles plus deux inédites, soit douze textes au total. Il paraîtra en octobre chez Bragelonne et s’appellera Le Jardin des silences. Pour l’occasion, mon site laissé à l’abandon depuis un moment (pour tout un tas de raisons bonnes et mauvaises) devrait être refait à neuf. Il se peut que ce blog subisse une mutation par la même occasion. La deuxième partie de l’année devrait être particulièrement bien remplie.

 

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J’en profite pour annoncer deux autres parutions. Tout d’abord une nouvelle au sommaire de Bardes et sirènes, l’anthologie officielle des Imaginales qui paraît ces jours-ci chez Mnémos. Un texte de fantasy urbaine qui se situe à Paris de nos jours et qui ne contient pas l’ombre d’une queue de poisson. Son titre : « Le Chant des autres ». Et chez Folio SF, la réédition en poche d’Ainsi naissent les fantômes, le recueil de Lisa Tuttle que j’avais sélectionné/traduit/préfacé pour les éditions Dystopia. Sortie qui coïncide presque avec celle des Chambres inquiètes, autre recueil de Lisa Tuttle dont je vous parlais récemment.La couverture est signée Bastien L., comme celles de mes recueils dans leur version Folio.

 

Je signale aussi une interview sur le blog du projet DraftQuest (qui se décrit comme « site ludique, créatif et social, qui propose de libérer ses utilisateurs des blocages de l’écriture »). Compte-tenu de l’orientation du site, il y est pas mal question d’écriture, d’inspiration, de l’influence de la traduction et des lectures. Elle est publiée en deux parties (ici et ici) et pour ce qui est de la question de mes projets en cours, vous rectifierez de vous-mêmes à partir de l’info ci-dessus.

 

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 16:36

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Bien que l’envie soit restée présente depuis treize ans (en témoigne ma fascination pour ceux des autres), j’ai longtemps répété que je ne voulais pas d’un deuxième tatouage, qui retirerait à la symbolique du premier. Jusqu’au jour où ma petite salamandre tribale de 2001 n’a plus suffi à me représenter. J’avais trop changé entre-temps et la salamandre seule était devenu, sinon obsolète, disons incomplète. Comme une parenthèse ouverte qui s’était refermée entre-temps et qu’il fallait marquer à son tour.

 

L’envie de marquer cette nouvelle page tournée s’est précisée l’an dernier, mais le motif exact m’échappait. Jusqu’à ce séjour à Houston où les moments liés aux oiseaux se multipliaient, à commencer par les pauses lecture dans ce coffee shop où les blackbirds guettaient le départ des clients pour se jeter sur leurs assiettes et picorer les restes. Et cette visite chez un antiquaire où une bague en forme de peyote bird indien m’avait fascinée. Soudain, c’est devenu une évidence : ce serait un oiseau, et partant de là, ça ne pouvait être qu’un corbeau.

 

Quelques mois plus tard, sans avoir assez réfléchi, je commençais par frapper à la mauvaise porte et faire confiance à la mauvaise personne, pour tout annuler deux jours avant le rendez-vous en découvrant, un peu effarée, le motif qu’on me proposait. Il a fallu qu’une tatouée mieux renseignée me mette sur la piste de divers tatoueurs au style personnel très marqué, de ceux qu’on peut réellement qualifier d’artistes. J’ai découvert des possibilités infinies que je ne soupçonnais pas, et repéré quelques noms dont le style me parlait : Dodie, Aurélio ou encore Maud Dardeau. Mais je revenais constamment sur la page Facebook d’Art Corpus. Un album en particulier m’avait tapé dans l’œil : celui de Nils au style proche de la BD, dont quelques pièces m’avaient vraiment soufflée. Soudain mon projet de corbeau, que je voyais au départ petit et stylisé, commençait à muter. Je me prenais à rêver de l’imaginer dessiné avec cette griffe-là, ces ombres-là.

