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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 12:47

Récemment créé par les éditions Bragelonne, le label Brage est consacré à la publication sous forme numérique de nouvelles à la pièce. L'occasion de lire des textes courts pendant les transports et/ou de découvrir un échantillon de l'univers d'un auteur avant de se lancer dans tout un recueil. Sont disponibles pour l'instant des nouvelles de Fabrice Colin, Erik Wietzel, Michael Marshall Smith, Nancy Kress, Alastair Reynolds... et deux des miennes : "Serpentine" et "Villa Rosalie". "Mardi gras" devrait suivre prochainement, et d'autres textes ensuite. Ce qui porte pour l'instant à quatre le nombre de mes nouvelles disponibles sous forme numérique, les deux autres étant "Le Jardin des silences" dans le numéro 3 de la revue  Angle Mort, et "Miroir de porcelaine" disponible chez  ActuSF.

 

Pour en savoir plus, les sorties de la collection Brage, tout comme celles du catalogue Bragelonne/Milady/Castelmore en numérique, sont régulièrement annoncées sur le blog de Bragelonne.

 

 

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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 12:22

Un grand merci à tous ceux qui sont passés hier chez Charybde m’écouter jouer les « libraires d’un soir ». Passé le trac initial, l’exercice est vraiment grisant, et les livres les plus faciles à présenter ne sont pas ceux qu’on croit. Je ne m’étais pas attendue à prendre un tel plaisir à expliquer en quoi « The Waste Land » de T.S. Eliot est, à peu de choses près, la plus grosse claque de lecture que j’aie prise ces dernières années.

 

Pour ceux qui n’ont pas pu venir, ou que la liste intéresse par curiosité, la voici en détail. Les livres seront disponibles tout le mois de juillet à la  librairie Charybde (129 rue de Charenton, 75012 Paris).

 

Harper Lee, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur (To Kill a Mockingbird)

Un classique absolu dans les pays anglophones, curieusement peu connu chez nous. En Alabama, dans les années 30, l’avocat Atticus Finch accepte de défendre une cause perdue d'avance : celle d’un Noir, Tom Robinson, accusé à tort du viol d’une Blanche. L’histoire est vue par les yeux des deux enfants d’Atticus Finch, qui se retrouvent pour la première fois confrontés à l’injustice. Le choix de faire raconter l’histoire par la petite Scout, du haut de ses six ans, introduit une légèreté et une drôlerie qui empêchent de tomber dans la démonstration pesante.

 

Carson McCullers, Frankie Addams (The Member of the Wedding)

L’un des romans les plus justes que je connaisse sur l’adolescence, par un des écrivains majeurs de la littérature sudiste américaine. Frankie a douze ans, l’impression de n’être nulle part à sa place dans le monde, et traîne son mal-être dans les rues étouffantes d’une petite ville du sud des USA. À l’approche du mariage de son frère aîné, elle se persuade à tort que les mariés l’emmèneront avec eux après la cérémonie et qu’elle commencera une nouvelle vie. Pendant quelques jours, l'idée vire à l'obsession. Un roman court, lent mais très dense, tout en introspection, à l’écriture magnifique.

 

Dorothy Allison, L’histoire de Bone (Bastard out of Carolina)

Autre roman « sudiste » à l’ambiance magnifique et terriblement vivante, entre chronique familiale et récit semi-autobiographique. Douze ans de la vie d’une jeune fille dont l’histoire sera marquée par la violence de son beau-père et l’absence de réaction de sa mère pourtant prête à tout pour ses deux filles. Un roman âpre et violent, éprouvant par moments, mais qui réussit à n’être jamais glauque, larmoyant ni misérabiliste.