 

Le hasard a voulu que je prenne mon rendez-vous au moment où mon recueil Serpentine fêtait ses dix ans. J’ai reparcouru la nouvelle-titre en m’étonnant de la trouver assez fidèle aux questionnements et aux étapes par lesquels j’étais en train de repasser. Deux mois plus tard, me voilà qui descends dans le sous-sol d’Art Corpus. Pendant toute la séance, j’avais sous les yeux un mur où étaient accrochés des dizaines de croquis de tatouages de Nils, parmi lesquels figuraient ceux que j’avais tellement regardés ces dernières semaines. Ce papillon fait de rouages, ces crânes entourés d’autres papillons, cette faucheuse, cette clé stylisée…  À mi-chemin de la séance, quelqu’un a eu la divine idée de lancer le Kicking against the pricks de Nick Cave en fond sonore, album que j’écoute peu ces jours-ci mais pour lequel je garde une grande tendresse. Je me rappelle avoir serré les dents sur Long black veil tandis qu’on attaquait les parties les plus sensibles, jubilé pendant Sleeping Annaleah qui m'est resté en tête depuis et éprouvé une indescriptible euphorie tandis que le tatouage se terminait aux dernières notes de The carnival is over.

 

Je sais d’expérience qu’on garde un souvenir extrêmement précis d’une séance de tatouage. Une fois le stress évacué, restent des images et des sensations, le rapport à la douleur (nettement supportable mais pas négligeable pour autant), la conscience de franchir une étape sans retour, le rapport de confiance qu’on noue avec le tatoueur auquel on soumet sa peau. Je suis reconnaissante à Nils d’avoir tiré le motif vers l’idée d’une pièce plus grande, que je n’aurais sans doute pas osé tenter de moi-même mais qui est avec le recul une évidence absolue. Tout comme je sais que j’ai choisi exactement le tatoueur que je cherchais, celui qui a su mettre en forme mes idées encore floues et me mettre ensuite en confiance.

 

Reste maintenant à franchir l’étape cruciale de la cicatrisation, puis à voir comment il vieillira. Mais quarante-huit heures plus tard, je me demande déjà comment j’ai pu vivre si longtemps avec le bras si nu.

 

 


 

 

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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 11:31

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J’ai souvent dit et répété à quel point j’avais été marquée adolescente par les nouvelles fantastiques de Lisa Tuttle, au point de la citer comme la seule influence directe et consciente que je reconnaisse dans mon écriture. Serpentine lui était logiquement dédié. Je m’en expliquais il y a trois ans dans la préface du recueil Ainsi naissent les fantômes que j’avais rassemblé, traduit et préfacé pour les éditions Dystopia.

 

Les mêmes éditions Dystopia ont aujourd’hui l’excellente idée de lui consacrer un deuxième recueil, intitulé Les Chambres inquiètes. Il s’agit cette fois d’une sélection de ses meilleurs textes parus en français dans les années 90, que ce soit dans les anthologies Territoires de l’inquiétude ou dans ses propres recueils chez Denoël (Le Nid et Sur les ailes du cauchemar). Le recueil est cette fois traduit et présenté par Nathalie Serval, qui a traduit la grande majorité des œuvres de Lisa Tuttle disponibles en français. 

 

Je manque de recul pour vous parler de ce livre en détail. J’en dirai simplement que c’est un peu étrange (une étrangeté fort agréable) de voir reparaître aujourd’hui des nouvelles comme « La tombe de Jamie », « Vol pour Byzance », « L’Autre mère » ou « Les mains de M. Elphinstone », qui font partie de l'imaginaire de mon adolescence et dans lesquels j’ai découvert une approche du fantastique qui m’a marquée durablement – un fantastique subtil, insidieux et souvent dérangeant, qui plonge ses racines dans le quotidien le plus ordinaire et les angoisses les plus universelles. Si vous souhaitez en savoir un peu plus sur Les Chambres inquiètes, Hugues Robert de la librairie Charybde en parle de fort belle manière sur son blog.

 

Pour fêter cette parution, la librairie Charybde invite Lisa Tuttle et Nathalie Serval ce samedi 12 avril dans le cadre des septièmes Dystopiales, où elles signeront en belle compagnie : Serge Lehman, Luvan, Laurent Genefort et Christian Chavassieux. J’y serai également, en touriste ravie de recroiser tout ce beau monde et de voir paraître ce recueil. Une belle après-midi en perspective.

 

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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 13:19

 

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Quoi de plus agréable que de voir coïncider ma période préférée de l'année, celle où les premiers rayons de soleil commencent à dissiper l'hiver, avec le moment où ce que sera mon année 2014 commence à se préciser ? Beaucoup de choses petites et grandes bougent en sous-marin depuis quelques semaines. Il est trop tôt pour en parler, comme souvent, à ma grande frustration. Je me contenterai d'évoquer une nouvelle à paraître dans quelques mois, deux invitations à des salons avant l'été dont l'un en compagnie des Deep Ones, un projet d’écriture un peu particulier, une nouvelle expérience intéressante à vivre cet automne. Pour le reste, motus en attendant que les choses se confirment. Mais l’année promet d’être aussi chargée sinon plus que le fut 2013 (dite "l'année des grandes premières et du jonglage de casquettes").