 

Tonino Benacquista, Saga

Le roman de plage idéal, à dévorer d’une traite. Dans les années 90, alors que les chaînes de télévision se voient imposer un quota de création française, quatre scénaristes ratés sont embauchés pour écrire une série que personne ne verra, diffusée à 4h du matin, uniquement destinée à remplir les quotas. « Faites n’importe quoi, leur dit-on, du moment que ça ne coûte pas cher. » Ils ont carte blanche, se prennent au jeu et créent une série qui ne ressemble à rien d’autre. Jubilatoire de bout en bout, avec en prime une belle déclaration d’amour à tous les raconteurs d’histoires et un hommage à l’impact qu’ils peuvent avoir sur nos vies.

 

Nancy Huston, Journal de la création

Un essai passionnant sous forme de journal, qui épouse pendant six mois le rythme de la grossesse de son auteur. Nancy Huston s’interroge sur le rapport conflictuel des femmes à la création, à travers notamment une série de portraits de couples d’écrivains : Sand et Musset, Sartre et Beauvoir, Virginia et Leonard Woolf, Sylvia Plath et Ted Hughes... Comme toujours chez elle, l’écriture est belle et lumineuse, et le questionnement particulièrement juste.

 

Patti Smith, Just Kids

Just Kids n’est pas un livre de mémoires classique, et c’est qui fait sa beauté. Avant d’être l’évocation de la jeunesse d’une icône du rock, c’est le récit d’une rencontre qui a bouleversé sa vie, celle du photographe Robert Mapplethorpe. Patti et Robert se rencontrent à New York dans les années 60, sans argent mais pleins d’idéaux, bien décidés à devenir artistes. Le livre capture magnifiquement l’ambiance d’une époque, la désillusion progressive des années 70, et se termine par l’évocation poignante de leurs retrouvailles à la fin des années 80, alors que Robert est atteint du Sida. Dans ces pages, on retrouve Patti Smith tout entière, avec sa voix, ses obsessions, sa vision du monde et sa quête permanente du sacré dans l'art et le quotidien.

 

T.S. Eliot, La Terre vaine et autres poèmes (bilingue)

Aujourd’hui encore, l’influence de T.S. Eliot est partout, jusque dans la culture populaire. On le cite aussi bien dans Apocalypse Now que dans le Cycle de la Culture de Iain Banks ou La Tour sombre de Stephen King. « The Waste Land », son poème le plus connu, est un collage hallucinant de fragments où se télescopent les époques, les voix, les narrateurs. On est ballotté sans cesse d’une scène à l’autre, dont le contexte reste souvent mystérieux. Surtout, c’est un poème d’une rare puissance en termes d’images et de sonorité, qui produit une fascination touchant parfois à l’obsession.

 

 


 
 
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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 14:43

Quelques mots rapides depuis les terres albigeoises où je profite du soleil qui s'obstine à bouder Paris (le fourbe). Paris où je m'apprête, dans deux petits jours, à endosser mon costume de "libraire d'un soir" à la librairie Charybde. Deux jours pour finir de préparer la présentation de sept coups de coeur littéraires que j'ai envie de partager, pour me laisser balader sur YouTube (d'extraits d'adaptations cinématographiques en lectures par des acteurs anglophones), pour choisir quelques passages à lire tout haut, et globalement essayer de ne pas avoir le trac. Rendez-vous vendredi, 129 rue de Charenton dans le 12ème, à partir de 18h30.

 

Paris aussi où se déroulait la semaine dernière la traditionnelle Fête de la musique du Cargo. Magnifique soirée dans le calme d'un jardin bien rempli où revoir avec plaisir certains artistes (Maud Lübeck et Simon Beaudoux) et faire de belles découvertes (Lidwine, The Dove and the Wolf, Erevan Tusk ou encore Tiny Ruins). Encore une de ces nombreuses occasions où je suis ravie de m'être embarquée dans l'aventure de ce chouette petit rafiot. Je posterai peut-être quelques photos ici à mon retour. En attendant, quelques vidéos filmées par le Cargo commencent à apparaître.

 

 


 
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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 10:40

J’avais posté ici il y a quelque temps une vidéo de démonstration de la version numérique de Kadath, alors en cours d’adaptation, et qui vient enfin d’être lancée. Pour des raisons liées au format très particulier de cette version, elle n’est pour l’instant disponible que sur l’iBookstore. Le studio Walrus, responsable de cette adaptation numérique, vous en parlera mieux que moi sur son blog, vidéos à l'appui.