 

Ce que je peux vous annoncer officiellement, en revanche, c'est la parution d'une nouvelle inédite, "Le dit de la pleine lune", dans le numéro 2 de la revue  Mythologica. Le numéro en question étant consacré à Lovecraft, avec un dossier coordonné par Christophe Thill, la consigne de départ était que la nouvelle présente un lien même ténu avec son œuvre. J’ai choisi de jouer sur l’ambiance et les thématiques lovecraftiennes plus que sur des référents directs qui auraient fait pencher le texte vers le pastiche. Une voyante, un tirage de cartes, un client qui en sait plus qu’il n’y paraît – et il se passe, bien entendu, des choses indicibles.

 

Je peux également annoncer ma présence au festival Zone Franche le samedi 5 avril, où je participerai aussi au quatrième concert des Deep Ones. Celui-ci se déroulera à la médiathèque de Bagneux et nous y accueillerons un nouveau membre en la présence de Laurent Kloetzer. Entrée libre mais réservation obligatoire.

 

Je signale également au passage la parution quasi simultanée de deux de mes traductions récentes. Légion, novella loufoque de Brandon Sanderson qui m’a valu quelques fous rire en cours de traduction ; et Le Dernier hiver de Dani Lancing de P.D. Viner, polar vaguement teinté de fantastique qui n’est peut-être pas totalement exempt de quelques défauts de débutant, mais qui m’a vraiment touchée par sa manière d’aborder le thème du deuil impossible qui détruit la vie des proches d’une jeune fille assassinée.

 

 

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 19:59

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Sur la tournée de l’album Twelve où elle reprenait Within you, without you, Patti Smith racontait une anecdote inimaginable à notre époque. Lorsque les Beatles avaient sorti Sergeant Pepper, il avait fallu attendre quelques semaines avant que l’album ne traverse l’Atlantique. Une radio américaine avait alors diffusé un soir l’intégralité de l’album. Une expérience que Patti Smith se rappelait avec une grande émotion, comme un de ces moments uniques où la musique crée un lien réel entre les gens.

 

J’ai repensé à cette anecdote mercredi dernier devant la scène du Divan du Monde. Peu de choses vous font ressentir aussi nettement le passage des époques que de vous trouver à deux mètres d’une artiste qui a été un personnage de votre mythologie adolescente. Il paraît presque irréel, à l’époque où la musique est à portée de clic sur Youtube ou Deezer, de se rappeler un temps où l’on guettait religieusement les passages d’une chanson à la radio pour tenter de l’enregistrer, en attendant de s’acheter l’album sur cassette avec son argent de poche. J’avais treize ans, quatorze ans, la chanson s’appelait Solitude standing et j’étais totalement fascinée par son refrain, sa mélodie envoûtante et la voix de l’interprète. J’avais découvert Suzanne Vega par hasard un jour où Book of dreams passait au Top 50 (encore un détail qui ancre le souvenir dans son époque), quelque part entre le carton de Luka et celui du remix de Tom’s diner que j’ai vécu ensuite en direct.

 

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D’innombrables écoutes de l’album Solitude standing plus tard, j’ai raccroché à l’œuvre de Suzanne Vega lorsque l’émission de Bernard Lenoir (autre repère temporel pour ma génération) m’a permis de gagner Nine objects of desire. Le deuxième concert de ma vie, avant mon arrivée à Paris, fut aussi l’un des siens, sur la scène d’un théâtre de Calais, partagé avec ma mère et ma sœur qui en gardent un souvenir aussi ému que moi. Et vingt-quatre ans après, voilà qu’elle fait aussi partie de ma vie d’adulte et des artistes que je prends plaisir à suivre de près, d'albums en concerts. Il y a bien plus que de la nostalgie dans mon rapport à sa musique : sa carrière est belle et riche, tout simplement, au-delà de la poignée de tubes qui l’ont fait connaître. Il suffit d’écouter le tout récent Tales from the Realm of the Queen of Pentacles pour s’en convaincre (album que j’ai chroniqué ici pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus).

 

Mercredi soir, ces nouveaux morceaux cohabitaient avec une poignée de chansons plus anciennes (Gypsy, In Liverpool ou Rosemary), de celles qui faisaient partie de ma vie comme de celle des autres fans qui m'entouraient. L’espace de quelques minutes, Solitude standing m’a rendu mes quatorze ans.

 

(Compte-rendu et photos du concert disponibles sur Le Cargo.)

 

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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 12:22

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Les lectures musicales se suivent et ne se ressemblent pas. Après le calme et les belles lumières d'une MJC de Lyon fin octobre, les Deep Ones se produisaient ce dimanche dans le cadre plus animé du Dernier Bar avant la Fin du Monde, au milieu d’un chouette décor geek friendly où un gremlin déguisé en Père Noël côtoie un sapin lovecraftien. Cadre qui ne fut pas sans poser quelques problèmes techniques, notamment au niveau du son : en l’absence d’une véritable sono, il a fallu improviser (avec le précieux concours du matelot Micky du Cargo, transformé pour l’occasion en ingé son et en Deep One d’honneur). Il semblerait que les voix n’aient pas toujours été très audibles selon l’endroit où se trouvaient les auditeurs, ce qu’il nous était difficile d’anticiper.

 

Pour le reste, les commentaires ont été plutôt enthousiastes dans l’ensemble. Parmi les interventions des autres lecteurs, j’ai particulièrement aimé « Le saut de l’ange » lu par Nathalie Dau dont la voix de conteuse née rendait le texte réellement vivant ; « Point de sauvegarde » de Lionel Davoust pour sa rythmique tendue, martiale, qui souligne parfaitement le thème guerrier du texte ; et toujours l’extrait de la nouvelle « Visionnaires » de Sire Cédric récité sur un rythme binaire inquiétant qui évoque le battement d’un cœur. Pour ma part, j’ai eu le sentiment de commencer à trouver ma voix sur l’extrait de ma nouvelle « Trois renards » qui m’avait donné un peu de mal à Lyon. Outre « Les Sœurs de la Tarasque », j’avais aussi choisi à l’occasion des fêtes de lire un extrait du « Chant de Noël » de Dickens, qui semblait se prêter au spectacle puisque c’est à la fois un (formidable) conte de Noël et une histoire de fantômes bien dans la tradition. Un grand merci à tous ceux qui sont venus nous écouter, ainsi qu'un grand bravo à mes camarades Profonds : Christophe Thill, Lionel Davoust, Nathalie Dau, Ghislain Morel, Patrick Eris, Ophélie Bruneau, Shan Millan et Sire Cédric.

 

Belle conclusion d’un week-end intense qui avait commencé à Gardanne où j’ai été accueillie chaleureusement par l’équipe de la médiathèque Nelson Mandela ainsi que par les enseignants et documentalistes du lycée et du collège dont j’ai rencontré les élèves. Les rencontres ont été touchantes et enrichissantes, et j’ai même eu la surprise de repartir avec une bouteille de vin produit par le lycée agricole où j’intervenais vendredi matin. Week-end à peine gâché par un arrêt forcé à Lyon suite à une correspondance ratée samedi soir, ce qui fut l’occasion de répéter mes lectures du lendemain en faisant apparaître renards et fantômes dans une chambre d’hôtel aux frais de la SNCF.

 

Quelques photos volées lors des balances au Dernier Bar, en remerciant Sire Cédric pour l'indicible portrait qui les accompagne.

 

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 13:48

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Les fêtes approchent et la fin de mes deux mois sans traduction se profile tout doucement – j’ai bouclé ma quatrième nouvelle de l’année, encore sans titre, la semaine dernière. Reste encore le temps d’un dernier déplacement : je serai en fin de semaine à Gardanne, où je rencontrerai des classes et participerai également à une rencontre/dédicace publique à la médiathèque Nelson Mandela ce samedi à 14h30. Plus d’infos à ce sujet sur le site de la ville de Gardanne.


Le lendemain, retour à Paris pour le troisième concert de lectures musicales des Deep Ones – notre tout premier dans la capitale. Il se déroulera au Dernier Bar avant la Fin du Monde à partir de 14h. Seront présents pour ce concert : Sire Cédric, Nathalie Dau, Ophélie Bruneau, Patrick Eris, Lionel Davoust, Ghislain Morel, Christophe Thill, Shan Millan et moi-même. On me chuchote qu’il pourrait être judicieux de ne pas arriver trop tard, le cadre étant chaleureux (et geek friendly à souhait) mais pas immense. Les auteurs/lecteurs/musiciens resteront sur place après le concert pour une rencontre/dédicace informelle autour d’un verre ou plusieurs, et nos célèbres T-shirts qui brillent dans le noir seront en vente pour l’occasion.