 

 

 

 

Et pour parler d’un événement moins virtuel, la librairie Charybde que j’ai souvent mentionnée ici, et qui fête ces jours-ci son premier anniversaire, propose chaque mois à un invité de jouer le « libraire d’un soir ». C’est moi qui m’y collerai le vendredi 29 juin à partir de 18h30. Je présenterai une sélection de sept livres qui m’ont marquée et qui resteront ensuite disponibles à la librairie tout le mois de juillet. Il y aura du classique et du moins classique, de la fiction mais pas que, des livres mal connus que j'ai envie de faire découvrir, et je me retiens d’en dire plus pour ne pas gâcher la surprise. C’est en tout cas un plaisir de me replonger dans les sept livres en question pour préparer la présentation. Il y en a quelques-uns en particulier dont j'ai hâte de parler.

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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 10:12

Les Imaginales d'Epinal, on en revient toujours crevé, mais ravi. Les nuits furent courtes, les journées bien remplies, et les dédicaces sauvages de l'anthologies Reines et dragons se sont multipliées dans les lieux les plus improbables (un coin de gazon à l'ombre du Magic Mirror, ou le carrelage de l'Espace Cours au terme du cocktail Bragelonne du samedi midi). Un salut tout particulier à mes colocataires du week-end et à la tenancière de la joyeuse taverne qui nous accueillait – ils se reconnaîtront.

 

Lionel Davoust présente une variation sur Reines et dragons.

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Thomas John, auteur sociable.

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Elisabeth Vonarburg, studieuse.

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Justine Niogret, serviable.

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Fabien Fernandez, l'un des illustrateurs de la fresque cette année.

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Elvire De Cock et Christelle Pécout font une pause pendant la réalisation de la fresque.

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Marie Caillet et Carina Rozenfeld

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Vincent Gessler et Francis Berthelot, visiblement heureux d'être là.

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 11:53

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Aller-retour express à Saint-Malo ce week-end pour assister à la remise du Grand Prix de l’Imaginaire et recevoir celui de Lisa Tuttle pour son recueil Ainsi naissent les fantômes, dans la catégorie « nouvelle étrangère ». Chez Dystopia, c’est la fête. Parce qu’on tient énormément à ce petit livre, parce qu’on y a tous travaillé avec beaucoup d’enthousiasme, parce que ça nous fait vraiment plaisir de le voir mener son petit bonhomme de chemin et trouver un écho chez ses lecteurs. Et parce que les choses sont allées un peu plus loin qu’on ne l’espérait lorsqu’ils m’ont proposé il y a trois ans de diriger/sélectionner/traduire un recueil d’un auteur de mon choix, et que j’ai désigné Lisa dont les textes m’avaient tellement marquée à l’adolescence.

 

Pour fêter l’occasion, l’indispendable librairie Charybde nous prête ses murs, son espace et son frigo ce mardi 29 mai. Vous êtes donc tous conviés à partir de 18h30 au 129 rue de Charenton, 75012. Il y aura à boire, à grignoter, et j’apporterai peut-être des choses qui se mangent si je trouve un moment pour me mettre aux fourneaux.

Pour ceux qui n’ont pu assister à la remise des prix, ActuSF l’a entièrement filmée, merci à eux.

 

 


 

 

D’autres nouvelles numérico-éditoriales en passant. L’excellent recueil de Léo Henry, Les cahiers du labyrinthe, paru en 2003 chez l’Oxymore, vient d’être réédité chez Dystopia, avec la préface que j’avais rédigée à l’époque. Plus d’infos sur leur site. Et ma nouvelle « Miroir de porcelaine », qui était au sommaire de l’anthologie 69 chez ActuSF, est désormais en vente au format numérique sur leur site avec d'autres textes de l’antho.

 

Prochaines aventures : les Imaginales d’Epinal où je serai de passage en fin de semaine. L’anthologie Reines et dragons, où figure ma nouvelle « Les Sœurs de la Tarasque » que je suis ravie de voir enfin paraître, y sera disponible.

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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 16:32

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Dans l’entrée précédente consacrée au projet musical « Playing Carver », j’écrivais qu’une bonne partie de la semaine tournerait autour de ce projet. Je ne savais pas encore qu’au stade de la deuxième séance, où le groupe avait autorisé le Cargo à venir filmer deux morceaux, j’allais me retrouver un peu par hasard à assister à toute une après-midi de répétitions. Il m’est déjà arrivé de voir quelques balances, mais jamais les répétitions elles-mêmes. Je garde (et garderai sans doute toujours) un vieux fond de fascination adolescente pour les coulisses de la musique et les gens qui la font ; voir un spectacle se mettre en place sous mes yeux, en même temps que je découvrais les morceaux, a été une expérience fascinante.

 

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Une fois les deux vidéos tournées, je reste attendre le bon moment pour prendre les photos posées qu’ils ont accepté de m’accorder. Le groupe se concerte pour décider de l’ordre des morceaux, le premier filage est beau mais un peu longuet, quelque chose ne fonctionne pas tout à fait dans l’enchaînement, le souffle retombe entre un début intense et un final impressionnant. Après une pause et la séance photo, nouvelle discussion pour modifier l’ordre, et cette fois, petit miracle : le deuxième filage est plus nerveux, plus fort, et je vois d’un coup se dessiner ce que sera le spectacle du lendemain. J’ai trouvé intéressant de voir naître l'alchimie entre les membres de ce collectif hétéroclite, avec ce que chacun apportait de sa patte personnelle. Et de voir se côtoyer sur une même scène des musiciens que j’ai déjà beaucoup vus jouer (John Parish et Marta Collica), et d’autres beaucoup moins (Atlas Crocodile) ou encore jamais (Gaspard LaNuit).

 

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Parmi les deux vidéos filmées par Renaud pour le Cargo, j’aime tout particulièrement celle-ci. Parce que le morceau, écrit par Csaba Palotaï d’Atlas Crocodile, est magnifique. Parce que les conditions particulières (espace restreint, peu de lumière, une seule caméra pour sept musiciens) ont débouché sur une manière de filmer que je trouve très créative et très belle : voir la façon dont les musiciens sont dévoilés un par un, parfois de loin, sur un rythme qui épouse celui du morceau.

 

 


 

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L’effet de surprise n’était plus le même pour moi le lendemain. C’était un peu étrange de faire partie des seules personnes à connaître en partie le spectacle. Mais il y avait une tension, au moment de les voir monter sur scène et de se dire : voilà, ils ont répété toute la semaine, c’est vers ça que tendait le projet, le moment est venu. Le résultat était beau, le public emballé, ce fut une belle soirée. D’une manière un peu absurde, je me suis sentie fière d’eux, de ces musiciens que je connais bien pour certains mais très peu pour d’autres, et que j’ai eu l’occasion d’accompagner un peu. J’ignore ce que deviendra le projet et si ces morceaux seront enregistrés. Mais la question leur a souvent été posée hier, et j’espère qu’elle portera ses fruits d’une manière ou d’une autre. Ce serait dommage de laisser ce perdre ces chansons et de ne garder aucune trace du projet. En attendant, il me reste beaucoup de photos à trier dont j’ignore encore que faire. Peut-être créer pour commencer un album Flickr avec une sélection des photos à différentes étapes (photos posées, répétitions, concert). J’ai envie d’en faire quelque chose, reste à savoir quoi.

 

Pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus, le Cargo leur a donc consacré toute la semaine une sorte de mini-dossier : interview vidéo, deux morceaux filmés, trois séries de photos (portraits, répétitions, live) et un compte-rendu du concert. C’est la première fois que j’ai l’occasion de suivre un projet musical d’aussi près, et je suis ravie que ça ait été pour celui-là.