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Published by Mélanie Fazi - dans Salons et dédicaces
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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 17:35

Un jour peut-être, je vous raconterai l’histoire du mois sans traduction qui ne prit pas tout à fait la tournure escomptée et enchaîna sur un deuxième. Le jonglage de casquettes a rarement été aussi compliqué que cette année, pour des raisons que je ne m’explique pas bien ; il devient délicat d’empêcher mes différentes activités d’empiéter les unes sur les autres.

 

Cela étant dit : même pas mal.

 

En guise d’intermède, notre désormais traditionnelle rubrique « Des sons en images », ou le résumé des aventures photographico-musicales de ces dernières semaines.

 

Avec par ordre d’apparition : la musique indescriptiblement barrée mais passionnante d'Arlt (photos live), les envoûtantes musiques de film de John Parish (photos live), le coup d’essai magistral de la débutante Nadine Shah (interview, photos, session), la poésie onirique de Maissiat (photos live), le folk-rock mélancolique de Lauren Hoffman (session), et le rock brut et hypnotique de Robi (photos live).

 

J'en profite également pour vous signaler que l'épatant projet Playing Carver, réunissant sept musiciens talentueux (John Parish, Marta Collica, Gaspard LaNuit et les quatre membres d'Atlas Crocodile) et dont j'ai déjà parlé ici ou , a grand besoin de votre aide pour rassembler dans les temps, c'est-à-dire d'ici la fin de cette semaine, la somme nécessaire à sortir un album qui s'annonce passionnant. A votre bon coeur...

 

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16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 15:34

Il y a des choses, dans une vie, qu’on a rangées à jamais dans la catégorie des infaisables et des improbables. Parmi celles-ci, voir de ses yeux certains artistes, auteurs, musiciens ou autres, que leur niveau de notoriété rend parfaitement inaccessibles. Je m’étais résignée depuis longtemps à l’idée de ne jamais voir en chair et en os un certain écrivain du Maine que je lis depuis l’âge de seize ans, qui a marqué en profondeur mon imaginaire et dont les livres continuent à me parler et à m’émouvoir vingt ans plus tard.

 

Sauf que.

 

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Stephen King en France pour une semaine, avec des passages radio et télé qui se multiplient mais de rares apparitions publiques. Une soirée au Grand Rex ce samedi, et une dédicace mercredi dernier à laquelle j’ai renoncé non sans regret : en milieu de matinée, on m’apprenait que des centaines de personnes campaient déjà devant le MK2 Bibliothèque. L’année même où je découvrais Dead Zone sur le tard, où je passais une semi-nuit blanche à pleurer à chaudes larmes sur le dénouement de La Tour sombre, sans me douter qu’il serait bientôt en France pour la toute première fois. J’ai beau avoir démythifié les vedettes et les écrivains en particulier depuis des années, le savoir à Paris et avoir raté l’occasion de lui faire signer l’un de ces livres qui ont tellement compté me faisait beaucoup plus d’effet que je n’aurais pu m’y attendre.

 

Et puis un concours de circonstances heureux : une invitation à parler de l’œuvre de King et du thème de la peur dans le cadre de la Matinale du Mouv’. Soit quelques heures à peine avant l’interview qu’il devait accorder à la même radio en présence d’une poignée de lecteurs chanceux. On m’avait prévenu qu’il serait très difficile d’y assister. Et puis, à la dernière minute…

 

Une heure dans un petit studio, à écouter parler un type à lunettes vêtu d’un T-shirt rouge vif, qui s’animait au son des chansons qu’il reconnaissait. Une heure à me dire, sans arriver vraiment à y croire : alors c’est lui ? L’été de mes seize ans passé avec Grippe-Sou le clown et le Club des Ratés, la confession de Dolores Claiborne, « Les Enfants du maïs », le bal tragique de Carrie, les larmes versées sur 22/11/63 et le choc de Misery, ce grand roman sur l’écriture, c’était lui ? Ce type bavard et affable en train de nous raconter qu’un policier l’a laissé filer après un excès de vitesse parce qu’il lui expliquait s’être emballé en écoutant Judas Priest ?

 

Et puis quelques secondes irréelles : un créneau dédicace tout à la fin, juste avant qu’on ne nous fasse quitter le studio. Je me suis à peine rendu compte. Je me souviens d’avoir bredouillé deux phrases en lui tendant mon exemplaire de Misery apporté au cas où. Puis c’était terminé. Je me rappelle bien davantage l’interview que la dédicace elle-même. Il m’était déjà arrivé de me dire, alors même que les dédicaces m’intéressent moins en soi que la rencontre autour, qu’il n’existait qu’un écrivain dont la seule signature sur un livre me ferait quasiment l’effet d’un talisman. Elle orne désormais un roman qui m’a tellement marquée, une lecture de vacances commencée il y a sept ans dans un avion pour Houston, terminée en Louisiane la semaine suivante, et qui ne m’a jamais lâchée depuis. Et j’ai encore du mal à y croire.

 

L’émission à laquelle je participais autour de la peur est en écoute sur le site de la Matinale du Mouv’. Je conseille également l’entretien qui lui est consacré dans La Grande Librairie : il est déjà assez rare que la télé française parle de lui sans tourner en boucle autour des clichés habituels du « Maître de l’horreur ». Alors une interview menée par quelqu’un qui connaît et apprécie réellement son œuvre (et qui présente notamment Dolores Claiborne comme le chef-d’œuvre qu’il est), c’est à marquer d’une pierre blanche.

 

Merci infiniment à l’équipe du Mouv’ grâce à qui j’ai passé, à tous points de vue, une journée vraiment mémorable.

 

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 15:54

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Et de deux. Une deuxième date pour se convaincre que ce premier concert de lectures musicales des Deep Ones à Épinal n’était pas qu’un coup de chance et que nous n’en avions pas enjolivé le souvenir. Sur la scène de la MJC Monplaisir de Lyon, ce week-end, il s’est de nouveau passé quelque chose. La lumière était belle, le cadre parfait et l’instant très beau. J’ai pris un immense plaisir non seulement à retrouver la scène et le micro, mais aussi à regarder et écouter mes camarades depuis le côté de la scène. À me faire happer de nouveau par certaines lectures déjà entendues aux Imaginales – comme ce texte de Sire Cédric à l’ambiance lourde et moite, lu sur fond de percussions lancinantes, qui vous laisse avec la chair de poule et le cœur battant. Plaisir aussi de découvrir d’autres textes, d’autres thèmes musicaux, d’autres voix – celle d’Ophélie Bruneau qui nous rejoignait pour la première fois et en qui je découvrais une conteuse hypnotique.

 

 

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Pendant mes propres lectures, j’ai connu deux très beaux moments : me trouver, en lisant un extrait de ma nouvelle « Trois renards » situé dans une salle de concert, face à un décor presque identique à celui que je décrivais : les sièges, les projecteurs, les spectateurs dans la pénombre. Et une euphorie indescriptible, vers la fin du spectacle, en me replongeant dans l’ambiance des « Sœurs de la Tarasque », un texte qui me tient vraiment à cœur et que je prends un plaisir immense à lire à haute voix.

 

Et puis le bonheur d’être là, la fierté de participer à ce joli projet, de voir et d’entendre mes camarades aux voix si différentes mais complémentaires. La sensation d’être pleinement vivante, qui efface d’un coup le trac de l’heure d’avant et le stress des préparatifs.

 

Et la hâte de recommencer. Ce sera en décembre, à Paris cette fois, et j’espère pouvoir vous en dire plus très prochainement.

 

 

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Ce week-end aux Intergalactiques, le concert mis à part ? De jolis moments passés trop vite, des collègues revus trop rapidement, un défilé de T-shirts délirants comme seuls les geeks savent les dénicher, un Dalek grandeur nature dans l’espace VIP, une visite du vieux Lyon, de ses traboules et de ses bouquinistes, un verre de Deep-Quetsche-qui-tape partagé avec mes camarades au terme du spectacle, une nuit en compagnie d’un chat noir accueillant, de Playmobil vampires et d’un mobile de chauve-souris du plus bel effet.

 

Séquence merchandising pour finir : les Deep Ones possèdent à présent leur propre T-shirt, qui brille dans le noir et qui est en vente à nos concerts. Le modèle ci-dessous tient à préserver son anonymat et remercie Lionel Davoust pour la photo.

 

(Merci aussi à Adrien Party pour les photos du concert.)

 

 

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