 

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 11:26

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J’espère que ceux qui me suivent sur Facebook me pardonneront ce doublon, car j’y ai déjà pas mal abordé le sujet, mais je tenais à donner un coup de projecteur sur un projet musical auquel je m’intéresse de près depuis que j’en ai entendu parler il y a quelques mois. Parce qu’il est intrigant sur le papier : un concert tournant entièrement autour de l’œuvre de Raymond Carver, entre mise en musique de ses textes et chansons inspirées par son univers et son écriture. Et parce que ledit projet, baptisé « Playing Carver », implique des gens que j’aime beaucoup. L’inimitable John Parish, musicien et producteur dont je suis de très près la carrière depuis une quinzaine d’années – depuis le magnifique Dance hall at louse point co-écrit avec PJ Harvey en 1996. Marta Collica, découverte sur scène à ses côtés il y a quelques années et dont je suis également la carrière solo. Et puis leurs amis d’Atlas Crocodile et Gaspard LaNuit, dont j’ai croisé la route plus récemment par le biais de Marta. Un collectif cosmopolite, inventif et attachant pour un projet que j’ai hâte de découvrir enfin sur scène. Il n’est prévu pour l’instant de jouer ces chansons que deux fois : ce vendredi soir à la Dynamo de Pantin, puis samedi au festival « La Marmite », près du Mans.

 

 

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En attendant le concert lui-même, et puisque John et Marta sont en résidence à Pantin le temps de cette semaine de répétitions, c’était l’occasion de leur ouvrir les pages du Cargo. D’abord avec une  interview vidéo qu’ils nous ont accordée lundi pour expliquer le projet. Puis une  séance photo qui s’est déroulée dans la bonne humeur et les fous rires. Et puis d’autres choses encore à venir. Le côté éphémère du projet nous donnait d’autant plus envie d’en garder une trace. Beaucoup de choses, de ce fait, tournent pour moi autour de « Playing Carver » cette semaine. Une de ces occasions où je suis ravie de pouvoir profiter de l’outil Cargo pour soutenir et accompagner les projets d’artistes que j’admire. Qui sont aussi, humainement, des gens que j’apprécie énormément.

 

 

 

 

 

Autre coup de projecteur sur un coup de cœur récent dont je n’avais pas encore parlé ici : l’album que j’ai le plus écouté ces dernières semaines s’appelle La Fabrique, il est signé par Maud Lübeck et rassemble une douzaine de chansons moins innocentes qu’il n’y paraît au premier abord. La voix est jolie, les mélodies sont douces, mais les textes cachent parfois d’improbables doubles sens. J’ai consacré une  chronique à La Fabrique sur le Cargo, et Maud a accepté de nous offrir une longue  interview ainsi qu’une  session (que je conseille de regarder en entier sur le site : deux chansons, deux décors, deux ambiances radicalement opposées). Ainsi qu'une  séance photo dans la foulée de la session. La Fabrique est un album que je n’attendais pas, qui ressemble assez peu à ce que j'écoute en règle générale, et qui a été une jolie rencontre.

 

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 19:58

 


 

 

Avant toute chose, pour ceux qui prendraient la saga en cours de route, j’ai déjà détaillé ici en quatre parties distinctes ma rencontre/coup de foudre pour la série des jeux Silent Hill qui sont, tout simplement, l’une des œuvres fantastiques les plus riches et les plus impressionnantes que j’ai découvertes ces dernières années. Pour ceux qui le souhaiteraient, se reporter donc aux billets consacrés à Silent Hill, Silent Hill 2 (attention chef-d’œuvre), Silent Hill 3 et Silent Hill : The Room.

 

Pour avoir souvent entendu dire que le dernier bon jeu de la série était The Room et que les trois suivants tombaient de plus en plus bas, j’attendais ce Downpour, huitième jeu de la série, avec une appréhension mêlée d’un soupçon d’espoir. D’autant que les premiers comptes-rendus étaient plutôt élogieux. À ma grande surprise, j’ai presque retrouvé le même plaisir de jeu qu’avec les trois premiers. Nettement plus en tout cas qu’avec The Room qui était certes plus original, mais plombé par des longueurs pénibles et un gameplay assez peu pratique.

 

 

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On incarne cette fois Murphy Pendleton, repris de justice qui réchappe d’un accident de car lors d’un transfert vers une nouvelle prison. Il se retrouve aux abords d’une ville déserte, noyée dans la brume et peuplée de monstres qui se déchaînent lorsque l’orage éclate – vous aurez bien entendu reconnu la riante bourgade de Silent Hill. Laquelle incarne, une fois de plus, une sorte de purgatoire où échouent des âmes perdues qui en ont lourd sur la conscience et refusent de regarder leur passé en face. Murphy, d’emblée, nous est plutôt présenté comme un brave type. Or, la première scène du jeu le montre en train de tuer un autre détenu à coups de couteau dans les douches de la prison avec la complicité d’un surveillant. On devine très tôt qu’il s’agit d’un personnage que des circonstances dramatiques et complexes auront poussé sur la voie du crime, et il faudra tout le déroulement du jeu pour découvrir de quelle manière. En ce sens, le scénario de Downpour rappelle beaucoup celui de Silent Hill 2 : les deux jeux sont des variations sur le remords, la culpabilité et un passé lourd à assumer, même si la faute de Murphy est très différente de celle de James Sunderland.

 

En cherchant vraiment la petite bête, on pourrait reprocher à Downpour de lorgner un peu trop vers ses glorieux aînés. Notamment, donc, au niveau du scénario. Mais de mon point de vue, c’est justement une grande partie du plaisir, d’autant qu’on a beaucoup reproché aux jeux précédents d’avoir trahi l’esprit initial de la série. Dans Downpour, l’esprit est là, sans doute possible. On retrouve cette ambiance lourde et moite, ces personnages torturés, cette attention aux moindres détails, cette symbolique fantastique dont la richesse impressionne et dont l’esthétique prend aux tripes. La ville, comme toujours, est le reflet de l’espace mental d’un personnage. Ici, elle développe d’innombrables variations autour du thème de l’eau, dont on devine très vite qu’elle représente pour Murphy l’écho d’un drame passé. Ce qui donne lieu à un certain nombre de scènes qui sont autant de fulgurances poétiques (pour peu qu’on accepte de trouver une certaine poésie dans une esthétique horrifique à la Clive Barker). Voir ces scènes magnifiques de la dernière partie du jeu où Murphy se déplace dans des pièces inondées où les reflets ont leur propre logique, et qu’il peut retourner dans un sens ou dans l’autre en actionnant des vannes.

 

 

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De manière générale, un soin particulier a été apporté à l’esthétique de « l’autre monde », cette version parallèle et infernale de Silent Hill dans laquelle basculent régulièrement les personnages des jeux, et qui possède dans chacun une esthétique différente. Dans le premier jeu, des surfaces métalliques rouillées. Dans le troisième, des murs animés de palpitations quasi organiques. Ici, l’autre monde est un amalgame d’influences allant de Bosch aux illusions d’Escher et qui provoque un authentique malaise, une impression de profonde anomalie. On passe assez peu de temps dans cet autre monde (à peine une heure et demie pour moi sur treize heures de jeu) mais ce sont des séquences impressionnantes. Parfois un peu trop orientées action à mon goût : on s’y fait pourchasser par une lumière rouge dans d’interminables couloirs qui se transforment sous nos yeux. Mais il faut reconnaître que ces séquences sont mémorables par leur ambiance, et réellement déconcertantes lorsqu’on les découvre au début du jeu. À l’instar de cet escalier infini où j’ai couru un bon quart d’heure avant de comprendre qu’il suffisait de rebrousser chemin et de rouvrir la porte qu’on venait de franchir pour découvrir un nouveau décor.

 

Pour le reste, l’exploration de la ville elle-même est plus classique au premier abord. Un peu longuette dans sa première heure, mais c’est le cas de tous les jeux de la série. Une nouveauté propre à Downpour consiste à permettre une exploration plus libre de la ville, là où les premiers jeux étaient très dirigistes. Ce qui me semble une bonne idée dans l’absolu, moins dans la pratique : on se perd si facilement dans les rues brumeuses de Silent Hill, et on stresse tellement les trois quarts du temps, que j’ai tendance à foncer le plus vite possible là où me mène le scénario. Cela dit, il y a de fort belles choses dans les quêtes secondaires que j’ai pu voir. Notamment celle qui se déroule dans un vieux cinéma où il faut diffuser plusieurs bobines et entrer littéralement à l’intérieur des films pour y accomplir certaines actions. Pour la petite histoire, aux rues historiques baptisées d’après des écrivains d’horreur vient désormais s’ajouter un "Brite Street" qui m’a fait sourire – sans parler du pénitencier Overlook et du quartier de Chastain Heights qui fleurent bon les clins d’œil à Stephen King.

 

 

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Silent Hill : Downpour me laisse le sentiment d’un jeu un peu hybride qui cherche un équilibre entre le respect des classiques d’origine (les innombrables heures passées à explorer des bâtiments déserts et à résoudre des énigmes, mon aspect préféré du jeu) et des innovations plus ou moins réussies (les incursions dans l’autre monde, les quêtes secondaires, la lampe torche UV qui permet de découvrir des indices). Et qui multiplie par moments les références à ses aînés, comme ce juke-box qui diffuse le thème à la mandoline du premier jeu lorsqu’on y introduit une pièce. De ce fait, Downpour n’est jamais répétitif et se montre même souvent remarquablement inventif. Et si la partie « normale » de la ville est sensiblement plus calme que dans les jeux précédents, il y a un vrai frisson à voir le décor se dissoudre sous nos yeux et à anticiper le basculement tant redouté dans l’autre monde. Le jeu, en tout cas, respecte pleinement l’esprit de la série dans son approche symbolique du fantastique – même si j’ai quelques doutes sur certains motifs récurrents qui ne me semblent pas justifiés à contrario par le déroulement de l’histoire. On y retrouve cette sensation particulière qu’offraient les premiers jeux, entre profond malaise et vrais moments d’émerveillement. Il y a dans les rues de Silent Hill une forme de poésie morbide que je crois bien n’avoir jamais croisée ailleurs. Et tout esprit critique mis à part, j’ai pris ici un plaisir de jeu quasiment équivalent à celui que m’avaient procuré les trois premiers. Pour une série dont je croyais ne plus rien devoir attendre, c’est déjà énorme.

 

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 12:15

Voilà déjà quelques années que je suis en contact avec le compositeur Jérôme Marie, qui travaille à une adaptation de ma nouvelle "Serpentine" destinée à être jouée en public, peut-être courant 2012. Au fil des échanges, j'ai entendu par bribes la quasi totalité de la pièce. C'est beau, atmosphérique à souhait, et ça colle remarquablement bien à l'ambiance de la nouvelle telle que je l'imagine. Jérôme Marie a récemment publié sur son blog cette vidéo du premier mouvement, pour vous en donner un aperçu.

 

 

 

 

Sinon, cette première semaine de reprise en résumé : Aurillac, ses profs et lycéens ont l'accueil chaleureux, Elliot du Néant de David Calvo est un roman touchant, foisonnant et indescriptible (dédicace ce samedi chez Scylla, venez nombreux), Alejandro Amenabar est grand (grosse claque en découvrant sur le tard Ouvre les yeux et surtout l'épatant Tesis), Silent Hill: Downpour est étonnamment bon, horrifique et poétique à souhait (compte-rendu quand je l'aurai terminé), et la difficulté de retoucher un texte une fois qu'on en a figé le déroulement par l'écriture ne cessera jamais de m'étonner, mais ceci est littéralement une autre histoire.

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25 et 26/10 : Festival Scorfel, Lannion

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